Samedi 1 octobre 2011 6 01 /10 /Oct /2011 11:44

ARTICLES ET OUVRAGES PUBLIES

par Dominique LERCH

Agrégé d'Histoire, Docteur ès Lettres, Inspecteur d'Académie (h)

10, Allée Nicéphore Niepce - 94300 Vincennes - lerch.dominique@laposte.net

 

 

 

            Quelle est l'ossature d'une recherche ? Dans mon cas, au départ, c'est l'imagerie, l'illustration. Le domaine est circonscrit, s'inscrit dans l'histoire économique et sociale, l'histoire des mentalités, l'histoire culturelle, l'histoire religieuse, l'histoire de l'art. Autant de chapelles qui ne se fréquentent pas toujours, partant qui ne se fécondent pas. Or dans ma recherche, le lien est clair, tel fabricant d'images a bien deux cents ouvriers, fait faillite, diffuse Raphaël...

            Puis ce sont les hasards des mutations, avec chaque fois, lorsqu'il n'est plus possible de conduire des projets que le successeur piétinera allègrement, une recherche liée à des archives : l'épuration en milieu enseignant en Moselle (les archives étaient dans un garage), les éditions Saint Paul et leur calendrier (j'étais à Bar-le-Duc), la révolte des vignerons et le champagne dans l'Aube (magnifique occasion d'interroger des mémoires, parfois disparues depuis, je pense à Montand, réintroducteur de l'Arbonne), l'assurance professionnelle des enseignants (le président était conseiller pédagogique dans le Doubs), l'école de Plein Air (le Centre National de Formation des Enseignants destiné à favoriser la prise en charge des enfants handicapés est logé dans l'emblématique école de plein air de Suresnes construite par le ministre de la Santé et de l'Urbanisme du Front Populaire), ou le rapport entre enseignement et handicap. Bien évidemment, des articles dispersés, des thèmes différents ; à une recherche initiale située à un carrefour de disciplines, s'ajoutent des thèmes DIFFERENTS, ce qui contribue à brouiller une image au moment de l'hyperspécialisation. D'où cette tentative de bibliographie raisonnée, de mots clés.

            Au pont de départ d'une recherche, donc l'imagerie. Le dépôt légal, le colportage, l'éventail des images, véritable industrie culturelle, la réception de celle-ci, autant de thèmes abordés. Mais cette imagerie est aussi scolaire, civique, scande la naissance et la confirmation en milieu protestant ou, dévote, déverse un flot d'Anvers ou d'Augsbourg. Proche de la thématique « populaire », l'almanach, le roman policier, sont des domaines abordés, ayant une assise alsacienne quant aux archives ou collections utilisées. C'est pourquoi le classement mêle trois rubriques.

            L'histoire rurale voit converger plusieurs approches : le vigneron aubois, le paysan haut-rhinois, le catholicisme rural, l'antisémitisme, un projet d'enseignement supérieur dans un cadre paysan. Il y a là un léger déplacement du champ avec l'intrusion du champagne ou de l'enseignement supérieur, un déplacement géographique (Aube, Drôme) et des périodes (XIXe s., première moitié du XXe s., Vichy). Et tel article est à regarder sous l'angle de l'histoire de l'enseignement, du catholicisme et de l'histoire rurale.

            Les déplacements professionnels élargissent alors et le champ observé, la France, et les thèmes abordés, ici l'encadrement, la carte scolaire, l'école de Plein Air, elle dans un contexte européen.

            Un poste de direction au niveau national, avec une ouverture au milieu européen, amène une interrogation sur le lien entre enseignement et handicap dans une perspective historique et souvent comparatiste (Allemagne).

            Des archives associatives, au niveau national et dans les départements, permettent d'écrire une histoire liée à l'amicalisme, au solidarisme et à l'assurance des enseignants dans un cadre mutualiste.

            Avec les recherches en cours sur l'histoire des Groupes Légaut, la rubrique Histoire religieuse sera abondée, les travaux, de fait, portent également sur l'histoire de l'enseignement, le modernisme...

 

 

I - Histoire des mentalités, histoire culturelle, histoire religieuse

 

            1/ L'imagerie (Wissembourg, imagerie, images de dévotion, colportage, guerre et - )

 

a - imagerie, lithographie

 

N° 111              « Wissembourg, cité imagière, entre le chemin de fer et le colportage », Colloque international de Trente,             2006, in Commercio delle stampe e diffusione delle immagini nei secoli XVIII e XIX, Via della Terra,                                Roverato, 2008, pp. 135-147.

N° 96                « Les trois voies lithographiques à Cuba », Le Vieux Papier, 2006.

N° 88                « Imagerie populaire et violence antisémite en Alsace au XIXe siècle », Colloque international, 2002, Revue des Sciences Sociales, Strasbourg, Hommage à Freddy Raphaël,  2003,  pp. 172-184.

N° 85                « En quoi l'imagerie populaire a-t-elle été une industrie culturelle ? Quelques propositions ». Histoire des               industries culturelles, Association pour le développement de l'histoire économique, 2002, pp. 321-339,                              C/R dans Bild, Druck, Papier, 2003, pp. 171-176.

N° 74                  « Peut-on encore fonder une imagerie sous le Second Empire ? La tentative de Charles Helbig de Sélestat de 1864 à 1869 », Annuaire de la Société des Amis de la Bibliothèque de Sélestat, 1996, pp. 7-26.

N° 73                  « Une famille de lithographes et ses implantations : la famille Oberthür à Strasbourg, Bischwiller et Rennes, vers 1818, vers 1893 », Le Vieux Papier, 1996, fasc. 341, pp. 289-304.

N° 68                  « L'Académie de Sedan et la polémique religieuse : calvinistes et catholiques », Piété baroque en Luxembourg, Bastogne, Musée en Piconrue, 1995, pp. 55-59.

N° 65                « La  représentation  de la guerre  par  l'imagerie populaire (1854-1945),  Ethnologie française,  XXIV, 1994, 2, pp. 263-275.

N° 64                  « Imagerie et guerre (1870-1945) : mise en scène, reconnaissance, souvenir, idéologie », Cahiers de l'Association Nationale du souvenir de la bataille de Verdun, 1994, pp. 162-173.

N° 60                  Imagerie populaire en Alsace et dans l'Est de la France, Presses Universitaires de Nancy, 1992, 327 p.

N° 54                  « En hommage à André Desfeuilles. La vente d'estampes ou d'imagerie en milieu urbain. L'exemple alsacien du XIXe siècle », Le Vieux Papier, 1991, pp. 448-455.

N° 52                  « Rembrandt, Rubens, Petits Soldats : vente d'estampes ou d'imagerie en milieu urbain ; l'exemple strasbourgeois XVII-XIXe s. », Annuaire de la Société des Amis du Vieux Strasbourg, 1991, pp. 111-118.

N° 51                  « Bilderbogen und Gesellschaft. Das Geschlecht der Brossmann, Lithographen in Weissemburg. E. und Sultz unterm Wald. Eine Ergänzung zum Werk Adolf Spamers », Zeitschrift für die Geschichte des Oberrheins, 1991, pp. 355-375.

N° 50                  « Les Brossmann, imagiers et lithographes de l'Outre-Forêt », L'Outre-Forêt, N° 75, 1991, pp. 35-54.

N° 49                  « French Popular Imagery », Print Quarterly, 1991, pp. 196-198.

N° 48                  « Diffusion en Belgique des lithographies et imageries de la France de l'Est. Quelques réflexions », Imagiers de Paradis, Images de piété populaire du XVe au XXe siècle, Bastogne, Musée en Piconrue, 1990, pp. 89-101.

N° 47                  « Almanachs, bibliothèque bleue, imagerie : une famille d'éditeurs de la France de l'Est, les frères Deckherr de Montbéliard », Société d'émulation de Montbéliard, Bulletin et Mémoires, 1990, pp. 193-295.

N° 46                  « Lithographes et libraires de Bouxwiller sous le second Empire », Pays d'Alsace, 1990, numéro spécial Bouxwiller t. II, pp. 81-88.

N° 44                  « Aux origines d'une cité imagière : Jean-Henri Hierthès, imagier (et industriel) à Wissembourg au XVIIIe s. », Revue d'Alsace, 1990-1991, pp. 89-112.

N° 39                  « Imagerie, almanach, bibliothèque bleue : une famille d'éditeurs de la France de l'Est, les frères Deckherr de Montbéliard. Bilan et perspectives », Le Vieux Papier, fasc. 310, octobre 1988, pp. 423-443.

N° 38                  « Imagerie populaire et antisémitisme : le Haut-Rhin en 1848. De la véracité des images pour l'historien », Gazette des Beaux-Arts, Hommage à Jean Adhémar, 1988, pp. 81-88.

N° 37                « Imagerie populaire et piété populaire en Alsace (vers 1600,  vers 1960) », Thèse de doctorat d'Etat,                               sous la direction de Monsieur Maurice Agulhon, Professeur au Collège de France, Paris I, Sorbonne,                                1987, 1169 p.

N° 35                  « L'historien et l'imagerie ; Quelques réflexions suivies d'une relecture (et d'une réécoute !) de l'imagerie amiénoise » Mémoire de la Fédération d'histoire et d'archéologie de l'Aisne, 1987, pp. 167-194.

N° 25                  Imagerie et société. L'imagerie Wentzel de Wissembourg au XIXe siècle, Préface de Jean Adhémar, Strasbourg, 1982, 333 p.

N° 21                  « La fabrique de papiers héliographiques Bertsch de Gundershoffen ». L'Outre-Forêt, N° 37, 1982, pp. 40-46.

N° 15                  « L'écrit et l'image en Outre-Forêt : libraires, imprimeurs et lithographes dans l'Outre-Forêt (1787-1870), L'Outre-Forêt, N° 30, 1980, pp. 31-44.

N° 9                    « Jean-Henri Hierthès, imagier à Wissembourg au XVIIIe siècle », Le Vieux Papier, 267, janvier 1978, pp. 301-303.

N° 6                    « Sur le dépôt à Paris de l'imagerie Wentzel : Nicolas Humbert, rue Saint Jacques », Le Vieux Papier, fasc. 264, avril 1977, pp. 71-74.

N° 3                    « Philippe Rosenfelder libraire et lithographe à Pfaffenhoffen », Pays d'Alsace, N° 95, 1976, pp. 35-42.

N° 1                    « Imagerie profane, imagerie religieuse sous le Second Empire dans le Bas-Rhin : l'imagerie Wentzel de Wissembourg », Archives de l'Eglise d'Alsace, 1975, pp. 323-343.

 

b - imagerie protestante (lettres de baptême, souvenirs de confirmation)

 

N° 77                  « L'éditeur Wentzel salue la naissance et le baptême », L'Outre-Forêt, N° 100, 1997, pp. 71-78.

N° 72                  « Evolution et fin d'une pratique religieuse datée : les lettres de baptême en milieu protestant de langue allemande (Strasbourg, Mulhouse, Berne) 1750-1850 », Colloque Pont-à-Mousson, 1996, dir. Louis Châtellier, Studies on Voltaire, Oxford 2000, N° 2, pp. 123-135.

N° 71                  « Dire la mort, dire la vie : lettres de baptême mulhousiennes XVII-XIXe siècles », Annuaire historique de Mulhouse, 1996, pp. 75-114.

N° 66                « La lettre de baptême en Alsace et dans le Bernerland », Revue d'Alsace, 1994, pp. 153-167.

N° 61                  « Les lettres de baptême, source pour une histoire des mentalités dans l'espace protestant de langue germanique : Quelques réflexions », Pays d'Alsace, 1993, pp. 3-14.

N° 59                  « Les lettres de baptême. Source pour une histoire des mentalités. L'exemple alsacien », Ethnologie française, XXII, 1992, pp. 158-171.

N° 33                  « La collection de Göttelbriefe du Musée et des Archives de Wissembourg », L'Outre-Forêt, 1986, pp. 14-20.

N° 13                  « Culture populaire, culture savante : un notaire et les lettres de baptême (Göttelbriefe) à Strasbourg au XVIIIe siècle », Revue d'Alsace, 1979, pp. 117-136.

N° 11                  « Contribution à l'histoire des mentalités (XVIIIe - XXe siècles) : « Les Göttelbriefe du Musée de Niederbronn » », Bulletin de la Société niederbronnoise d'histoire et d'archéologie, N° 13, t. III, 1978, pp. 237-272.

N° 10                  « Un aspect de l'activité pastorale : les souvenirs de confirmation aux XIXe et XXe siècles », Bulletin de la Société d'histoire du Protestantisme français, 1978, pp. 67-83.

 

c - images de dévotion

 

N° 118              Une grande entreprise familiale d'images sulpiciennes : les Dopter (1831-1879-1896), Comité de Travaux               Historiques et Scientifiques, 2009.

N° 102                          Le sentiment religieux,  objet d'étude scientifique ?  Après l'histoire littéraire,  pour une histoire des objets   religieux et son inscription dans l'histoire cultu(r)elle (introduction à l'ouvrage co-traduit de Mme W. Hahn,             Le chemin de croix portatif, Paris, Editions du Cerf, septembre 2007. 

N° 97                « Coup d'œil sur l'imagerie de dévotion en Australie », Le Vieux Papier, 2006.

N° 84                « Images et dévotion à Colmar  au XVIIIe siècle. Les dominicaines d'Unterlinden au miroir du monde                                 catholique », Revue d'Alsace, N° 127, 2001, pp. 239-282.

N° 58                  « L'image dans l'imagerie pieuse en Alsace (1848-1914). Souvenirs d'ordination et souvenirs mortuaires », Usage de l'image au XIXe siècle, Musée d'Orsay, Paris, 1992, pp. 39-49.

N° 57                  « Die Göttelbriefe im Elsass, Quelle der Mentalitätsgeschichte im deutschtsprachig-protestantischen Raum », Jahrbuch für Volkskunde, 1992, pp. 161-176.

N° 45                  « Le canivet dans l'imagerie de dévotion », Dévotes dentelles, Landévennec, 1990, pp. 11-29.

N° 41                  « Dans vos prières, souvenez-vous de... » Un recueil commercial de souvenirs mortuaires à Nancy (vers 1945), Annales de l'Est, 1989, pp. 83-100.

N° 34                  « Les images religieuses, faisons le point », Le Vieux Papier, avril 1986, pp. 68-79.

 

d - images civiles ou scolaires

 

N° 113              « L'imagerie scolaire en Belgique », Entre vêpres et maraude. L'enfance en Ardenne de 1850 à 1950,                               Bastogne, Musée en Piconrue, 2008, pp. 205-212.

N° 86                « L'écolier et l'imagerie (vers 1850 - vers 1960), La Licorne, N° 63, 2003.

N° 24                « L'imagerie utilitaire : les attestations de travail des compagnons en Suisse (XVIIIe - XIXe siècles) », Le               Vieux Papier, 1982, pp. 31.

 

 

                        e - divers

 

N° 99                « Connaître (un peu) l'éducation spécialisée en Allemagne et son évolution vers l'école inclusive grâce à                Sieglind  Ellger-Rüttgardt ». Scolarisation des élèves en situation  de handicap ou de difficulté. Les                                  partenariats de recherche et de formation de l'INS-HEA, Suresnes, 2007, pp. 29-32.

N° 32                  « La carte postale, son histoire, sa fonction sociale », Gazette des Beaux-Arts, 1986, pp. 131-132.

N° 30                  « La pédagogie par l'image, quelques compléments aux articles de  Jean Adhémar  sur l'enseignement par l'image », Gazette des Beaux-Arts, novembre 1984.

N° 17                  « Un cas de dépendance culturelle : l'imagerie au Québec », Le Vieux Papier, 277, juillet 1980, pp. 69-79.

 

            2/ Illustrateurs

 

N° 101              « Les couvertures de roman policier », Le Vieux Papier, 2006.

N° 82                  « Illustrateur, élaborateur d'almanach, Henri Ganier-Tanconville et Le Grand Messager Boiteux de Strasbourg, de 1898 à 1936 », Le Vieux Papier, 2000, pp. 93-112.

 

            3/ Almanach, littérature de dévotion

 

N° 78                  « Un revenu garanti ? Une oeuvre de propagande contre révolutionnaire ? » L'édition du Grand Messager boiteux par Louis-François Le Roux (1771-1854) à Strasbourg, L'almanach des vieux ardennais. Traditions et saints de l'hiver, Bastogne, Musée en Piconrue, 1999, pp. 126-139.

N° 55                  « Le calendrier Saint Paul édité à Bar-le-Duc. Première approche de la petite littérature de dévotion », Bulletin des Sociétés d'histoire et d'archéologie de la Meuse, 1991, pp. 107-128.

N° 28                  « Les almanachs en Suisse », Mentalités, N° 2, 1984, pp. 7-9.

N° 22                  « Pour une histoire des mentalités au Québec : l'apport de l'almanach », Pluriel 29, 1982, pp. 35-41.

 

 

II - Histoire rurale (et judaïsme)

 

N° 120              « Projets d'un enseignement supérieur dans un cadre paysan : Marcel Légaut, professeur d'Université                              devient berger dans la Drôme (1940 - 1945). L'enracinement d'un spirituel », Etudes drômoises, 2009 (à               paraître).

N° 88                « Imagerie populaire et violence antisémite en Alsace au XIXe siècle », Colloque international, 2002, Revue des Sciences Sociales, Strasbourg, Hommage à Freddy Raphaël,  2003, pp. 172-184.

N° 81                  « L'école au village aujourd'hui. Carte scolaire et monde rural », Histoire et sociétés rurales, N° 13, 2000, pp. 119-142.

N° 79                  « De la révolte des vignerons de 1911 à la deuxième route du Champagne : 80 années d'évolution de la viticulture et des vignerons aubois », Colloque de Reims, 1997, Vins, vignobles et terroirs de l'Antiquité à nos jours, Nancy, 1999, 49 p.

N° 75                  « Entre l'habitude, le fait divers, le trait de mentalité, la régulation et le délit : le constat de gendarmerie ou de police en Alsace au XIXe siècle (1815-1870) », Mélanges Rapp, Revue d'Alsace, 1996, pp. 293-311.

N° 69                  « Entre l'habitude, le fait divers, le trait de mentalité, la régulation et le délit : le constat de gendarme ou de police en Alsace au XIXe siècle (1815-1870) et la formation au constat (1920) », L'infrajudiciaire de l'Antiquité au XXe siècle, colloque C.E.H. Dijon 1995, Dijon 1996, pp. 313-325.

N° 38                  « Imagerie populaire et antisémitisme : le Haut-Rhin en 1848. De la véracité des images pour l'historien », Gazette des Beaux-Arts, Hommage à Jean Adhémar, 1988, pp. 81-88.

N° 36                  « Du colportage à l'errance. Réflexions sur le colportage en Alsace au XIXe », Revue d'Alsace, N° 113, 1987, pp. 163-189.

N° 29                  « Aspects du catholicisme rural (1940-1960) : La vie religieuse à Lochwiller (Bas-Rhin) d'après les « Annonces paroissiales » », Archives de l'Eglise d'Alsace, 1984, pp. 353-366. « Das religiöse Leben in Lochwiller Bas-Rhin wie man es aus den kirchlichen Verkündigungen heranlesen kann », Almanach Sainte Odile, 1984, pp. 86-91.

N° 27                  « Le paysan haut-rhinois au XIXe siècle : contribution à une histoire des mentalités en Alsace », Histoire de l'Alsace rurale, Strasbourg, 1983, pp. 305-345.

N° 14                  « Mourir de la rage à Buhl au XIXe siècle : un témoignage médical inédit », Annuaire de la Société d'histoire des régions de Thann-Guebwiller, 1979-1980, pp. 105-111.

N° 8                    « Les deux grands incendies de Belmont (1810 - 1852) », Saisons d'Alsace, Le Val de Bruche, 1977, pp. 59 - 63.

N° 5                    « Le colportage juif en Alsace au XIXe siècle », Revue des Sciences sociales de la France de l'Est, 1977, pp. 102-113.

 

 

III - Historiographie régionale

 

N° 105              « L'histoire d'Alsace : y a-t-il eu un chef d'orchestre historiographique en Alsace après 1945 ? », Revue                            d'Alsace, 2007, pp. 385-412.

N° 83                « Idéologie et histoire locale. L'administration nazie et les sociétés d'histoire durant la Seconde Guerre mondiale en Alsace », Revue d'Alsace, 2000.

N° 56                  « Identité et histoire. Une nécessaire redécouverte », Histoire et historiens, Saisons d'Alsace, 1991, pp. 259-272.

N° 53                  « La Fédération des Sociétés d'histoire d'Alsace de 1940 à 1944 » in RAPHAEL (Freddy), Mémoire plurielle de l'Alsace, Strasbourg, 1991, pp. 400-407.

N° 4                    « Un dépôt surveillé au séminaire de Viviers pour les Alsaciens pendant la Première Guerre mondiale », Revue du Vivarais, 1977, pp. 90-94.

 

 

IV - Histoire de l'enseignement

 

N° 120              « Projets d'un enseignement supérieur dans un cadre paysan : Marcel Légaut, professeur d'Université                              devient berger dans la Drôme (1940 - 1945). L'enracinement d'un spirituel », Etudes drômoises, 2009 (à               paraître).

 

            1/ Encadrement : Inspecteur d'académie

 

N° 119              « L'inspecteur d'académie en résidence départementale : un des éléments du cadre de l'Instruction                                  Publique, puis de l'Education Nationale », Journées d'études aux Archives nationales, 2008, 2009,

                        pp. 99-113.

 

N° 110              « Une fonction d'autorité évolutive dans l'E.N. : l'Inspecteur d'Académie en résidence départementale ».                Pour une histoire de l'encadrement dans l'Education Nationale : les I.A. », L'Inspecteur d'Académie,                                2008, Paris, CNDP, Paris, pp. 47-66.

N° 43                  « Guillaume Jost, Inspecteur de l'enseignement primaire dans l'Outre-Forêt (1857-1870), L'Outre-Forêt, N° 71, 1990, pp. 47-49.

 

            2/ Manuels

 

N° 80                « L'illustration des manuels d'instruction civique de la 3ème République. Premières approches »,                          Colloque de Strasbourg, décembre 1997, De  la  Bible à l'image, Pastorale  et  iconographie, Presses                              Universitaires de Strasbourg, 2000, pp. 157-205.

 

            3/ Carte scolaire

 

N° 104                          « La carte scolaire premier degré dans une ville nouvelle, l'exemple de Saint-Quentin-en-Yvelines »,                                    Habiter les villes nouvelles, Le Manuscrit, 2007, pp. 161-190.

N° 81                  « L'école au village aujourd'hui. Carte scolaire et monde rural », Histoire et sociétés rurales, N° 13, 2000, pp. 119-142.

 

            4/ Ecole de Plein Air

 

N° 106              « Pierre Guérin : entre Suresnes et Sainte-Savine, la résilience ». Pierre Guérin sur les pas de Freinet,                             Paris, Ibis Press, 2008, pp. 91-96.

N° 90                « Mais que sont les  Ecoles de Plein Air devenues ? L'évolution de ces écoles en France après la                                    Deuxième Guerre mondiale ». L'Ecole de Plein Air, Editions Recherches, Paris, 2003, pp. 391- 399.

N° 89                « L'école de plein air de Mulhouse - Pfastatt et son évolution (1906 - 2001), Revue d'Alsace, 2003,

                        pp.195-225.

 

            5/ Imagerie scolaire

 

N° 98                Pédagogie : l'illustration pour l'élève, un nouveau marché au XIXe siècle : « manuels, tableaux muraux »,               Dictionnaire mondial des images, Paris, Nouveau Monde, 2006, pp. 788-791.

N° 86                « L'écolier et l'imagerie (vers 1850 - vers 1960). La Licorne, N° 63, 2003.

N° 30                  « La pédagogie par l'image, quelques compléments aux articles de Jean Adhémar sur l'enseignement par l'image », Gazette des Beaux-Arts, novembre 1984.

 

 

V - Histoire du handicap, handicap et enseignement

 

N° 117              « Vocations d'enseignantes dans les centres nationaux de formation spécialisée de Beaumont et de

                        Suresnes », Hommage à Françoise Mayeur », Reims, CRDP, 2009.

N° 115              « Séparer, intégrer, inclure : enfants handicapés à l'école, Ethnologie française, 2009.

N° 114              « Si proches, si lointains, les enfants handicapés au Luxembourg à travers une enquête », ibid, pp. 345-                           350.

N° 108              « Du préventorium à la Maison d'Enfants : exemple de Climbach, 1896-2008 », L'Outre-Forêt, 2008.

N° 109              « L'Autonomie de Solidarité Laïque, l'enfant malade ou en situation de handicap », Actes du colloque,

                        Responsabilité professionnelle et scolarisation de tous les élèves, FAS-USU, INS HEA, Paris, Monde de

                        l'Education, 2008, pp. 152-158.

N° 107             « Entre l'héritage du Reichsland et la France : l'enseignement spécialisé en Alsace de 1918 à 1945 »                               (Mélanges Boehler), Presses Universitaires de Strasbourg, 2007, pp. 333-350.

N° 104              « Le handicap et l'école en France,  un siècle de formation des maîtres : quelques réflexions ». Les défis             de la profession d'enseignant dans une société en mutation, Université Saint Joseph, Beyrouth, 2007,

                        pp. 147-164.

N° 103                          « Accueillir l'enfant et l'adolescent handicapé ou malade, une longue histoire à l'Autonome de Solidarité                         Laïque », Colloque Ecole pour tous et responsabilité professionnelle, Paris, 2007.

N° 100              « Inspecteur de l'AIS, toute une histoire », Inspecter, de l'AIS à l'ASH, Suresnes, 2006, pp. 12-18. 

N° 99                « Connaître (un peu) l'éducation spécialisée en Allemagne et son évolution vers l'école inclusive grâce à                Sieglind  Ellger-Rüttgardt ». Scolarisation des élèves en situation  de handicap ou de difficulté. Les                                  partenariats de recherche et de formation de l'INS-HEA, Suresnes, 2007, pp. 29-32.

N° 95                « L'école de plein  air de Suresnes et le Centre national de formation : cinquante ans de vie commune », Archiscopie, hors série mai 2006, pp. 19-21.

N° 94                « Aux origines de l'enseignement  pour  élèves  présentant  un handicap : les classes auxiliaires en

                        Alsace (Bas-Rhin) de 1897 à 1918 », Handicap, Juin 2005, N° 105-106, pp. 7 - 19.

N° 93                « 1954 - 2004 : 50 ans de formations spécialisées en France, Premier bilan », NRAIS n° 28, 2004, pp. 5-13.

N° 92                « Chercher dans le domaine de l'enfance présentant un handicap en Allemagne : l'apport de Sieglind

                        Ellger - Ruttgardt », Nouvelle Revue de l'Adaptation et de l'intégration scolaire, 2004, N° 25, pp. 195-201.

N° 91                « Mise en œuvre en Segpa des pratiques pédagogiques et éducatives des classes - relais  : pertinence                et enjeux » Nouvelle Revue  de l'Adaptation et de l'intégration  scolaire, 2003, N° 23, pp. 169-179.

 

 

VI - Histoire de l'assurance mutuelle

 

N° 116              Une assurance professionnelle des enseignants : l'Union Solidariste Universitaire, Paris Sudel, 2009,

                        276 p.

N° 87                L'enseignant et les risques de son métier. Un siècle d'histoire associative : l'Autonome de Solidarité                                 (1903 - 2003), Sudel, Paris, 2003, 288 p.

 

 

VII - Histoire religieuse (voir imagerie protestante, histoire rurale et judaïsme)

 

N° 121              Le silence de l'abbé Gaudefroy, un des piliers du groupe Légaut premier (1878 - 1971), Le Montalet,                                 Mirmande, 2009 (en cours de rédaction).

N° 120              « Projets d'un enseignement supérieur dans un cadre paysan : Marcel Légaut, professeur d'Université                              devient berger dans la Drôme (1940 - 1945). L'enracinement d'un spirituel », Etudes drômoises, 2009 (à               paraître).

N° 63                  « Anticléricalisme en Alsace au XIXe siècle », Compte rendu de Catholiques, protestants, juifs en Alsace, Colmar, 1992, Revue d'Alsace, 1994, pp. 382-387.

N° 29                  « Aspects du catholicisme rural (1940-1960) : La vie religieuse à Lochwiller (Bas-Rhin) d'après les « Annonces paroissiales » », Archives de l'Eglise d'Alsace, 1984, pp. 353-366. « Das religiöse Leben in Lochwiller Bas-Rhin wie man es aus den kirchlichen Verkündigungen heranlesen kann », Almanach Sainte Odile, 1984, pp. 86-91.

 

 

VIII - Divers

 

            1/ Prostitution

 

N° 76                  « La prostitution en Alsace au XIXe siècle : première approche », De la prostitution en Alsace, Editions du Verger, décembre 1997, pp. 81-108.

 

            2/ Maçonnerie

 

N° 31                  « Industriel, franc-maçon et jacobin à Wissembourg : Jean Balthazar Hierthès » (1748-1810), L'Outre-Forêt, 1985, pp. 41-43.

N° 20                  « La Franc-maçonnerie à Wissembourg (1787-1820), L'Outre-Forêt, N° 35, 1981, pp. 34-44.

 

            3/ Médecine

 

N° 16                  « Poète et médecin à Lauterbourg, Hermann Picard (1860-1939), L'Outre-Forêt N° 32, 1980, pp. 57-67.

N° 14                  « Mourir de la rage à Buhl au XIXe siècle : un témoignage médical inédit », Annuaire de la Société d'histoire des régions de Thann-Guebwiller, 1979-1980, pp. 105-111.

 

            4/ Gendarmerie

 

N° 76                  « La prostitution en Alsace au XIXe siècle : première approche », De la prostitution en Alsace, Editions du Verger, décembre 1997, pp. 81-108.

N° 70                  « A Bouxwiller, entre le fait divers et la tragédie. Pour une histoire du quotidien, à travers les constats de gendarmerie », Pays d'Alsace, N° 173, IV, 1995, pp. 29-31.

N° 67                  « Ah ! Le bon vieux temps dans l'Outre-Forêt », L'Outre-Forêt, N° 88, 1994, pp. 5-9.

 

            5/ Guerre de 1870

 

N° 7                    « La déportation d'un communeux originaire de l'Outre-Forêt : Guillaume Holtz » Almanach Sainte Odile, 1977, pp. 83-86.

N° 2                    « Bischwiller et la guerre de 1870 », L'Outre-Forêt, N° 9, 1975, pp. 29-31.

Par Aristarque - Publié dans : Bio-bibliographies de chercheurs - Communauté : académie internet
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Lundi 25 avril 2011 1 25 /04 /Avr /2011 11:05

Bibliographie de Bernhard METZ

Strasbourgeois

 

 

A propos du "Libellus de diversis ordinibus", dans : Revue d'hist. ecclésiastique, 68.1973, 814-22

La pauvreté dans le "Liber de diversis ordinibus", dans : Michel Mollat, dir., Etudes sur l'histoire de la pauvreté (Moyen Age - 16e s.) (Publications de la Sorbonne, série "Etudes", 8), 1974, I, 247-54

Zur Geschichte der Ottrotter Schlösser, dans : Burgen & Schlösser 16.1975, 85-87 [périmé, voir 1995]

Sur l'histoire de Birkenfels, dans : Bull. de l'Assoc. pour la sauvegarde de l'architecture médiévale 3, 1976, 4-9 [dépassé, voir 1995]

Un château mal connu : Hagelschloss (Waldsberg), ibid., 16-20 [périmé, voir 2000]

Notes sur l'histoire du château de Salm, dans : Bull. de l'Assoc. pour la sauvegarde de l'architecture médiévale 4, 1976, 27-34 [dépassé, voir 2007]

En collaboration avec Jean Charles & Dominique Wenger : Remarques sur les ruines de Salm, ibid., 35-47

Le château de Schwarzenberg, ibid., 48-62 [dépassé, voir 1983]

A propos de pierres à bosses, ibid., 11-18

Notes sur l'histoire d'Urbeis et de Fouchy, dans : Annuaire de la soc. d'hist. du Val de Villé 2.1977, 127-142, & 3.1978, 113-142 (+ f. volante d'additions & corrections à la 1ère partie)

Dix châteaux des environs de Soultzbach = Bull. de l'Assoc. pour la sauvegarde de l'architecture médiévale 5.1978, 90 p.

En collaboration avec Guy Bronner & Bernadette Schnitzler : Un château double au 13e siècle : le Landsberg à la lumière des travaux récents, dans : Cahiers alsaciens d'archéologie, d'art et d'histoire 24.1981, 71-94

A propos de l'expression "Krummes Elsass", dans : Pays d'Alsace n° 124, 1983/3, 25-26

L'état de nos connaissances sur l'architecture des châteaux-forts alsaciens, dans : Arts et artisans alsaciens : architecture et sculpture médiévales (= Saisons d'Alsace, année 27, n° 80/81), 1983, 9-26

Le château de Schwarzenberg, architecture et histoire, ibid., 27-60

Daubenschlagfels, Warthenberg, Herrenstein, Wadenberg, dans : Etudes médiévales (supplément à : Pays d'Alsace) 1.1983, 75-90

Le clocher fortifié d'Allenwiller, ibid. 93-108

Elsass, dans : Dahlmann-Waitz, Quellenkunde der deutschen Geschichte, 10e éd., Lieferung 43, Abt. 109, 1983, n° 998-1507

Notes sur l'histoire de Schoeneck, in : Maurice Frey, dir., Le château de Schoeneck. Archéologie, architecture, archéographie. Chantiers 1981 à 1984, [1984], 36-39 [dépassé, voir 2007]

En collaboration avec Jean-Laurent Vonau : Les régestes des sires d'Ettendorf [I, jusqu'en 1350], dans : L'Outre-Forêt n° 48, 1984/4, 39-61

Les châteaux de Mittelhausen dans les sources écrites, dans : Etudes médiévales (supplément à : Pays d'Alsace) 2.1984, 83-115

Le château de Ringelstein, étude historique, ibid. 3.1985, 41-66

Une motte castrale à Weyersheim ?, ibid. 3.1985, 153-157 [le "?" est superflu]

Notes complémentaires à : Fritz Eyer, Le château de Hunebourg, ibid. 3.1985, 122-123 [dépassé, voir 1997]

A propos du château de Marlenheim, dans : Kocherschbari n° 11, 1985, 9

En collaboration avec Joëlle Burnouf : Sic et non. Archéologie de la maison forte alsacienne : points de vue contradictoires à partir de l'exemple de Mittelhausen, dans : M. Bur, dir., La maison forte au Moyen Age, 1986, 153-162

Les origines de Butenheim et les Habsburg, dans : Joëlle Burnouf, dir., Butenheim, une motte castrale en Alsace. Bilan de quatre campagnes de fouilles archéol. (Annuaire de la société d'histoire sundgauvienne, n° spécial), 1986, 13-21

Une émancipation manquée : les sires de Butenheim, ibid. 23-46

En collaboration avec Thomas Biller : Interdisziplinäre Zusammenarbeit von Historiker und Architekt zur Erforschung der mittelalterlichen Adelsburg, dargestellt an elsässischen Beispielen, dans : Alemannisches Jahrbuch 1984/86 [paru en 1988], 147-181

Les mottes castrales en Alsace, quelques compléments [à J. Burnouf, Les mottes castrales en Alsace, dans : Revue d'Alsace 111.1985 & 112.1986], dans : Revue d'Alsace 113.1987, 57-79

Le château et la ville de La Petite-Pierre/Lützelstein dans les sources écrites médiévales, dans: Etudes médiévales (supplément à : Pays d'Alsace) 4.1987, 5-36 & 86-87

Note sur l'histoire de Klein-Geroldseck, ibid. 121-125

Récupération de pierres du Daubenschlagfels au début du 16e siècle, dans ibid. 173-174

Contributions à : Archéologie médiévale en Alsace, nouvelles recherches (= Bull. de la soc. industrielle de Mulhouse, n° 806, 1987/3) : introduction et conclusion du chapitre "les châteaux" (41, 65-67); en collaboration avec Jean-Jacques Schwien : conclusion générale (171-177)

Inventaire analytique des archives de la famille de Müllenheim [déposées aux Archives municipales de Strasbourg], 1988, 235 p., index

En collaboration avec Thomas Biller : Ortenberg bei Schlettstadt - die Burg des Rudolf von Habsburg, dans : Burgen & Schlösser 29.1988, 1-21

Index de : Martin Alioth, Gruppen an der Macht. Zünfte und Patriziat in Strassburg im 14. & 15. Jh., 1988

[Cimetières fortifiés en] Alsace, dans : Michel Fixot & Elisabeth Zadora-Rio, dir., L'église, le terroir (Monographies du centre de recherches archéol., 1), 1989, 21-50

En collaboration avec Thomas Biller : Mörsberg/Morimont, die "älteste" und jüngste Burg im Elsaß - le "plus ancien" et le plus récent château d'Alsace, dans : Cahiers alsaciens d'archéologie, d'art et d'histoire 32.1989 (Mélanges Robert Will), 257-284

En collaboration avec Alex Kraemer : Das Lehensregister der Herren von Ettendorf, dans : L'Outre-Forêt n° 67, 1989/3, 38-57 [la rédaction, sans mon accord, a modifié le titre en : Die Lehensmannschaften der Herren v. E.]

Les châteaux d'Oberschaeffolsheim, dans : La gazette d'Oberschaeffolsheim, 3, déc. 1989, 12-13

Lauterbourg jusqu'au milieu du 13e siècle. Remarques critiques, dans : L'Outre-Forêt n° 70, 1990/2, 7-14

La première mention de Schirmeck en 1315, dans : L'Essor n° 149, 60.1990, 5

Schockenbühl, une motte castrale à Obernai ou Bernhardswiller, dans : Annuaire de la soc. d'hist. de Barr, Dambach-la-Ville, Obernai 24.1990, 131-137

Birkenfels : fouilles de l'ASAM 1974-80, in : 30 ans de fouilles archéologiques au pied du Mont Sainte-Odile (catal. d'expo., Barr, 1990, non paginé (2 p.)

Les enceintes urbaines, dans : [B. Schnitzler, dir.], Vivre au Moyen Age, 30 ans d'archéologie médiévale en Alsace, Catal. d'exposition, 1990, 33-36 (+ trad. all.)

En collaboration avec Thomas Biller : Anfänge der Adelsburg im Elsaß in ottonischer, salischer und frühstaufischer Zeit, dans : H.W. Böhme, dir., Burgen der Salierzeit, 1991, II, 245-284

En collaboration avec Thomas Biller : Die Spesburg bei Andlau, dans : Burgen & Schlösser 32.1991, 2-13

A Breitenbach au 13e siècle : les plus anciennes scieries d'Alsace ?, dans : Annuaire de la soc. d'hist. du Val de Villé, 16.1991, 166-68

Historique, dans : B. Haegel & alii, Le château-fort de Wangenbourg [guide de visite], 1991, 3-6

Alsatia Munita. Répertoire critique des sites fortifiés de l'ancienne Alsace du 10e s. à la Guerre de Trente Ans, paru (du canton d'Altkirch à celui de Lauterbourg) par livraisons dans : Informations. Bull. d'information de la soc. pour la conservation des monuments hist. d'Alsace, n° 1-34 (1991-2005); actuellement en panne, sera continué quand j'aurai plus de temps

Le château de Kochersberg, esquisse historique, dans : Kocherschbari 26, hiver 1992, 24-29

Aspects de l'histoire de Balbronn au Moyen Age, dans Etudes médiévales 5.1992, 53-70.

Mise en forme de : Groupe d'archéologie médiévale d'Alsace, Sur quelques éléments du confort dans les châteaux-forts alsaciens, dans : J.M. Poisson, dir., Le château médiéval, forteresse habitée (Documents d'archéologie française, 32), 1992, 139-152 (+ rectificatifs & additions envoyés aux ayants-droit).

Collaboration à : J.P. Legendre & J. Maire, La tuilerie du Kronthal à Marlenheim (18e-19e s.), étude archéologique du bâti, dans : Cahiers alsaciens d'archéologie, d'art et d'histoire 25.1992, 185-196

Collaboration à : Philippe Lorentz & Marie-Dominique Waton : Pierres tombales des 14e & 15e siècles trouvées en fouille à l'église Saint-Thomas de Strasbourg, ibid., 113-118

En Alsace : bourgs castraux ou villes castrales ?, dans : M. Bur, dir., Les peuplements castraux dans les pays de l'Entre-Deux, 1993, 223-242

Collaboration à : Marie-Dominique Waton, Dalle funéraire de Claus Burkhard Dütschmann (14 avril 1417), dans : Cahiers alsaciens d'archéologie, d'art et d'histoire 37.1994, 138-139

La construction du château de Benfeld à la fin du 14e siècle, dans : Annuaire de la soc. d'hist. des 4 Cantons 18.1994, 57-60

Le clocher de Goxwiller et Saint-Ulrich de Barr en 1615, avec un coup d'oeil sur leur histoire antérieure, dans : Annuaire de la soc. d'hist. de Barr, Dambach-la-Ville, Obernai 28.1994, 113-120

[Palais en Alsace], dans : Annie Renoux, dir., Palais médiévaux (France-Belgique), 25 ans d'archéologie (Public. de l'Université du Maine), 1994, 13-14

Collaboration à : Friedrich Battenberg, Lichtenberger Urkunden (Repertorien des Hessischen Staatsarchivs Darmstadt, 2), 5 vol. 1994-95

Collaboration à Thomas Biller, Die Burgen des Elsaß, Architektur und Geschichte [4 vol. prévus; déjà parus : t. III, Der frühe gotische Burgenbau im Elsaß (1250-1300), 1995, & t. II, Der spätromanische Burgenbau im Elsaß (1200-1250)], 2007

L'église Saint-Symphorien de Niederandolsheim, dans : Annuaire de la soc. d'hist. de la Hardt & du Ried, 8.1995, 35-42

Les règlements du village de Weiler, dans : L'Outre-Forêt n° 90, 1995/3, 17-25

Ingersheim fortifié, dans : Ingersheim, 2000 ans d'histoire, 1996, 140-148

Les nobles d'Ingersheim au Moyen Age, ibid. 148-150

L'apparition de l'écuyer en Alsace au 13e siècle. De la ministérialité à la petite noblesse, dans: Revue d'Alsace 122.1996, 83-92

En collaboration avec Thomas Biller, Elisabeth Castellani & Monique Fuchs : Le Haut-Koenigsbourg (Connaissance des arts, hors série n° 88), 1996

Les familles et le château de Hüneburg au Moyen Age, dans : Hunebourg, un rocher chargé d'histoire (Public. de la soc. savante d'Alsace, Recherches & documents, 59), 1997, 9-62

Hagenau als staufische Stadtgründung, dans : E. Reinhard & P. Rückert, dir., Staufische Stadtgründungen am Oberrhein (Oberrheinische Studien, 15), 1998, 213-234

Villé au Moyen Age : lieu central, lieu fortifié, dans : Annuaire de la soc. d'hist. du Val de Villé, 23.1998, 197-225

Châteaux du canton de Bischwiller, dans : Annuaire de la soc. d'hist. & d'archéol. du Ried-Nord, 1999, 209-245

Stations de l'histoire du château de Waldsberg ou Hagelschloss, dans : Châteaux-forts d'Alsace, 4.2000, 63-82

Glanes sur les poêles et les poêliers dans les sources écrites alsaciennes, dans : A. Richard & J.J. Schwien, dir., Archéologie du poêle en céramique du haut Moyen Age à l'époque moderne (Revue archéol. de l'Est, Suppléments, 15), 2000, 175-192

Jungholtz au Moyen Age, dans : Les amis du Vieux Soultz, Bulletin 77.2000, 63-77

En collaboration avec Elisabeth Clementz : "Ir were ir hand als schwartz als ein kole". Wie eine Oberelsässerin am Antoniusfeuer erkrankte und 1457 in Basel starb, und wie um ihr Erbe gestritten wurde, dans : Antoniter-Forum 8.2000, 7-20

Collaboration à : Odile Kammerer, Bernard Reitel, Marie-Claire Vitoux, Les villes et leur histoire [en fait leur historiographie en Alsace], dans : Revue d'Alsace 126.2000, 203-212

Collaboration à : Chr. Heider, Chartrier de Niedernai, I, Inventaire des chartes, 2000

En collaboration avec Thomas Biller : Der Burgenbau der Staufer im Elsaß, dans : V. Herzner & J. Krüger, dir., Burg und Kirche zur Stauferzeit (Akten der 1. Landauer Staufertagung), 2001, 76-110

En collaboration avec Monique Fuchs : Le château du Haut-Koenigsbourg, 2001, 64 p. (existe en versions allemande & anglaise)

Collaboration à : Jean-Yves Mariotte, Les sources de l'histoire de Strasbourg, I, Des origines à la Révolution, 2001

Essai sur la hiérarchie des villes médiévales d'Alsace (1100-1350), dans : Revue d'Alsace 128.2002, 47-100 [1ère partie : A-L], 134.2008, 129-67 [2e partie : M-R]

Traduction et présentation de : Walter Gerd Rödel, La commanderie Saint-Jean de Soultz en 1495 & 1541 [extrait de sa thèse, Das Großpriorat Deutschland des Johanniter-Ordens im Übergang vom Mittelalter zur Reformation, 1966], dans : Les amis du Vieux Soultz, Bulletin 78.2001, 15-24

En collaboration avec Thomas Biller, René Kill & Charles Schlosser : Le château de Fleckenstein (Burgen, Schlösser und Wehrbauten im Mitteleuropa, 11), 2003, 64 p. (+ version allemande)

Eguisheim fortifié, dans : Au pied des trois châteaux. Annuaire de la soc. d'histoire d'Eguisheim & env. 3.2004, 14-26

Hochfelden, lieu central et bourg fortifié, dans : Pays d'Alsace 208, 2004/3, 65-78 = Mélanges Henri Heitz (Pays d'Alsace n° 207a), 2004, 65-78

Jardins de châteaux-forts, dans : Parchemins & jardins. Les jardins strasbourgeois du Moyen Age à nos jours (catal. d'expo.), 2004, 34-36

Thanvillé, Saint-Pierre-Bois et Hohwarth au Moyen Age, dans : Annuaire de la soc. d'hist. du Val de Villé 29.2004, 19-41

Le plus ancien château hanté d'Alsace : Illzach 1614, dans : Châteaux-forts d'Alsace 7.2005, 91-94

Frankenburg du 12e au 17e siècle : données historiques, dans : Annuaire de la soc. d'hist. du Val de Villé 30.2005, 43-64

Les ruines de Frankenburg, étude monumentale, dans : Annuaire de la soc. d'hist. du Val de Villé 31.2006, 17-68

Les habitats disparus en Alsace, dans : DRAC Alsace, SRA, Bilan scientifique, Hors série 2/2, 2006, 109-113

Quatre châteaux pour le berceau d'un pape, dans : G. Bischoff & B.M. Tock, éd., Léon IX & son temps (ARTEM, 8), 2006, 111-130

Les limites du Neudorf – Une zone inondable – Les couvents, dans : Neudorf, nouveau village, nouvelle ville (catal. d'expo.), 2007, 9-12 & 30-31.

En collaboration avec Elisabeth Clementz : Le crime de l'ermite de Himmolsheim en 1558, dans : Pays d'Alsace n° 221, 2007/4, 21-30

Les châteaux de plaine en Alsace, in Bull. de liaison de la Fédération des soc. d'hist. & d'archéol. d'Alsace n° 106, oct. 2007, 5-19; repris dans : Laetitia Schott-Toullec & B. Metz, Un château de plaine à Steinbrunn-le-Bas, 2009, 4-18

Strasbourg autour de 1400. Rayonnement et limites d'une grande ville, dans : Ph. Lorentz, dir., Strasbourg 1400, un foyer d'art dans l'Europe gothique (catal. d'expo.), 2008, 22-33

Le chanoine Heinrich von Stettenberg, dans : Châteaux-forts d'Alsace 9.2008, 90-91

Trois cimetières fortifiés à Molsheim & environs, dans : Annuaire de la société d'histoire de Molsheim 2008, 75-88

Les enceintes urbaines en Alsace d'après les sources écrites, dans : Y. Henigfeld & A. Masquillier, éd., Archéologie des enceintes urbaines et de leurs abords en Lorraine et en Alsace (12e-15e s.) (Revue archéol. de l'Est, Suppléments, 26), 2008, 39-50 & 513-17

Les corporations à Strasbourg au Moyen Age, dans : Les corporations à Strasbourg. Bourgeois et artisans avant la Révolution (catal. d'expo.), 2009, 8-18

Le château de Steinbrunn-le-Bas d'après les sources écrites, dans : Laetitia Schott-Toullec & B. Metz, Un château de plaine à Steinbrunn-le-Bas. La résidence des Truchsess de Wolhusen (Coll. "Découvrir le Sundgau", éd. par la Soc. d'hist. du Sundgau), 2009, 19-34

Nouvelles recherches sur le château de Freudeneck, I, Historique, dans : Châteaux-forts d'Alsace 10.2009, 3-18

Hypothèses sur l'histoire du Chestion et du Beffroi, ibid., 61-70

Le droit de fortifier en Alsace au Moyen Age, dans : [Elisabeth Clementz, éd.], Autorité, liberté, contrainte en Alsace. Regards sur l'histoire d'Alsace, 11e-21e s., 2010, 48-59

 

Sous presse (août 2010) :

Burgkapellen als Wallfahrtsorte nach elsässischen Beispielen, dans : Kl. Herbers & P. Rückert, éd., Heiligen und ihre Memoria (Jakobus-Studien)

 

Contributions à des dictionnaires

Encyclopédie de l'Alsace, 1982-86 : articles Allenwiller, clocher fortifié; Altach, château disparu; Balbronn, fortifications; Beblenheim, château; Birkenfels, château; Birsbach, village disparu & cimetière fortifié; Blodelsheim, village fortifié; Brunn, chapelle de pèlerinage, ferme seigneuriale et château disparus; Brunstatt, château, cimetière & village fortifiés; Buswiller, cimetière fortifié; Châtenois, cimetière & bourg fortifiés; Cimetières fortifiés; Crastatt, clocher & village fortifiés; Dangolsheim, cimetière et village fortifiés; Dettwiller, cimetière & bourg fortifiés; Dillersmünster, couvent & village disparus, cimetière fortifié; Dompeter, village disparu & cimetière fortifié; Dossenheim/Zinsel, cimetière fortifié; Durlinsdorf, cimetière fortifié; Eglises fortifiées; Eiche (zu der -) ou Eichen (zu den -), château & village disparus; Eschentzwiller, clocher fortifié; Faîte, village disparu; Frankenburg, description; Geispolsheim, châteaux; Gestion ou Chestion, châteaux; Geudertheim, châteaux; Gottesheim, clocher & village fortifiés; Gougenheim, château (cimetière fortifié); Grafenstein, tour ou château disparu; Gueberschwihr, cimetière & village fortifiés; Guémar, cimetière & bourg fortifiés, château; Hartmannswiller, cimetière & village fortifiés; Hattisheim, village disparu; Hattmatt, château disparu & cimetière fortifié; Heiligenberg, cimetière fortifié; Heiligenstein, château disparu; Hilsenheim, château [Erdburg] (?) & cimetière fortifié; Hirsingue, cimetière fortifié; Hochfelden, château; Holtzheim, cimetière fortifié; Hunawihr, cimetière fortifié; Hüttenheim, village double, clocher fortifié & châteaux; Ingersheim, château, églises, cimetière & bourg fortifiés; Jebsheim, château & cimetière fortifié; Katzenberg, château ruiné; Krutenau, château disparu; Lampertheim, cimetière & village fortifiés; Landser, château & ville; Langenfels, château; Lembach, clocher fortifié; Letzenberg; Letzmannburg, château disparu; Leutenheim, Hexenberg; Lupstein, village & cimetière fortifiés; Lutterau, château disparu; Mackenheim, château disparu & cimetière fortifié; Maennolsheim, cimetière fortifié; Marckolsheim, château & ville fortifiée; Marlenheim, cimetière & bourg fortifiés; Mattstall, village double; Meistratzheim, cimetière fortifié; Minversheim, clocher fortifié; Mittelhausen, château, cimetière & village fortifiés; Molsheim, fortifications médiévales (cimetière fortifié, remparts, château); Mommenheim, cimetière, clocher & village fortifiés; Mundolsheim, cimetière & village fortifiés; Muntzenheim, clocher fortifié; Niederhaslach, château (?) & cimetière fortifié; Niedermorschwihr, clocher & cimetière fortifiés; Sources historiques; Tours d'églises rurales; Villages fortifiés.

Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, 1983-2006 : articles Colmar (Jean de -), Eiche, Ellenhard/Elnhart, Ettendorf, Fénétrange/Finstingen, Frankenburg, Gérard d'Alsace, Geroldseck am Wasichen, Geroldseck über Rhein, Girbaden, Greifenstein, Gutenburg (Ulrich von -), Halinger, Hermanfroy, Hohenberg (comtes de ), Hohenburg (Puller von -), Hohenfels, Hohenstein, Hüneburg (comtes, nobles, chevaliers & maréchaux), Husen (Friedrich von -), Ingenheim, Kage(n), Kurnagel, Landbert, Landsberg, Lunéville (comtes), Lützelburg (comtes), Lützelstein/La Petite-Pierre (comtes), Mans, Müllenheim, Nellenburg, Ochsenstein, Ortenberg (nobles et chevaliers) Ramstein, Ripelin, Ritter (Emmerich -), Rosheim, Schnell, Schwarber, Schweighausen, Specklin (Daniel), Twinger, Twinger von Koenigshofen (Jakob), Voeltsche, Wachsmuth, Wangen, Wepfermann, Winstein, Woelfelin, Woerth (landgraves), Zind.

Lexikon des Mittelalters : Walter v. Geroldseck (8, 1997, c. 1993)

Neue Deutsche Biographie : Müllenheim (avec Erich Pelzer & Burkard v. Müllenheim-Rechberg : 18, 1997, 307-308)

Pfälzisches Burgenlexikon, III, 2005 (Klein-Arnsberg, Lauterburg, Lützelhardt, Neu-Winstein), & IV, 2007 (Niederrödern, Schönenburg, St. German, St. Paul, St. Remig, Selz, Sulz I-II, Viertürn, Waldeck, Wasenburg, Wasigenstein).

M. Escher-Apsner & F.G. Hirschmann, Die urbanen Zentren des hohen und späteren Mittelalters. Vergleichende Untersuchungen zu Städten und Städtelandschaften im Westen des Reiches und in Ostfrankreich, II, Ortsartikel, 2005 (villes d'Alsace).

DHIA, fasc. 1 = lettre A, 2010 : articles Albus, Alleu, Ammann, Ammeister au Moyen Age, Amtmann, Angster, Anlassbrief, Armes (droit au port d'-), Armoiries, Avoué ecclésiastique.

 

Archives municipales de Strasbourg, inventaires inédits

Série IV, 2e partie (uniquement IV 69-77, IV 86 & 88)

138Z (anc. 80NA : fonds Wangen-Wurmser)

Répertoire numérique (intersériel, et jusqu'en 1400 aussi par séries) du fonds des chartes municipales

Chartes de la série XI

Chartes de l'échange de 1893 avec Saint-Thomas

Chartes AST : HS, CP, B XIV, B XVIII

Chartes de l'Hôpital antérieures à 1300

117Z 213-220 (chartes du Grand Chapitre)

117Z 140-162 (Grand Chapitre, Litigiosa)

165Z (Collection R. Weiss)

Chartes du cartulaire de Honau-Rhinau, dit Weißbuch von Alt-St. Peter (VIII 188)

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Dimanche 2 janvier 2011 7 02 /01 /Jan /2011 00:00

Michel WIEDEMANN

 

 

Curriculum vitæ

 

— Né le 26 septembre 1947 à Strasbourg .

— Etudes au lycée Fustel de Coulanges à Strasbourg jusqu'en Khâgne, 1955-1968.

— Maîtrise de stylistique du français moderne, dir. Mlle Monique Parent :

" L'expression du temps dans  Anabase de Saint John Perse" soutenue

à l'université de Strasbourg II en octobre 1969.

— Agrégé de lettres classiques en 1970 , 35ème sur 105.

— Stagiaire à l'Ecole Normale Protestante de Garçons de Strasbourg,1970-71.

— Professeur du contingent aux cours par correspondance de l'Ecole militaire de Strasbourg.

— Assistant de grammaire et philologie française à l'université de Bordeaux III de 1972 à 1986.

— Maître de conférence en langue et littérature françaises à dater du 1er octobre 1986 à l' UFR de Lettres de l'université Michel de Montaigne-Bordeaux III, 33607 Pessac Cedex.

 

 

 

Ouvrages de philologie

 

 

 

1. Le thème du sang dans les tragédies de Corneille et de Racine, étude sémantique et stylistique . Thèse de troisième cycle sous la direction de Mlle Monique Parent . 432 p. dactylographiée et reproduite en 20 ex. Soutenue le 12 octobre 1980 à l'université de Strabourg II, devant un jury présidé par M. Vernois , rapporteur Mlle Parent, assesseurs MM. Goichot et Hoffmann, mention très bien .

 

2. "Types Bordelais, Monologues et Chansons" d'Ulysse Despaux, réédition accompagnée d'une introduction, d'une étude linguistique et d'un lexique par Michel Wiedemann . Numéro spécial de Garona , Cahiers du CECAES de l'université de Bordeaux III, N° 8, mars 1992, 94 p. Editions de la Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine .

Ouvrage couronné par le prix du marquis de Lagrange, décerné en 1992 par l'Académie de Sciences, Belles Lettres et Arts de Bordeaux à un ouvrage concernant la linguistique des provinces méridionales .

 

3. Théories et pratiques de la traduction, XVIIe-XVIIIe siècles, actes de la journée d’études du 22 février 2008, organisée au Musée d’Aquitaine par le Centre de recherches sur l’Europe classique du LAPRIL,  Michel Wiedemann ed. Tübingen, Gunter Narr Verlag, 2009, coll. Biblio 17,  157 p. à paraître.

 

Articles de linguistique et de sémiologie

 

 

1. " Jakobson en photographie ? ou de la transposition du schéma de R. Jakobson en photographie . "

in Les Cahiers de la Photographie, N°2, pp. 64-70 , 2ème trimestre 1981 .

 

2. " La planche-contact et sa préhistoire . "

in Les Cahiers de la Photographie, N° 10, pp.77-82, 2ème trimestre 1982 .

(Elaboration de l'invention et de ses dénominations . )

 

3. " Le vocabulaire de la photographie . "

in Cahiers de Lexicologie , 1983, 2ème livraison, N°43, pp. 85-116 .

(Etude des familles des mots héliographie, daguerréotype, et photographie.)

 

4. " Recherches sur la constitution du vocabulaire de la photographie . "

Communication au colloque du CELEX : Approches méthodologiques du lexique , Paris, E.N.S. Boulevard Jourdan, 25-26 novembre 1983, publiée in  Cahiers de Lexicologie, 1984, 2ème livraison, N°45, pp. 73-80 .

 

5. " L'évolution de la traduction d'après quelques traductions des Bucoliques de Virgile . "

Conférence donnée le 24 janvier 1984 au Centre Interdisciplinaire de Méthodologie de l'université de Bordeaux III, publiée in Truchements, Cahier N°1, 1985, pp. 13-28 .

 

6. " Les problèmes de la traduction du nom propre d'après les traductions françaises des Bucoliques de Virgile . "

Conférence donnée le 6 mars 1984 au Centre Interdisciplinaire de Méthodologie de l'université de Bordeaux III, publiée in Truchements, Cahier N°1, 1985, pp. 46-58 .

 

7. " L'imaginaire de la réforme de l'orthographe française aux XIXème et XXème siècles . "

in Eidôlon, Cahiers du laboratoire pluridisciplinaire de recherches sur l'imagination littéraire, Université de Bordeaux III, N°26, sous-titré Fantasmographie, octobre 1985, pp. 101-150 .

 

 

8. " Le gascon et les régionalismes dans l'œuvre de François Mauriac . "

in Présence de François Mauriac , Actes du colloque organisé à Bordeaux pour le centenaire de François Mauriac (10-12 octobre 1985) Presses Universitaires de Bordeaux , 1986, pp. 99-108 .

 

9. " Enquête sur les régionalismes du Sud-Ouest . "

Communication du 2 décembre 1985 aux journées de travail sur les régionalismes du français, publiée in L'ethnotexte du GRECO 9-C.N.R.S., décembre 1986, N°7, pp. 11-14 .

 

10. " Lexique des régionalismes des œuvres romanesques et théâtrales de François Mauriac . "

in Mélanges  de littérature comparée et de littérature française offerts à Simon Jeune, Bordeaux, Société des Bibliophiles de Guyenne, 1990, pp. 371-384 .

 

11. Contribution à la partie lexicographique de " Paroles de dockers : lexique des manutentions portuaires dans le port de Bordeaux à l'époque contemporaine, réalisé à l'initiative de l'association La Mémoire de Bordeaux, de la Communauté Urbaine et de ses communes au Centre d'Etude des Cultures de l'Aquitaine et de l'Europe du Sud par Serge Joigneau sous la direction scientifique de Michel Wiedemann , Bordeaux , CECAES, 1990, 58 p.

 

12. " Le dictionnaire et les linguistes . "

Conférence donnée au CECAES le 5 décembre 1990, publiée in Garona, Cahier N°7 du CECAES, 1991, pp. 7-22, Bordeaux, Editions de la Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine .

 

13.  Contributions aux volumes N° 31 et 40 de Matériaux pour l'histoire du vocabulaire français . Datations et Documents lexicographiques, publiés par Bernard Quémada . Paris, C.N.R.S.-I.N.A.L.F., Klincksieck, 1984 et 1992 .

 

14. " Le monogramme : enquête terminologique et sémiologique en paléographie et en numismatique . "

Communication faite le 16 février 1992 au Cercle Bertrand Andrieu de la Société Archéologique de Bordeaux, publiée in Revue Archéologique de Bordeaux, tome LXXXIII, année 1992, pp. 248-257 .

 

15. " Glossaire des catalogues de la maison Vivez, fabricant de soufflets et grossiste en matériel vinicole . Mots retenus pour leur datation nouvelle, leur caractère régional ou leur absence des dictionnaires par Michel Wiedemann, assisté des membres du groupe de français régional de l'URIATLA (Université inter-âges du temps libre d'Aquitaine). "

in Garona, Cahier N° 13 du CECAES , juin 1996, pp. 117-154, ill. Bordeaux, Editions de la Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine, Centre d'étude des cultures d'Aquitaine et d'Europe du Sud, université Michel de Montaigne - Bordeaux 3 .

 

16. " Le glossaire d'André Berry dans Les Esprits de Garonne . "

in Garona, Cahier N° 14 du CECAES , juin 1997, pp. 85-110 . Bordeaux, Editions de la Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine, Centre d'étude des cultures d'Aquitaine et d'Europe du Sud, université Michel de Montaigne - Bordeaux 3 .

 

17. " Lexique de procédés photographiques et photomécaniques "

in Pyrénées, voyages photographiques de 1839 à nos jours , sous la direction d'Hélène Saule-Sorbé . Pau, Editions du Pin à crochets, 1998, pp. 306-309 .

 

18. " Le dernier souffletier de Bordeaux, étude technique et terminologique d'un artisanat disparu "

Conférence donnée avec un film vidéo au CECAES, in Garona, Cahier du CECAES N°15, décembre 1999 . Bordeaux, Editions de la Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine, Centre d'étude des cultures d'Aquitaine et d'Europe du Sud, université Michel de Montaigne-Bordeaux 3, pp. 149-162.

 

19."Des marques et des langues : une mesure de l'expansionnisme linguistique ", communication au colloque international Expansions, expansionnismes dans le monde transatlantique , Bordeaux , 25-27 janvier 2001, organisé par le pôle "Société et histoire des idées dans le monde transatlantique", équipe du CLAN, CEC, CELFA, ERCIF, GERB, TEMIBER, TIDE, à la Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine, paru dans les actes sous la direction de Christian Lerat et Nicole Ollier, Pessac, Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine, 2002, p. 403-419 .

 

 

Autres publications scientifiques

 

 

 

Illustration du livre

 

 

1. " Sur quelques livres illustrés de photographies au XIXème siècle ."

in Les Cahiers de la Photographie , N°6, pp. 27-35, 2ème trimestre 1982 .

( Etude des rapports entre le texte et l'image. )

 

2. "Petit complément au catalogue des dessins de Sébastien Bourdon " in Nouvelles de l'Estampe, N° 178, octobre-novembre 2001, p. 61-65 .

 

3. " La gravure dans le  livre. "

in La photographie et le livre. Essai collectif. Analyse de leur rapports  multiformes. Nature de la photographie. Statut du livre sous la direction de Michelle Debat. Trans Photographic Press, Paris, 2003, p. 18-33.

( L'évolution des techniques de gravure employées dans l'illustration du livre et leur survie après la découverte de la photographie. )

 

4. "Un recueil de gravures de poissons d'Adrien Collaert, Piscium vivæ icones",  paru dans "L'Animal au XVIIe siècle" , Actes de la première journée d'études (21 novembre 2001 du Centre de recherches sur le XVIIe siècle européen (1600-1700), Université Michel de Montaigne-Bordeaux III, Charles Mazouer, (éd.) , collection Biblio 17 , N°146, Gunter Narr Verlag, Tübingen, 2003, p.119-157 .

 

5. “Girafes, éléphants, rhinocéros et dromadaires d’après Adrien Collaert dans les broderies du château Favorite à Rastatt (pays de Bade)“ in Nouvelles de l’Estampe, mai-juin 2009 n° 224,

p. 8-21

 


 

 

Recherches  sur l'imaginaire

 

 

6." Le carnaval de Bâle " in Eidolon, Cahiers du LAPRIL (Laboratoire pluridisciplinaire de recherches sur l'imagination littéraire), Université de Bordeaux III, supplément au N°13, octobre 1980, 11 p .

 

7. " Du bon usage des licornes . "

Communication du 12 mars 1998 au colloque "Littérature et médecine " du LAPRIL, in Eidôlon, Cahiers du laboratoire pluridisciplinaire de recherches sur l'imaginaire appliquées à la littérature, L.A.P.R.I.L., N° 50 juillet 1997, (L.A.P.R.I.L.) , Université de Bordeaux III, articles recueillis par Jean-Louis Cabanès . ISSN 02425300; ISBN: 2-903440-50-6, aux pp. 83-95.

 

8. " Les lièvres cornus . Fortune d’une famille d’animaux imaginaires chez  Al Qazwini, Rabelais, Mathurin Régnier, La Fontaine, Flaubert, Gesner, Aldrovandi, Buffon, Adrien Collaert, Jan van Kessel et dans la langue commune", in Garona , Cahier du CECAES n°16, p.167-197.

 

9. " La licorne en héraldique, en onomastique et en numismatique . "

Communication faite le 17 mai 1998 au cercle Bertrand Andrieu de la Société Archéologique de Bordeaux, parue in Revue Archéologique de Bordeaux, tome LXXXIX, année 1998, pp. 292-300.

 

10. "Les animaux emblématiques de l' Iconologie de César Ripa traduite par Jean Baudoin", dans Figures de l'art, revue d'esthétique , Publications de l'Université de Pau , N°8 , 2003-2004, 431 p. , aux pp. 71-99 .

 

11. "La version agenaise de la légende des sept dormants - Sources et résurgences de la légende des sept dormants " in Garona N° 18, 2007 , pp.

 

12. "Saint Christophe passeur de profession ", communication au colloque international "Passeurs, From Shore to Shore , An International Conference on Cultural  Conveyors and Go-Betweens " organisé les 10-11-12 juin 2010 par l'EA 4196 CLIMAS à la Maison des Sciences de l'Homme à Bordeaux, à paraître dans les actes. 

 

Conférences et communications

non imprimées

 

 

1. "L'onomastique des appareils photographiques . "

Conférence donnée le 31 mars 1987 au Centre interdisciplinaire de Méthodologie de l'université de Bordeaux -3 .

 

2. " Niepce, Daguerre et les autres . "

Conférence au Musée des arts Décoratifs de Bordeaux pour le cent -cinquantième anniversaire de la découverte de la photographie en 1989.

 

3. " Les représentations du monde sous forme de globe . "

Communication du 20 octobre 1991 au cercle Bertrand Andrieu de la Société Archéologique de Bordeaux, résumée dans la Revue Archéologique de Bordeaux, tome LXXXII, Année 1991, pp. 232-236 .

 

4. "Le connecteur aussi . "

Exposé à l'ERSSAB (Equipe de recherche en syntaxe et sémantique à Bordeaux ; directeur M. Claude Muller ) le 5 février 1991 .

 

5. Communication le 7 février 1992 au séminaire du LAPRIL sur les Européens à la rencontre des nouveautés / l'imaginaire de la découverte: "De l'ancien au nouveau monde : allégories de l'Amérique .", reprise et développée le 4 janvier 2000 au Cercle d'études et de culture française de Bordeaux.

 

6. Conférence comme invité à l'Institut de Philologie Romane de l'Université Jagellonne de Cracovie en octobre 1993 : Le dictionnaire .

 

7. Conférence comme invité à l'Institut d'histoire de l'art de l'université Jagellonne de Cracovie en octobre 1993 : le monogramme.

 

8. " La commutation en linguistique . "

Exposé à l'ERSSAB (Equipe de recherche en syntaxe et sémantique à Bordeaux ; directeur M. Claude Muller ) en 1994.

 

9. " Le globe symbole du pouvoir "

Communication au colloque international Images européennes du pouvoir  organisé par le LAPRIL le 11, 12, 13 février 1994 à la Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine .

 

10. " Les dénominations populaires et argotiques de l'argent en français."

Communication faite le 15 juin 1997 au cercle Bertrand Andrieu de la Société Archéologique de Bordeaux .

 

11. " Le mythe de la licorne . "

Conférence faite le 1er décembre 1998 au Centre Interdisciplinaire de Méthodologie de l'université de Bordeaux III .

 

12. "L'invention de la photographie "

Conférence à la Médiathèque de Talence, le mardi 5 octobre 1999.

 

13. " Bestiaire, science et folklore: le lièvre à cornes des origines à nos jours."

Conférence faite le 15 décembre 1999 au CECAES de l'université de Bordeaux III.

 

14. "L'ellipse dans les manuels scolaires 1660-1909. "Communication au séminaire de l'ERSSAB , équipe de recherche en syntaxe et sémantique à Bordeaux, dir. M. Claude Muller, le 12 avril 2000.

 

Autres publications

 

1. "Jean Brieu, restaurateur de maquettes de navires , entretien avec Michel Wiedemann", in Le Festin, Revue des patrimoines, des paysages et de la création en Aquitaine, N° 35-36, automne 2000, p. 191-196.

 

Publications sur la gravure

 

 

1. "La gravure sur bois aujourd'hui "

Catalogue de l'exposition présentée au Musée de Cognac du 21 mars au 16 avril 1990, puis au château Margaut de Talence du 7 au 31 mars 1991. Bordeaux, L'Estampe d'Aquitaine, 8 p. ill.

 

2. "Avis liminaire " à Acrobaties, série d'eaux-fortes de Francis Hungler, in Les Nouvelles de l'Estampe, revue du comité national de la gravure française , N° 114 , décembre 1990, pp. 58-59 .

 

3. "Itinéraire d'un graveur "

in Eric ROBERT-AYMÉ, Gravures. Catalogue de l'exposition du Musée Denon de Chalon sur Saône , septembre-novembre 1992, pp. 7-10 .

 

4. " Graveurs d'aujourd'hui : Gérard Trignac ",

in Les Nouvelles de l'Estampe, revue du Comité National de la Gravure Française, N° 127, mars 1993, pp. 40-43 .

 

5. " Vues sur la mer . Gravures XVIe-XVIIIe siècle. Collections aquitaines."

Exposition au Musée des Beaux-Arts de Rouen, 15 juin-15 septembre 1999. Catalogue par Michel Wiedemann, 16 p., ill.

 

6. " Préface " à Pierre SANCHEZ & Xavier SEYDOUX, Charles HEYMAN 1881-1915, Catalogue raisonné de l'œuvre gravé . Paris, L'Echelle de Jacob, mars 2000.

 

7. "Petit complément au catalogue des dessins de Sébastien Bourdon ", in  Les Nouvelles de l'Estampe, revue du Comité National de la Gravure Française, N°178, octobre-novembre 2001, p. 61-65.

 

8." Léo Drouyn en aquafortiste " et "L'eau-forte " p. 85-92 in Léo Drouyn aquafortiste . A la découverte d'un trésor de plaques en cuivre . Catalogue de l'exposition  aux Archives départementales de la Gironde avec le soutien de la fondation d'entreprises "Léo Drouyn ", Bordeaux, 9 décembre 2003-6 février 2004 . 

 

9. "Les menus plaisirs de l'estampe ou la collection de gravures vers 1700" in "L'Année 1700 " , Actes du colloque de centre de recherches sur le XVIIe siècle européen (1600-1700) , Biblio  17, N°154, Tübingen, Gunter Narr Verlag, 2004 , aux pp. 291-318.

 

10. Catalogue de l'exposition itinérante montrée au prieuré de Saint -Loubès (Gironde) en juillet 2007 et au moulin de Piis à Bassanne (Gironde) en septembre 2007: Mémoire et imaginaire,  Léo Drouyn, Paulette Expert, Paul Leuquet, Gérard Trignac.

 

11. "Tombeau pour Marc Dautry 1930-2008 ", in Revue Française d'Histoire du Livre , Nouvelle Série, N° 130 , 2009, pp. 247-272.

 

 

 

 

Organisation d'expositions

 

 

1. " Photographes suédois de l'agence SAFTRA et du groupe TIO ."

Exposition à la salle de loisir de la bibliothèque Universitaire de sciences de Bordeaux avec le concours du Centre culturel suédois, des Rencontres Internationales de la Photographie d'Arles, du Dia club spatial de Saint Médard en Jalles, du 22 février au 22 mars 1978 .

 

2. " Photographes roumains ."

Exposition à la Bibliothèque Universitaire de Lettres de Bordeaux .

 

3. " Graveurs argentins : Magdalena Aguilar, Osvaldo Jalil, Sandra Laporta, Anteo Scordamaglia, Carlos Vighi ."

Exposition à la Bibliothèque Universitaire de Lettres de Bordeaux en avril et mai 1989 .

 

4. "La gravure sur bois aujourd'hui : Jean-Marcel Bertrand, Roger Cochard,  Pierre Gangloff, Erwin Heyn, Valentina La Rocca, Jean Lodge ."

Exposition au château Margaut de Talence, du 7 au 31 mars 1991, avec le concours de l'Office culturel et éducatif de Talence et de la délégation régionale des AGF à Bordeaux .

 

5.  " Gravures ."

Exposition dans la salle d'Artothem, association des étudiants d'histoire de l'art, en collaboration avec Jean Bernard Ratto .

 

6. " Les formes de la photographie."

Exposition de photographies à la Bibliothèque Universitaire de Lettres de Bordeaux, du 21 mars au 17 avril 1996, avec un catalogue dactylographié , 48 p.

 

7. " Portraits d'hommes illustres. "

Exposition de gravures à la Bibliothèque Universitaire de Lettres de Bordeaux, du 12 mai au 2 juin 1997, avec un catalogue dactylographié de 25 p.

 

8. " Vues sur la mer ."

Exposition de 31 gravures du XVe au XXe siècle à l'Office socio-culturel de Pessac, février 1997 .

 

9. " Vues sur la mer . Gravures XVIe-XVIIIe siècle. Collections aquitaines."

Exposition de 49 gravures au Musée des Beaux-Arts de Rouen, 15 juin-15 septembre 1999. Commissaire Marie Pessiot, conservateur en chef du Patrimoine, catalogue par Michel Wiedemann , 16 p., ill.

 

10. "La gravure et le livre illustré",  exposition du 8 janvier au 8 février 2001 à la Bibliothèque Municipale de Pau , avec le concours de Mme Christiane Abbadie-Clerc, et de l'Estampe d'Aquitaine.

 

11. "L'animal illustré , XVIe-XXe siècles " exposition à la Bibliothèque intercommunale de Pau-Pyrénées, avec le concours de Mme Christiane Abbadie-Clerc et des collectionneurs de l'Estampe d'Aquitaine. Catalogue dactylographié par M.Wiedemann, 145 pages.

 

12. "L'animal illustré , XVIe-XXe siècles, exposition à la Médiathèque de Camponac à Pessac du 13 au 31 janvier 2004. Catalogue dactylographié par M. Wiedemann, 150 pages, livret pédagogique 16 p.

 

13. Création du blog www.estampeaquitaine.canalblog.com en août 2007 avec des images de S. Della Bella, D. V. Denon, R. Cami, M. Lalanne, P. Expert, M. Desportes, Dul, G. Ball, J. Lodge, F. Hungler, E. Heyn, M. Dautry, J.  M. Charpentier.

 

14. La gravure sur bois XVe-XXe siècle, exposition à la Bibliothèque de Bordeaux, février 2009.

 

15. Exposition sur la collection Le livre de demain, des éditions Arthème Fayard mars 2010 à la Bibliothèque municipale de Bordeaux. 

 

16. Exposition de gravures sur Henri IV à l'occasion du colloque du 8 octobre 2010 à la Bibliothèque de Bordeaux. 

 

17.Exposition Gérard Bancal à l'université Michel de Montaigne-Bordeaux 3 du 19 octobre au 10 novembre 2010 avec le concours du Service culturel .

 

18. Exposition à la mémoire de Daniel Beugniot, dit Dul, professeur de gravure à l'université Michel de Montaigne-Bordeaux 3 du 30 novembre au 14 décembre 2010.

 

19. Exposition sur le thème de l'arbre à l'occasion de l'assemblée générale de l'EDA à la Bibliothèque de Bordeaux en mars -avril 2011.   

 

 

 

 

 

 

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Samedi 10 juillet 2010 6 10 /07 /Juil /2010 15:04

Jacques de Varazze ou de Voragine,(† 1298) Légende dorée 

Traduction de l’abbé Roze, 1902.

Les numéros ne sont pas de l'abbé Roze, ils segmentent le récit en unités narratologiques.

 

 

0. Christophe, avant son baptême, se nommait Réprouvé, mais dans la suite il fut appelé Christophe, comme si on disait : qui porte le Christ, parce qu'il porta le Christ en quatre manières : sur ses épaules, pour le faire passer; dans son corps, par la macération ; dans son coeur, par la dévotion et sur les lèvres, par la confession ou prédication.

 

1.Christophe  était Chananéen; il avait une taille gigantesque, un aspect terrible, et douze coudées de haut. 2.D'après ce qu'on lit en ses actes, un jour qu'il se trouvait auprès d'un roi des Chananéens, il lui vint à l’esprit de. chercher quel était le plus grand prince du monde, et de demeurer près de lui. 3.Il se présenta chez un roi très puissant qui avait partout la réputation de n'avoir point d'égal en grandeur. Ce roi en le voyant l’accueillit avec bonté et le fit rester à sa cour. 4.Or, un jour, un jongleur chantait en présence du roi une chanson où revenait souvent le nom du diable ; le roi, qui était chrétien, chaque fois qu'il entendait prononcer le nom de quelque diable, faisait de suite le signe de croix sur sa figure. 5. Christophe, qui remarqua cela, était fort étonné de cette action, et de ce que signifiait un pareil acte. Il interrogea le roi à ce sujet 6. et celui-ci ne voulant pas le lui découvrir, 7. Christophe ajouta : « Si vous ne me le dites, je ne resterai pas plus longtemps avec vous. » 8. C'est pourquoi le roi fut contraint de lui dire : « Je me munis de ce signe, quelque diable que j'entende nommer, dans la crainte qu'il ne prenne pouvoir sur moi et ne me nuise. »9.Christophe lui répondit : « Si vous craignez que le diable ne vous nuise, il est évidemment plus grand et plus puissant que vous ; la preuve en est que vous en avez une terrible frayeur. Je suis donc bien déçu dans mon attente; je pensais avoir trouvé le plus grand et le plus puissant seigneur du monde; mais maintenant je vous fais mes adieux, car je veux chercher le diable lui-même, afin de le prendre pour mon maître et devenir son serviteur.» 10. Il quitta ce roi et se mit en devoir de chercher le diable. Or, comme il marchait au milieu d'un désert, il vit une grande multitude de soldats, dont l’un, à l’aspect féroce et terrible, vint vers lui 11. et lui demanda où il allait. Christophe lui répondit: «Je vais chercher le seigneur diable, afin de le prendre pour maître et seigneur. » Celui-ci lui dit: « Je suis celui que tu cherches. » Christophe tout réjoui s'engagea pour être son serviteur à toujours et le prit pour son seigneur. 12.Or, comme ils marchaient ensemble, ils rencontrèrent une croix élevée sur un chemin public. Aussitôt que le diable eut aperçu cette croix, il fut effrayé, prit la fuite et, quittant le chemin, il conduisit Christophe à travers un terrain à l’écart et raboteux, ensuite il le ramena sur la route. 13. Christophe, émerveillé de voir cela, lui demanda pourquoi il avait manifesté tant de crainte, lorsqu'il quitta la voie ordinaire, pour faire un détour, et le ramener ensuite dans le chemin. 14.Le diable ne voulant absolument pas lui en donner le motif, 15. Christophe dit : «Si vous ne me l’indiquez, je vous quitte à l’instant. » 16. Le diable fut forcé de lui dire : « Un homme qui s'appelle Christ fut attaché à la croix ; dès que je vois l’image de sa croix, j'entre dans une grande peur, et  m’enfuis effrayé. » 17. Christophe lui dit : « Donc ce Christ est plus grand et plus puissant que toi, puisque tu as une si grande frayeur en voyant l’image de sa croix? J'ai donc travaillé en vain, et n'ai pas encore trouvé le plus grand prince du monde. Adieu maintenant, je veux te quitter et chercher ce Christ. »

18. Il chercha longtemps quelqu'un qui lui donnât des renseignements sur le Christ ; enfin il rencontra un ermite qui lui prêcha J.-C. et qui l’instruisit soigneusement de la foi. 19. L'ermite dit à Christophe : « Ce roi que tu désires servir réclame cette soumission : c'est qu'il te faudra jeûner souvent.» 20. Christophe lui répondit : « Qu'il me demande autre chose, parce qu'il  m’est absolument impossible de faire cela.» 21 « Il te faudra encore, reprend l’ermite, lui adresser des prières. » 22.« Je ne sais ce que c'est, répondit Christophe, et je ne puis me soumettre à cette exigence.» 23. L'ermite lui dit: « Connais-tu tel fleuve où bien des passants sont en péril de perdre la vie? » « Oui », dit Christophe. L'ermite reprit: « Comme tu as une haute stature et que tu es fort robuste, si tu restais auprès de ce fleuve, et si tu passais tous ceux qui surviennent, tu ferais quelque chose de très agréable au roi J.-C. que tu désires servir, et j'espère qu'il se manifesterait à toi en ce lieu. » 24. Christophe lui dit : « Oui, je puis bien remplir cet office, et je promets que je  m’en acquitterai pour lui.» 25.  Il alla donc au fleuve dont il était question, et s'y construisit un petit logement. Il portait à la main au lieu de bâton une perche avec laquelle il se maintenait dans l’eau ; et il passait sans relâche tous les voyageurs. 26.Bien des jours s'étaient écoulés, quand, une fois qu'il se reposait dans sa petite maison, il entendit la voix d'un petit enfant qui l’appelait en disant : «Christophe, viens dehors et passe-moi. » 27. Christophe se leva de suite, mais ne trouva personne. 28. Rentré chez soi, il entendit la même voix qui l’appelait. 29.Il courut dehors de nouveau et ne trouva personne. 30. Une troisième fois il fut appelé comme auparavant, (31) sortit et trouva sur la rive du fleuve un enfant qui le pria instamment de le passer. 32. Christophe leva donc l’enfant sur ses épaules, prit son bâton et entra dans le fleuve pour le traverser. 33.Et voici que l’eau du fleuve se gonflait peu à peu, l’enfant lui pesait comme une masse de plomb ; il avançait, et l’eau gonflait toujours, l’enfant écrasait de plus en plus les épaules de Christophe d'un poids intolérable, de sorte que celui-ci se trouvait dans de grandes angoisses et craignait de périr. 34. Il échappa à grand peine. Quand il eut franchi la rivière, il déposa l’enfant sur la rive et lui dit : Enfant, tu  m’as exposé à un grand danger, et tu  m’as tant pesé que si j'avais eu le monde entier sur moi, je ne sais si j'aurais eu plus lourd à porter. » 35.L'enfant lui répondit : « Ne t'en étonne pas, Christophe, tu n'as pas eu seulement tout le monde sur toi, mais tu as porté sur les épaules celui qui a créé le monde : car je suis le Christ ton roi, auquel tu as en cela rendu service; 36. et pour te prouver que je dis la vérité, quand tu seras repassé, enfonce ton bâton en terre vis-à-vis ta petite maison, et le matin tu verras qu'il a fleuri et porté des fruits, » A l’instant il disparut. 37. En arrivant, Christophe ficha donc son bâton en terre, et quand il se leva le matin, il trouva que sa perche avait poussé des feuilles, et des dattes comme un palmier.38 Il vint ensuite à Samos, ville de Lycie, où il ne comprit pas la langue que parlaient les habitants, 39 et il pria le Seigneur de lui en donner l’intelligence. 40.Tandis qu'il restait en prières, les juges le prirent pour un insensé, et le laissèrent. 41 Christophe, ayant obtenu ce qu'il demandait, 42 se couvrit le visage, vint à l’endroit où combattaient les chrétiens, et il les affermissait au milieu de leurs tourments. 43. Alors un des juges le frappa. au visage, 44 et Christophe se découvrant la figure : 45 « Si je n'étais chrétien, dit-il, je me vengerais aussitôt de cette injure. » 46. Puis il ficha son bâton, en terre en priant le Seigneur de le faire reverdir pour convertir le peuple. 47. Or, comme cela se fit à l’instant, huit mille hommes devinrent croyants. 48. Le roi envoya alors deux cents soldats avec ordre d'amener Christophe par devant lui; 49. mais l’ayant trouvé en oraison ils craignirent de lui signifier cet ordre; 50.le roi envoya encore un pareil nombre d'hommes, qui, eux aussi, se mirent à prier avec Christophe. 51 Il se leva et leur dit : « Qui cherchez-vous? » 52 Quand ils eurent vu son visage; ils dirent : « Le roi nous a envoyés pour te garrotter et t'amener à lui.» 53. Christophe leur dit : « Si je voulais, vous ne pourriez me conduire ni garrotté, ni libre. » 54. Ils lui dirent : « Alors si tu ne veux pas, va librement partout où bon te semblera, et nous dirons au roi que nous ne t'avons pas trouvé. » 55 « Non, il n'en sera pas ainsi, dit-il; j'irai avec vous.» 56. Alors il les convertit à la foi, 57 se fit lier par eux les mains derrière le dos, et conduire au roi en cet état. 58 A sa vue, le roi fut effrayé et tomba à l’instant de son siège. 59. Relevé ensuite par ses serviteurs, il lui demanda son nom et sa patrie. 60 Christophe lui répondit : « Avant mon baptême, je  m’appelais Réprouvé, mais aujourd'hui je me nomme Christophe. » 61. Le roi lui dit : « Tu t'es donné un sot nom, en prenant celui du Christ crucifié, qui ne s'est fait aucun bien, et qui ne pourra t'en faire. Maintenant donc, méchant Chananéen, pourquoi ne sacrifies-tu pas à nos dieux? » 62 Christophe lui dit : « C'est à bon droit que tu t'appelles Dagnus  , parce que tu es la mort du monde, l’associé du diable; et tes dieux sont l’ouvrage de la main des hommes. 63.Le roi lui dit : « Tu as été élevé au milieu des bêtes féroces ; tu ne peux donc proférer que paroles sauvages et choses inconnues des hommes. Or, maintenant, si tu veux sacrifier, tu obtiendras de moi de grands honneurs, sinon, tu périras dans les supplices. » 64. Et comme le saint ne voulut pas sacrifier, Dagnus le fit mettre en prison; 65. quant aux soldats qui avaient été envoyés à Christophe, il les fit décapiter pour le nom de J.-C. 66. Ensuite il fit renfermer avec Christophe dans la prison deux filles très belles, dont l’une s'appelait Nicée et l’autre Aquilinie, leur promettant de grandes récompenses, si elles induisaient Christophe à pécher avec elles. 67.A cette vue, Christophe se mit tout de suite en prière. 68 Mais comme ces filles le tourmentaient par leurs caresses et leurs embrassements, 69 il se leva et leur dit : « Que prétendez-vous et pour quel motif avez-vous été introduites ici? ». 70. Alors elles furent effrayées de l’éclat de son visage et dirent : «Ayez pitié de nous, saint homme, afin que nous puissions croire au Dieu que vous prêchez. » 71.Le roi, informé de cela, se fit amener ces femmes et leur dit : « Vous avez donc aussi été séduites. Je jure par les dieux que si vous ne sacrifiez, vous périrez de malemort. » 72. Elles répondirent : « Si tu veux que nous sacrifiions, commande qu'on nettoie les places et que tout le monde s'assemble au temple. » 73. Quand cela fut fait, et qu'elles furent entrées dans le temple, elles dénouèrent leurs ceintures, les mirent au cou des idoles qu'elles firent tomber et qu'elles brisèrent; 74 puis elles dirent aux assistants : « Allez appeler des médecins pour guérir vos dieux.. » 75. Alors par l’ordre du roi, Aquilinie est pendue; puis on attacha à ses pieds une pierre énorme qui disloqua tous ses membres. 76.Quand elle eut rendu son âme au Seigneur, Nicée, sa soeur, fut jetée dans le feu ; 77. mais comme elle en sortit saine et sauve, 78.elle fut tout aussitôt après décapitée.79. Après quoi Christophe est amené en présence du roi qui le fait fouetter avec des verges de fer ; 80.un casque de fer rougi au feu est mis sur sa tête ; 81.le roi fait préparer un banc en fer où il ordonne de lier Christophe et sous lequel il fait allumer du feu qu'on alimente avec de la poix. 82.Mais le banc fond comme la cire, et le saint reste sain et sauf. 83.Ensuite le roi le fait lier à un poteau et commande à quatre cents soldats de le percer de flèches : 84. mais toutes les flèches restaient suspendues en l’air, et aucune ne put le toucher. 85.Or, le roi, pensant qu'il avait été tué par les archers, se mit à l’insulter ; 86. tout à coup une flèche se détache de l’air, vient retourner sur le roi qu'elle frappe à l’œil, et qu'elle aveugle. 87.Christophe lui dit : « C'est demain que je dois consommer mon sacrifice; tu feras donc, tyran, de la boue avec mon sang; tu t'en frotteras l’oeil et tu seras guéri. » 88 Par ordre du roi ou le mène au lieu où il devait être décapité; et quand il eut fait sa prière, on lui trancha la tête. 89.Le roi prit un peu de son sang, et le mettant sur son oeil, il dit :  « Au nom de Dieu et de saint Christophe. » Et il fut guéri à l’instant. 90.Alors le roi crut, et porta un édit par lequel quiconque blasphémerait Dieu et saint Christophe serait aussitôt puni par le glaive. — 91. Saint Ambroise parle ainsi de ce martyr dans sa préface :  « Vous avez élevé, Seigneur, saint Christophe, à un tel degré. de vertu, et vous avez donné une telle grâce à sa parole, que par lui vous avez arraché à l'erreur de la gentilité pour les amener à la croyance chrétienne, quarante-huit mille hommes. Nicée et Aquilinie qui depuis longtemps se livraient publiquement à la prostitution, il les porta, à prendre des habitudes de chasteté, et leur enseigna à recevoir la couronne. Bien que lié sur un banc de fer, au milieu d'un bûcher ardent, il ne redouta pas d'être brûlé par ce feu, et pendant une journée entière, il ne put être percé par les flèches de toute une soldatesque. Il y a plus, une de ces flèches crève l’oeil d'un des bourreaux, et le sang du bienheureux martyr mêlé à la terre lui rend la vue et en enlevant l’aveuglement du corps, éclaire son esprit car il obtint sa grâce auprès de vous et il vous a prié avec supplication d'éloigner les maladies et les infirmités . »

 

013. Baldung Grien St Christophe

 

 

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Samedi 10 juillet 2010 6 10 /07 /Juil /2010 14:51

ACTA

 SANCTORUM

 JULII

Ex  Latinis & Græcis, aliarumque gentium

Monumentis, servatâ primigeniâ veterum Scriptorum phrasi,

COLLECTA, DIGESTA,

Commentariisque & Observationibus

ILLUSTRATA

A JOANNE BAPT. SOLLERIO,

JOANNE PINIO,

GUILIELMO CUPERO,

PETRO BOSCHIO

 E SOCIETATE JESU PRESBYTERIS THEOLOGIS.

TOMUS VI

Quo dies vicesimus quintus, vicesimus sextus, vice-

simus septimus & vicesimus octavus continentur,

cum Tractatu præliminario historico-chronologico

DE LITURGIA MOZARABICA

AUCTORE JOANNE PINIO

IHS

ANTVERPIÆ

APUD JACOBUM DU MOULIN

MDCCXXIX.

[1729]

 

Passio ex Ms nostro membranaceo Fuldensi satis antiquo

Auctore anonymo conscripta

Caput I

 

Sanctus ad multorum conversionem  mittitur, regi Dagno sistitur; Nicæam & Aquilinam convertit

 

In nomine Jesu Christi. In tempore illo, regnante Dagno in civitate Samo homo venit de insula, genere Canineorum , & ostensum est ei à Domino, ut baptizaretur baptismo sancto, quem ostendit  Dominus Jesus Christus in seculo suo : & ostensum est ei, quoniam multæ generationes per te credere habent, in Dominum Jesum Christum ; & vocabuntur filii Dei vivi. Ipse autem sanctus, ex toto corde orans, ecce nebula  de cælo descendit, & inluxit super eum : & venit ei vox de cælo, dicens : Serve electe Dei, ecce accepisti baptismum in nomine Domini & sanctæ Trinitatis. Et ingressus ipse Sanctus intra Syriam, orabat dicens : Gloria tibi Deus, qui convertis ignorantes, & adducis in viam veritatis ; mutas linguas ferarum, & das eis linguam humanam. Et ingressus in ipsam civitatem, orabat dicens : Domine, qui fecisti Adam, & dedisti ei scientiam, ut agnosceret viam veritatis ; da & mihi, servo tuo, ut doceam populum istum, qui erravit.

2. Et orante eo, exivit mulier de civitate ut iret, & adoraret idola : & videns ipsum Sanctum, contremuit : & facies eius mutata est, videns corpus hominis, caput autem canis : & cucurrit ad civitatem, & clamabat dicens : Venite & videte mirabilia, quæ adhuc nullus potuit videre. Et exierunt turbæ multæ, & videre ipsum Sanctum stantem, & orantem juxta ecclesiam ; & respiciens ad illum populum, orabat dicens : Domine Deus omnipotens, da mihi, ut credant per me nomini sancto tuo  Et tenens virgam ferream in manu sua, fixit eam in terram, & dixit : Domine Deus meus, fac virgam meam florere, & ramos bonos habere & folia formosa ; quomodo mutasti in Cana Galileæ aquam in vinum. Multi autem videntes, quoniam virga illa floruit, crediderunt in eum de hac civitate  millia hominum decem & octo, & baptizati sunt de manu ejus.

3. Audiens autem Dagnus rex, transmisit ad eum ducentos milites, ut eum ad se exhiberent. Videntes autem milites eum, timuerunt adpropriare ad illum; & transmisit alios ducentos. Et venientes milites ad ipsum, viderunt eum stantem & orantem ; & ipsi orare cœperunt cum eo. Complens vero orationem suam, surrexit : &  dixerunt milites ad eum : Domine, rex desiderat videre te. Et respondit ad eum : Si voluntatis meæ est, veniam ; si non, non veniam : tamen venio vobiscum. Et ingressus ante conspectum Dagni,videns eum rex, quoniam magnus erat, statim conruit de consistorio, in quo sedebat, & postmodum surrexit, & sedens pro tribunali, interrogabat eum dicens : Quis es tu, aut unde es, aut quod nomen tuum ? Responsit sanctus Christophorus : Ex nativitate mea Reprobus dictus sum : post baptismum sanctum Christophorus vocor. Dicit autem rex ad illum : Canine, & fax mala, non sacrificas diis meis magnis ?

4. Responsit sanctus Christophorus & dixit ei : Vere bene vocatus es Dagnus quia tu es pars mortis, & conjux patris tui diaboli : dii autem quos mihi dicis sacrificare, vani sunt. Oculos habent, & non vident ; aures habent, & non audiunt ; nec ipsos, qui adorant eos, adjuvare possunt : quoniam aurei, argentei, & lignei sunt ; dii autem, qui non fecerunt cælum & terram, pereant. Tu autem tamquam stultus adoras eos. Utinam audires me & adorares Dominum qui fecit cælum et terram ! quoniam potest te liberare de igne & dimittere peccata tua. Ipse autem stultus Rex intra se dicebat : Quomodo possim istum, qui inter feras nutritus est, vincere, si non inveniam diversa tormenta ? Et jussit eum rex mitti in carcerem. Ecce illi quadringenti milites venerunt ante conspectum Dagni, & jactaverunt omnes arma sua ante illum, dicentes :  Et nos credimus in Deum sancto Christophori, & adoramus eum. Et dixit rex : Numquid & vos maleficati estis, quod ipsum vultis sequi ? Venite autem, & adorate deos meos, & dono vobis aurum & argentum immensurabile ; & in honore magno constituo vos.

5. Dixerunt milites ad illum : Aurum & argentum tecum sit in perditione : nos autem semel baptizati sumus & credimus in sanctam Trinitatem. Iratus autem rex jussit eos decollari. Ipsi vero propter gratiam sancti Christi [Christophori] impleverunt martyrium. Tunc jussit rex, ut venirent ad eum duæ puellæ  pulchræ, & includi cum sancto Christophoro in carcere, Nicæa & Aquilina,& promisit eis aurum & argentum, & lapides pretiosos, ut facerent eum secum peccare, & sacrificare diis. Ingressæ autem ad Famulum Dei, viderunt faciem ejus tamquam flammam ignis, & ceciderunt in facies suas ab hora tertia usque ad horam sextam. Cum vero complesset sanctus Dei Christophorus  orationem, dixit ad illas : Levate vos, filiæ meæ, nolite timere : stare autem habet ante judicium Dei qui vos transmisit ad me. Et interrogabat eas, dicens : Quod est artificium vestrum ? Et responderunt : Ora pro nobis, famule Dei, ut dimittat Dominus peccata nostra, opera autem maritorum [meretricum] est : & quod accipiebamus de corpore nostro, pauperibus erogabamus, nudos vestiebamus, captivos redimebamus, esurientes satiabamus.

6. Dixit eis sanctus Christophorus : Negate ergo Jovem et Apollinem, & omnia idola vestra, & communicate mecum in oratione; & ego spero  in Deum meum, quoniam ipse dimittet vobis peccata vestra. Responderunt illæ et dixerunt : Ora pro nobis ; quia credimus in Deum tuum : quoniam tecum perferemus martyrium. Alia autem die jussit eas rex exire de carcere & interpellare Deum suum . Responderunt illæ dicentes : Utinam audires nos & adorares Dominum Deum sancti Christophori. Respondit rex & dixit ad Nicæam & Aquilinam : Numquid & vos maleficatæ estis de illo malefico, ut & vos negaretis  deos meos magnos ? Cogitate autem propter pulchritudinem vestram, & sacrificate diis meis : si autem nolueritis, male vos faciam perire à facie terræ. Responderunt illæ & dixerunt : Si volueris, ut sacrificemus diis tuis, jube mundari plateas totas, & exeat præco clamans, ut omnes congregentur in templum, quoniam Nicæa & Aquilina sacrificare habent diis.

7. Tunc congregatus est populus magnus : & dixit rex ad populum : Nicæa & Aquilina sacrificare habent diis. Et venientes ad templum, respiciebant in carcerem, ubi erat inclusus sanctus Christophorus : & clamabant voce magna dicentes : Ora pro nobis, Famule Dei, ut liberet nos Deus de idolis his. Et ubi ingressæ sunt in templum, clamabant : Dii paganorum, audite nos. Hoc cum ter dixissent, non erat vox in illis. Et dicebant ad populum : Ne fortè somnum ceperint, & non audiant , aut aliquo artificio operentur, & non illis vacet. Tunc Nicæa solvit cinctorium suum, & posuit in collo Jovis, & traxerunt ambæ, & jactaverunt eum in faciem suam,& contriverunt eum. Similiter fecerunt & Apollini, & dixerunt : Si Dii estis, levate & adjuvate vosmetipsos. Audiens autem Dagno rex [sic], quod Nicæa & Aquilina deos suos contriverunt, veniens dixit ad illas : Ego vos rogaveram, ut diis meis sacrificaretis, & non conlideretis. Respondentes dixerunt : Nos lapides conlisimus ; stulte tales sunt dii tui,ut a mulieribus conliderentur.

8. Respondit rex & dixit eis : Quoniam illi malefico credidistis & læsistis deos meos, male vos faciam perire ab hoc seculo ; ut Christophorus videat perditionem vestram & sacrificet diis meis. Et jussit rex ferreas catenas in manibus & pedibus Aquilinæ mitti : & jussit eam suspendi & mitti lapidem magnum pedibus ejus, ut membra ejus disrumperentur. Ipsa autem elevans oculos suos, videbat sanctum Christophorum orantem : et clamabat ad eum dicens : Famule Dei, ora pro me, quoniam in nomine Dei tui accipio meam coronam in omni bono, & Spiritu sancto. Postea audivit vocem magnam dicentem : Accipe tuam coronam : intra in gratiam Dei tui. Et Nicæa vidit eam & orans dixit : Domine deus sancti Christophori, noli me separare de mea sorore, sed cum ea me dignare coronare. Et jussit rex , ut veniret Nicæa ante conspectum ejus ; & dixit ad eam : Adhuc in stultitia tua perseveras ? Audi me & sacrifica diis meis, ut non amplius tormenta, quæ passa est soror tua, & tu patiaris.

 

Caput II


Ambarum martyrium ;  Sancti cruciatus ac mors ;  tyrannus cæcitate punitus, & ab eadem liberatus, ejusdem edictum pro Christianis .

 

Nicæ a respondit : Tormenta tua mihi dulcedo sunt, & mors tua, vita æterna est. Tunc jussit rex ligari manus & pedes ejus, & dentes ejus singulariter expelli, ut præ dolore respondere non posset. Ipsa verò amplius clamabat & dicebat : Ego tormenta tua non timebo ; habeo autem Sanctum adjutorem, qui potest me liberare de manibus tuis. Iratus autem rex jussit exhiberi ligna multa, & fieri pyram ingentem ; & jussit eam ibi concremari. Ipsa autem in medio flammæ stabat & clamabat : Domine, qui misisti angelum tuum in caminum trium puerorum, & liberasti eos de flamma ignis, ita & me liberes de igne isto, ut erubescat tyrannus iste Et tunc solutæ sunt manus & pedes ejus , & stabat in medio igne: &  facta est flamma illa tamquam ros, qui de cælo descendit . Videns autem tyrannus quia nihil poterat eam [ei] nocere, jussit eam decollari, & complevit coronam suam in testimonio magno. 

10. Multus autem populus exspectabat gloriosam passionem ipsarum, quoniam vicerunt illum tyrannum, & crediderunt in Deum sancti Christophori, & clamabat omnis populus : Magnus Deus Christianorum.  Iratus autem rex dixit in corde suo : Si non perdidero istum maleficum à facie terræ, in maleficiis suis totum seculum ad se trahere habet, ut omnes in illum credant. Et jussit rex venire eum in conspectum suum, & dixit : Canine, & fax mala, non sacrificas diis meis ? Usquequo  in hac fide stas ? & quamdiu te possum sustinere? Sacrificas diis meis an non ? Respondit ei & dixit : Ego volo te adduci in fide bona,ut relinquas malum,& adores Christum meum : qui potestatem habet in vita & in morte tua. Et dixit rex : Adhuc in stultitia hac stas ? Et quamdiu te possum sustinere ? Respondens sanctus Christophorus dixit : ego non sum stultus, sed sum servus Domini Jesu Christi ; tu autem stultus es, & insipiens, qui non confiteris Dominum Jesum Christum, sed confiteris satanam patrem tuum. Et iratus rex jussit ligari manus & pedes ejus  & cædi ad virgas ferreas, & mitti in caput ejus cassidem igneam. Tunc dixerunt tres ex consulibus : Beatus fueras  Dagne , si natus non fuisses, quoniam talia tormenta fieri jussisti Famulo Dei. Iratus rex jussit eos decollari .

11. Tunc sanctus Christophorus dixit ad eum : si amplius potueris tormenta mihi facere, fac, rex stulte : mihi vita æterna est, & dulciora super mel & favum tormenta tua. Tunc jussit rex fieri scamnum ferreum secundum statum ejus. Et venerunt artifices & tulerunt mensuram ejus, quæ erat cubitorum duodecim. Et factum est secundum jussionem regis, & posuerunt eum in medium civitatis, [&] jussit eum ibi ligari, & ignem supponi : & jussit quadraginta orcas olei mitti super eum. Respondit Sanctus Dei de medio igne ; & dixit : Hæc tormenta tua, quæ mihi facis in tua turpitudine, & diis tuis [consumentur]. Ego semel tibi dixi : quia non timebo tormenta tua, nec iram tuam. Cum hæc dixisset de multitudine flammæ, scamnum illud factum est tamquam cera. Veniens autem rex, & videns sanctum Christophorum in medio igne stantem & orantem ( & erat facies ejus tamquam rosa nova)videns eum rex, cecidit in faciem suam à timore magno  ab hora  prima usque ad horam nonam.

12. Postquam verò surrexit, dixit sancto Chistophoro : Fera mala, non tibi sufficiunt peccata animarum, quas errare fecisti, & non permisisti sacrificare diis ; sed omnem populum meum traxisti ad te ? Respondit sanctus Christophorus & dixit : Adhuc multæ animæ per me credere habent [in] Dominum Jesum Christum, & tu ipse. Et blasphemavit rex eum : & dixit ad sanctum Christophorum : Numquid & me vis in tuis maleficiis adducere ? Et iratus valde rex dicit ad sanctum Christophorum : Sic mihi faciant dii mei, & sic mihi reddant, si non crastinà istà horà  perdidero animam tuam & ad exemplum omnium te faciam pervenire. Alia autem die jussit adduci sanctum Christophorum : & cum venisset ante conspectum ejus, dicit ad eum : Jam sacrifica diis & intellige verba mea, ut non per multa tormenta pereas. Sanctus Christophorus dixit : Ego diis tuis  abominationem feci ; quia fidem meam habeo, quam in baptismo accepi.

13. Tunc jussit rex exhiberi lignum magnum secundum statum ejus, & poni ante palatium ; & vocati sunt milites & jussit famulum Dei Christophorum ad lignum adligari. Et venientes milites secundum ordinationem regis  ternas sagittas sagittaverunt super eum, ut citius interficeretur Famulus Dei. Et dixit rex : Videamus si Dominus ejus  potest venire, & liberare eum de manibus meis, & de sagittis his. Et sagittaverunt eum ab hora prima usque horam duodecimam : & putabat rex stultus  quod totæ sagittæ in corpore ejus  fixæ essent. Sagittæ autem suspendebantur à vento à dextris atque sinistris ejus : & nulla ex his corpus ejus  tetigit. Et post solis occasum, jussit eum rex dimitti ligatum, & custodiri eum, ne fortè à Christianis nocte solveretur. Multus autem populus exspectabat excipere corpus ejus.

14. Alio verò die dicit rex : Eamus & videamus illum maleficum. Et veniens ad eum dixit ei : Ubi est deus tuus ?Veniat & liberet te de manibus meis, & de sagittis his. Statim exsiliens una de sagittis ingressa est in oculum regis et excæcavit eum, & dixit sanctus Christophorus : Tibi dico, tyranne stulte, si credis : ego crastino, horâ octavâ, accipio meam coronam in omni bono. Et hoc mihi Dominus ostendere dignatus est. Veniunt multi Christiani, & accipiunt corpus meum, & ponunt illud in locum orationis ; tu autem veni in illo loco & fac lutum cum sanguine in nomine Domini nostri Jesu Christi ; & pone in oculum tuum, & salvus fueris. Et tunc adpropriavit hora, ut coronaretur Sanctus Dei. Aperuit os suum in oratione & dixit :

15. Domine Deus meus , qui eduxisti me de errore in scientiam hanc, quod te rogo, præsta mihi & in quo loco posuerint corpus meum, non ibi ingrediatur grando, non ita flammæ, non fames, non mortalitas : & in civitate illa & in illis locis, si fuerint ibi malefici, aut demoniaci, & veniunt & orant ex toto corde, &  propter nomen tuum nominant nomen meum in orationibus, salvi fiant. Et venit ei vox de cælo dicens : Christophore famule meus, ubi est corpus tuum & ubi non est ; commemorantur autem in oratione sua nomen tuum : quidquid petierint, accipiant,& salvi fiant. Complens autem suum martyrium bonum, coronatur mense Julio VIII kal. Augustas.

Sunt enim numero qui crediderunt in nomine Jesu Christi per sanctum Christophorum, millia hominum quadraginta & octo, & animæ centum undecim. Alia vero die dixit rex : Eamus, & videamus ubi posuerunt eum. Et veniens in illum locum, clamavit voce magna dicens : Christophore famule Dei , ostende mihi virtutem Dei tui, ut & ego credam in eum. Et tullit terram de loco illo, ubi passus est, cum modico sanguine ejus, & posuit in oculum suum in nomine Dei Christophori ; & in ipsa hora aperti sunt oculi ejus. Tunc rex clamavit voce magna dicens : Gloria tibi, Deus Christianorum ; qui facis voluntatem timentibus te, & ego ab hodierno die [ponam] præceptum meum in omni populo, & in omni lingua ; [ut] quisque blasphemaverit Deum Christianorum, gladio percutiatur. Hanc orationem constituit sanctus Christophorus : Domine Jesu Christe præsta bonam mercedem scribentibus & legentibus passionem meam, qui regnas  cum Patre & Spiritu sancto, in secula seculorum . Amen

 

 

 



[Commemoraverint ]

Finis hujus passionis  cum principio , & cum his ea quæ sunt media adeo constant ex ineptiis , & in dramaticis commentis consonant , ut culpam severioris , quam par sit adversus ea censura commeruisse non videatur : de qua pluribus  mentem nostram exposuimus in Commentario prævio. 

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Samedi 10 juillet 2010 6 10 /07 /Juil /2010 14:39

Actes des Saints de juillet

Réunis, classés et enrichis 

de  commentaires et d’observations

D’APRES DES DOCUMENTS LATINS, GRECS ET D’AUTRES PEUPLES

EN PRÉSERVANT L’EXPRESSION PRIMITIVE DES ANCIENS AUTEURS

PAR JEAN BAPTISTE SOLLERIUS

JEAN PINIUS

PIERRE BOSCHIUS

PRÊTRES THÉOLOGIENS DE LA SOCIÉTÉ DE JÉSUS

 

TOME VI

 où sont contenus le 25 , le 26, le 27 et le 28 juillet

avec un traité préliminaire historico-chronologique

Sur la liturgie mozarabe

PAR JEAN PINIUS

 

 

IHS

Anvers

Chez Jacques Du Moulin

1729

 

Passion tirée de notre manuscrit de Fulda sur parchemin assez ancien

Rédigée par un auteur anonyme

 

Chapitre  I

 

Le saint est envoyé convertir les foules, il est livré au roi Dagnus, il convertit Nicéa & Aquilina

 

Au nom de Jésus Christ. En ce temps-là sous le règne de Dagnus dans la cité de Samos vint d’une île un homme de la race des Cynocéphales et il lui fut indiqué par Dieu qu’il fût baptisé du saint baptême dont Notre Seigneur Jésus Christ donna de son temps l’exemple. Ceci lui fut révélé : nombre de générations croiront grâce à toi à Notre Seigneur Jésus-Christ et seront appelées fils du Dieu vivant . Or le saint lui-même étant en prière, voici qu’une nuée descendit du ciel et brilla au-dessus de lui et il vint du ciel une voix qui disait : « Serviteur élu de Dieu,  voici que tu as reçu le baptême au nom du Seigneur et de la sainte Trinité. » Et le saint entré en Syrie priait ainsi : « Gloire à toi, Dieu, qui convertis les ignorants et les amènes à la voie de la vérité, qui changes les langues des bêtes et leur donnes la langue des hommes. » Et entrant dans la cité il priait ainsi : « Seigneur qui as créé Adam et lui as donné la science pour qu’il reconnaisse la voie de la vérité, permets à moi aussi, ton serviteur, d’instruire ce peuple qui s’est fourvoyé dans l’erreur. »

2.  Et pendant sa prière, une femme sortit de la ville pour aller adorer les idoles. Voyant le saint, elle trembla et son visage fut changé en lui voyant le corps d’un homme, mais la tête d’un chien. Elle courut à la ville en criant : « Venez et voyez ce que nul n’a pu voir jusqu’ici. » Et des foules de gens sortirent et virent le saint debout et priant à côté d’une église. Et voyant derrière lui tout ce peuple, il priait en ces termes : « Seigneur Dieu tout puissant, accorde-moi qu’ils croient par moi à ton saint nom. » Et tenant en main son bâton ferré, il le planta en terre et dit : « Seigneur mon Dieu, fais que mon bâton fleurisse, qu’il ait de bonnes branches et de belles feuilles, de même qu’à Cana en Galilée, tu as changé l’eau en vin. »  Or beaucoup, voyant que ce bâton fleurissait, crurent en lui, au nombre de dix-huit mille hommes de cette cité et ils furent baptisés de sa main. 

3. Le roi Dagnus l’ayant appris envoya deux cents soldats pour le lui amener. Mais les soldats le voyant craignirent de l’approcher et il en envoya deux cents autres. En venant vers lui, les soldats le virent debout et en prière et eux-mêmes commencèrent à prier avec lui. Achevant sa prière, il se leva et les soldats lui dirent : « Seigneur, le roi désire te voir ». Et il répondit : « Si je le veux, je viendrai, sinon, je ne viendrai pas ; cependant j’irai avec vous. » Quand il fut entré en présence de Dagnus, le roi, voyant qu’il était grand, tomba aussitôt du siège où il se tenait. Enfin se relevant et s’asseyant à son tribunal, il l’interrogea ainsi : « Qui es-tu ? D’où es-tu ? Quel est ton nom ? » Saint Christophe répondit : « Depuis ma naissance on m’a appelé Reprobus, mais depuis mon saint baptême, je m’appelle Christophe, c’est-à-dire Porte-Christ.» Le roi lui dit : « Tête de chien, coquin, tu ne sacrifies pas à mes grands dieux ? »

4. Saint Christophe lui répondit ainsi : « C’est à bon droit que tu t’appelles Dagnus, parce que tu es associé à la mort et à ton père le diable. Or les dieux auxquels tu me dis de sacrifier sont inexistants. Ils ont des yeux et ils ne voient pas, ils ont des oreilles et ils n’entendent pas, et ils ne peuvent aider ceux qui les adorent parce qu’ils sont en or, en argent et en bois. Périssent des dieux qui n’ont fait ni le ciel ni la terre ! Toi comme un idiot tu les adores. Si seulement tu m’écoutais et si tu adorais le maître qui a fait le ciel et la terre! Lui peut te délivrer du feu et te remettre tes péchés. »  Le roi se disait dans son cœur : « Comment pourrais-je venir à bout de cet individu qui a été élevé chez les bêtes sauvages si je ne trouve pas divers supplices ? » Et le roi ordonna de le mettre en prison. Et voici que ses quatre cents soldats se présentèrent à Dagnus et jetèrent tous leurs armes à ses pieds, disant : « Nous aussi nous croyons au Dieu de saint Christophe et nous l’adorons. » Et le roi dit : « Est-ce que vous êtes ensorcelés aussi pour vouloir le suivre ? Mais venez donc et adorez mes dieux et je vous procurerai  de grands honneurs. »

5. Les soldats lui dirent : « Que ton or et ton argent se perdent avec toi ; nous, nous sommes baptisés une fois pour toutes et nous croyons à la sainte Trinité. » Alors le roi irrité ordonna de les décapiter. Eux de leur côté pour l’amour de saint Christophe subirent le martyre. Alors le roi ordonna de faire venir deux belles filles, Nicéa & Aquilina, et de les enfermer dans la prison en compagnie de saint Christophe. Il leur promit de l’or, de l’argent et des pierres précieuses pour qu’elles l’amènent à pécher avec elles et à sacrifier aux idoles. Mais entrées auprès du Serviteur de Dieu, elles virent son visage comme une flamme de feu et tombèrent face contre terre de la troisième à la sixième heure. Quand le saint eut achevé sa prière, il leur dit : « Levez-vous, mes filles, ne craignez pas.  Celui qui vous a envoyées à moi aura à subir le jugement de Dieu. » Il les interrogeait, disant : « Quel est votre métier ? » Elles répondirent : « Prie pour nous, Serviteur de Dieu, pour que le Seigneur nous remette nos péchés. Notre métier est la prostitution. Et ce que nous gagnions au moyen de notre corps nous servait à  donner aux pauvres, à vêtir ceux qui étaient nus, à racheter les captifs et à rassasier les affamés.»

6. Saint Christophe leur dit : « Reniez donc Jupiter et Apollon et toutes vos idoles, unissez-vous à moi dans la prière et j’espère que mon Dieu vous remettra vos péchés.» Elles lui répondirent : « Prie pour nous, parce que nous croyons en ton Dieu et que nous souffrirons le martyre avec toi. » Le jour suivant, le roi les fit sortir de la prison et invoquer son dieu. Elles lui répondirent : « Si seulement tu nous écoutais et adorais le Seigneur Dieu de saint Christophe ! » Le roi répondit à Nicéa et Aquilina : « Est-ce que vous aussi, vous êtes ensorcelées par ce sorcier au point que vous reniez mes grands dieux ? Songez à votre beauté et sacrifiez à mes dieux : si vous ne le voulez pas, je vous ferai périr dans la douleur et disparaître de la face de la terre. » Elles lui répondirent : « Si tu veux que nous sacrifiions à tes dieux, ordonne que l’on nettoie toutes les places et fais annoncer par le crieur public que tout le monde se rassemble au temple, parce que Nicéa et Aquilina vont sacrifier aux dieux. »

7. Alors se rassembla une grande foule et le roi dit au peuple : « Nicéa et Aquilina vont sacrifier aux dieux. » Et en allant au temple, elles regardaient vers la prison où était enfermé saint Christophe et criaient à haute voix : « Prie pour nous, Serviteur de Dieu, afin que Dieu nous délivre de ces idoles-ci. » Et quand elles furent entrées dans le temple, elles crièrent : « Dieux des païens, écoutez-nous. »  Quand elles l’eurent dit trois fois, ils étaient restés sans voix. Et elles disaient au peuple : « Est-ce que par hasard ils dorment et n’entendent pas ?  Ou sont-ils occupés à quelque chose et n’ont-ils pas le temps ? » Alors Nicéa détacha sa ceinture et la passa au cou de Jupiter, elles tirèrent toutes deux, le firent tomber en avant face contre terre et le foulèrent en morceaux. Elles firent de même à Apollon et dirent : « Si vous êtes des dieux, levez-vous et aidez-vous ». Mais apprenant que Nicéa et Aquilina avaient piétiné ses dieux, le roi Dagnus vint et leur dit : « Je vous avais demandé de sacrifier à mes dieux, pas de les briser. » Elles lui répondirent : « Nous avons brisé des pierres. Tes dieux sont tout bêtement capables d’être brisés par des femmes. »

8. Le roi leur répondit : « Puisque vous avez cru à ce sorcier et que vous avez frappé mes dieux, je vous ferai périr pour que Christophe voie votre fin et sacrifie à mes dieux. » Et le roi ordonna que l’on mît des chaînes de fer aux mains et aux pieds d’Aquilina, qu’on la suspendît et qu’une grosse pierre fût accrochée à ses pieds de sorte que ses membres fussent arrachés. Mais elle levant les yeux voyait saint Christophe en prière et criait vers lui : « Serviteur de Dieu,  prie pour moi, car au nom de ton Dieu, je reçois ma couronne en tout bien, dans l’Esprit saint. » Ensuite elle entendit une grande voix qui disait : « Reçois ta couronne, entre dans la grâce de ton Dieu. » Et Nicéa la vit et pria en ces termes : « Dieu de saint Christophe, ne me sépare pas de ma sœur, mais daigne me couronner avec elle. » Et le roi fit venir Nicéa en sa présence et lui dit : « Tu persévères à ce point dans ta stupidité ? Ecoute-moi et sacrifie à mes dieux pour ne pas subir aussi les tortures qu’a subies ta sœur. »

 

Chapitre II.

 

Le martyre des deux filles,  les tourments et la mort du saint, le tyran puni par la perte de ses yeux, et guéri de la cécité, son édit en faveur des chrétiens.

 

9. Nicéa répondit :  « Tes tortures sont une douceur pour moi, et la mort que tu m’infliges est pour moi la vie éternelle. » Alors le roi ordonna de lui lier les mains et les pieds et de lui arracher une dent après l’autre afin que la douleur  l’empêchât de répondre. Mais elle criait plus fort et disait : « Je ne crains pas tes tortures, j’ai pour protecteur un saint qui peut me délivrer de tes mains. » Mais le roi irrité ordonna de quérir beaucoup de bois, d’en faire un immense bûcher et de l’y brûler. Elle se tenait au milieu des flammes et clamait : « Seigneur, toi qui as envoyé ton ange dans la fournaise des trois enfants et les a délivrés de la flamme du feu, libère-moi aussi de ce feu pour faire rougir de confusion ce tyran. » Alors ses mains et ses pieds furent délivrés et elle se tenait au milieu du feu et la flamme devint comme une rosée qui descend du ciel.  Le tyran, voyant qu’il ne pouvait lui faire aucun mal, ordonna de lui couper la tête et elle obtint sa couronne en laissant un grand témoignage.

10. Une foule considérable assistait à leur glorieuse passion, parce qu’elles triomphaient du tyran et crut au Dieu de saint Christophe et tout le peuple criait : « Il est grand, le Dieu des chrétiens ! »  Le roi irrité se disait en son cœur : « Si je ne fais pas disparaître de la face de la terre ce sorcier, il va attirer à lui tout le monde pour que tous croient en lui. » Et le roi le fit venir en sa présence et dit : « Tête de chien, fléau, tu ne sacrifies pas à mes dieux ? Jusqu’à quand t’en tiendras-tu à ta croyance ?  Et combien de temps pourrai-je te supporter ?  Sacrifieras-tu ou non ? »  Il lui répondit : « Je veux que tu sois amené à la vraie foi pour que tu abandonnes le mal et que tu adores mon Christ, qui a pouvoir sur ta vie et ta mort. » Et le roi lui dit : « Tu es si borné dans ta sottise ? Et combien de temps pourrai-je te supporter ? » Saint Christophe lui dit en réponse : « Moi, je ne suis pas stupide, je suis le serviteur de mon Seigneur Jésus Christ, mais toi, tu es stupide et fou de ne pas confesser notre Seigneur Jésus Christ, mais de professer ton père Satan.» Le roi irrité ordonna de lui lier les mains et les pieds, de le frapper de verges de fer et de mettre sur sa tête un casque de métal chauffé au feu. Alors trois des consuls lui dirent : «Bienheureux, Dagnus, si tu n’étais pas né, puisque tu as infligé par tes ordres de tels tourments au Serviteur de Dieu.» Le roi irrité ordonna de leur couper la tête.

11.  Alors saint Christophe lui dit : « Si tu peux continuer de me tourmenter, fais-le, roi stupide, moi, j’aurai la vie éternelle et tes tortures me sont plus douces qu’un rayon de miel. »  Alors le roi fit faire un banc de fer à sa mesure. Et des ouvriers vinrent et prirent ses mesures qui étaient de douze coudées. Il fut fait selon l’ordre du roi et ils le placèrent au milieu de la cité, il ordonna d’y attacher Christophe, d’allumer du feu dessous et de répandre quarante jarres d’huile sur lui. Le Saint de Dieu lui répondit du milieu du feu en disant : « Voilà les tourments que tu m’infliges au nom de tes croyances honteuses et pour tes dieux. Je t’ai dit une fois pour toutes que je ne crains pas tes tortures ni ta colère. » Quand il eut dit cela du milieu des flammes, ce banc devint comme de la cire. Le roi approchant et voyant saint Christophe au milieu du feu debout et en prière, (et sa face était comme une rose fraîche), le roi donc en le voyant, tomba de peur, face contre terre, de la première à la neuvième heure.

12. Quand il se fut relevé, il dit à saint Christophe : « Bête nuisible, tu ne te satisfais pas des péchés des âmes que tu as entraînées dans l’erreur et que tu as empêchées de sacrifier aux dieux, mais tu as tiré à toi tout mon peuple ? » Saint Christophe lui dit : « Désormais beaucoup d’âmes vont croire par moi  en notre Seigneur Jésus Christ, et toi aussi. » Le roi blasphéma et dit à saint Christophe : « Est-ce que tu veux m’amener aussi à tes pratiques de sorcellerie ? » Et le roi fort irrité dit à saint Christophe : « Que mes dieux  me fassent à moi comme à toi et qu’ils me le rendent si demain à cette heure, je ne t’ai pas fait perdre la vie et devenir un exemple pour tout un chacun. »

Le lendemain, il fit amener saint Christophe et quand il fut devant lui, il lui dit : « Sacrifie aux dieux  maintenant et écoute-moi bien pour ne pas périr dans de nombreux tourments. » Saint Christophe dit : « J’ai renoncé à tes dieux parce que j’ai la foi que j’ai reçue dans le baptême. »

13. Alors le roi fit amener un grand tronc convenant à sa taille et le fit dresser devant le palais. Il convoqua des soldats et fit attacher le serviteur de Dieu Christophe au bois. Et les soldats venant selon l’ordre du roi  lui envoyèrent des flèches trois par trois afin que le serviteur de Dieu fût tué plus vite. Et le roi dit : « Voyons si son Seigneur peut venir et le délivrer de mes mains et de ces flèches. » Et ils lui lancèrent des flèches de la première à la douzième heure et le roi stupide pensait que toutes les flèches étaient fichées dans son corps. Mais les flèches étaient détournées par le vent à gauche et à droite et aucune n’atteignit son corps. Et après le coucher du soleil, le roi  ordonna de l’emmener attaché et de le garder, pour éviter qu’il ne fût détaché nuitamment par les chrétiens .  Car une grande foule attendait de recueillir son corps.

14. Le lendemain, le roi dit : « Allons et voyons ce scélérat. » Et allant à lui, il dit : « Où est ton Dieu ? Qu’il vienne et te libère de mes mains et de ces flèches. » Aussitôt l’une des flèches jaillit et entra dans l’œil du roi et l’aveugla. Saint Christophe dit :  « Je te le dis, tyran stupide, si tu  m’en crois : demain, à la huitième heure, je reçois ma couronne en tout bien. Et Dieu a daigné me révéler ceci : Beaucoup de chrétiens viennent et prennent mon corps et le déposent dans un lieu de prière. Toi, vas à ce lieu et fais de la boue avec mon sang au nom de notre Seigneur Jésus Christ et pose-la sur ton œil et tu seras guéri. » Et alors approcha  pour le saint de Dieu l’heure de son couronnement. Il ouvrit la bouche et pria : 

15. « Seigneur mon  Dieu, qui m’as tiré de l’erreur et m’as amené à la connaissance que j’ai, accorde-moi ce que je te demande et qu’au lieu où ils auront posé mon corps, n’entrent ni la grêle, ni les flammes, ni la faim , ni l’épidémie.  Dans cette ville et dans ces lieux , s’il s’y trouve des sorciers et des possédés du démon, s’ils viennent et prient de tout leur cœur, et pour ton nom me nomment dans leurs prières, qu’ils soient sauvés. » Et il lui  vint une voix du ciel disant : « Christophe, mon serviteur, là où est ton corps et là où il n’est pas, s’ils ont fait mémoire de ton nom dans leur prière, quoi qu’ils aient demandé, ils l’obtiendront et seront sauvés. » Accomplissant son martyre parfait, il fut couronné au mois de juillet, le huitième jour avant les kalendes d’août [le 25 juillet ].

Le nombre des hommes qui ont cru au nom de Jésus Christ par saint Christophe s’élève à quarante-huit mille et cent onze âmes. Le lendemain, le roi dit : « Allons et voyons où ils l’ont mis. » Et se rendant en ce lieu, il s’écria : « Christophe, serviteur de Dieu, montre-moi la puissance de ton Dieu afin que moi aussi je croie en lui. » Et il prit de la terre de l’endroit où  le saint avait reçu la mort avec un peu de son sang et il le posa sur son œil au nom du Dieu de Christophe et dans l’heure même ses yeux s’ouvrirent. Alors le roi cria à haute voix : « Gloire à toi, Dieu des Chrétiens, qui exauces ceux qui te craignent. Quant à moi, dès aujourd’hui, je publierai mon décret dans tout le peuple et en toute langue : « Quiconque aura blasphémé le Dieu des Chrétiens, qu’il soit frappé par le glaive. » Saint Christophe instaura cette prière : « Seigneur Jésus, accorde une bonne récompense à ceux qui écrivent et à ceux qui lisent ma passion, toi qui règnes avec le Père et le Saint Esprit dans les siècles des siècles. Amen. »

 

 

Traduction de Michel Wiedemann

Bordeaux , le 10 juillet 2010

 

 

 

 

 

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Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /Jan /2010 00:00

L'IMAGINAIRE DE LA RÉFORME DE L'ORTHOGRAPHE EN FRANCE

AU XIXe ET AU XXe SIECLE

par Michel WIEDEMANN

©

Maître de conférence à l’Université de Bordeaux III

 

 Ce texte est une version remaniée de la conférence donnée par l’auteur  à la Maison des Sciences de l’Homme d'Aquitaine, le 1er février 1984, dans un cycle organisé par le Laboratoire Pluridisciplinaire de Recherches sur l'Imagination Littéraire (LAPRIL) de l'Université de Bordeaux III. Il a été publié dans Eidôlon, Cahiers du laboratoire pluridisciplinaire de recherches sur l'imagination   littéraire, Université de Bordeaux III, N°26, sous-titré Fantasmographie, octobre 1985, pp. 101-150,  fascicule épuisé chez l’éditeur. Nous avons décidé de le rendre accessible par internet sans changement ni actualisation de la bibliographie . 

 

 

On discute de la réforme de l’orthographe française depuis le seizième siècle. Il n'y a pas une crise subite, mais plutôt une inadaptation congénitale de notre orthographe à ses fins. Les diffi­cultés qui en résultent sont connues de tous les maîtres et de tous les écoliers. On a proposé d'y remédier par une pédagogie plus étudiée, par de nouveaux alphabets ou par une réforme de l’orthographe qui ne touche pas à l’alphabet ou qui recourt à des signes nouveaux. De plus ambitieux ou de plus fous ont proposé de changer la langue elle-même, et leurs vastes projets ont un chapitre consacré à l’orthographe. L'histoire de ces idées a déjà été faite (1), nous nous contenterons de voir la part de l’imagination dans les projets du XIXe et du XXe siècle, des plus scientifiques aux plus fantaisistes.                                                                                     

1 - Les pédagogues

Les pédagogues constatent les difficultés de l’enfant.

"Un temps long, pénible et quelquefois dégoûtant est un obstacle inévitable qu'un enfant qui doit apprendre à lire rencontre aux premiers pas qu'il fait dans la carrière des lettres ; s'il le surmonte, c'est pour en rencontrer de plus grands lorsqu'il s'agit d'écrire correctement d'après l’orthographe même la plus commune" (2).

 

Mais ceux dont nous avons étudié les brevets sont opti­mistes. Assez sûrs de leur invention pour engager les frais considé­rables d'un brevet dont ils espèrent des droits d'auteur, ils  ont de vastes ambitions qu'un petit truc permet d'atteindre à coup sûr. M. André Louis Edouard HYRIER BONNEFONT DE PUYCOUSIN invente la "Technicographie instantanée ou L'orthographe des quarante mille mots usuels de la langue française enseignée en six heures de leçons" (3). Bien qu'il soit moins rapide, M. Joseph MARTIN, déjà cité,

"espère avoir trouvé le moyen d'enseigner dans moins de vingt leçons presque toutes les difficultés que présen­tent les quarante mille mots dont se compose la langue française... L'expérience a déjà prouvé à l’auteur de cet ouvrage qu'il pouvait annoncer un succès prodigieux dont il se rend responsable à l’égard de tous ceux qui vou­dront suivre sa méthode" (4).

M. Jean Antoine Marie COLLOMBET propose une "Nouvelle Méthode Anagnosigraphique pour apprendre à lire et à écrire en peu de leçons, démontrée simultanément ; ainsi que les premiers élémens de l'orthographe et de la prononciation française" (5):

"II faut surtout s'occuper d'accélérer et de simplifier l’instruction primaire pour cette classe de la société qui a peu de temps et d'argent à lui consacrer. Un fait incontestable, c'est que la civilisation et l’industrie font des progrès rapides, qu'une émulation active se dis­tingue partout, que des résultats immenses sont le prix de ce mouvement, et que pour favoriser le développement de ses richesses dans la classe ouvrière et agricole, pour améliorer ses mœurs ; le plus sûr moyen, c'est de leur rendre l'instruction prompte et facile".

M. Simon MIALLE, professeur de sténographie, a lui aussi découvert une "Méthode d'enseigner à lire en peu de leçons" (6) qui doit servir au progrès de l’humanité :

"... la honte qui s'attache aujourd'hui à l’ignorance ; le besoin général de lumières répandu dans toutes les classes de la société ; la nécessité d'apprendre rapidement pour pouvoir suivre les progrès des sciences ainsi que pour améliorer notre situation, tout semble inviter les instituteurs à mettre les méthodes en harmonie avec les besoins de l’époque. Aussi remarque-t-on que tous les esprits tournent leurs méditations de ce côté. Le moment est donc favorable pour tirer la lecture de l'état de chaos dans lequel elle est encore plongée. Une idée bien simple a échappé à tous ceux qui ont tenté la solution de ce grand problème. Possesseur de cette idée féconde et muni de tous les secours qui ont manqué à mes prédéces­seurs, (Note : la connaissance de la sténographie) je me présente sur les rangs, n'ayant d’autres titres que des raisons et des preuves irréfutables".

On voit réunis dans cette longue citation nombre de traits du régime diurne, diaïrétique de l'image (7). L'inventeur se présente comme un éclaireur héroïque en avant de la troupe et affronte le chaos et l’obscurité du multiple à l'aide d'une idée simple qui a manqué aux prétendants antérieurs, pourtant mieux titrés. Cette arme toute-puis­sante a des pouvoirs infinis sur la matière et sur les esprits des élèves et décuple les pouvoirs du maître :

"La monotonie sera détruite par le passage continuel de la lecture à l’écriture, l’attention sera constamment éveil­lée... l’Economie y trouvera même son compte, les tableaux serviront de livres... un maître pourra en instruire un grand nombre à la fois sans beaucoup se fatiguer... Les progrès seront d'autant plus rapides que le succès de la veille assurera les progrès du lendemain et que ces résul­tats variés et journaliers auront trouvé ce véhicule qui triomphe aisément de toute difficulté". (8)

Plutôt qu'une arme, l’invention du pédagogue est l’objet magique, le talisman qui introduit dans un paradis où la peine n'exis­te plus. Quant à sa substance, cet objet peut être une création intel­lectuelle dans le cas d'Adrien FELINE :

"Je fais consister l’invention :

1° Dans l’application du principe phonétique à l’instruction primaire des enfants et des illettrés. La méthode consis­te à apprendre d'abord aux Elèves à lire dans un alphabet phonétique ayant un signe et un seul signe pour chaque son ; et à ne passer à la lecture de l’écriture ordinaire que lorsque les Elèves auront pris une suffisante habitu­de de lire dans l’écriture phonétique" (9).

Mais le plus souvent, l’invention prend une forme maté­rielle. La plus simple est le tableau, tableaux de lecture ou tableaux synoptiques de COLLOMBET, de MARTIN ou d1Edouard de PUYCOUSIN. A les examiner, on remarque que l’application systématique de règles combinatoires a conduit les auteurs à encombrer leurs méthodes — destinées à simplifier le travail des élèves — de maintes "syllabes" qui ne sont guère employées en français, à supposer qu'elles s'y trouvent :

dans MIALLE : zul, xul, jul, dul, rui, xuf, mof, zif, zaf, jin

 

dans MARTIN : splo, yam, yur, vuq, xec,meb, thru, vop, hud, jeq.

 

Des siècles voués aux machines veulent bien sûr les intro­duire dans l’enseignement. En 1841 un mécanicien parisien, Louis Jérô­me Napoléon MOURET, dépose le brevet d'un "Système et mode mécanique d'enseignement dit mécanisme de l’éducation" (10). Il imagine une pé­dagogie où le salaire est le ressort de l’éducation, où la classe, dans une salle octogonale, est subdivisée en groupes que le maître surveille depuis le point central. Chaque élève a un rival désigné qui relève ses fautes, "un adversaire impitoyable qui ne le perd pas un instant de vue", assis face à lui de l'autre côté de la table. Chaque faute fait perdre une partie du capital fourni par les parents et dé­posé dans une Caisse d'épargne. Pour la lecture et l’écriture, le "mé­canisme de l’éducation" consiste en une série de réglettes coulissant dans un cadre. Chacune porte toutes les lettres de l’alphabet et on peut ainsi former des mots à épeler. C'était simple, trop simple. En 1842, l’auteur modifie son mécanisme ; les lettres sont gravées dé­sormais sur des cylindres qui tournent par l’effet de la pesanteur du sable qui s'écoule d'un sablier supérieur dans un sablier inférieur. Mais qui renversera le sablier ? L'auteur, aveuglé par son ingénio­sité, oublie de préciser à quels exercices cette machine peut servir et si elle peut, à supposer qu'elle fonctionne, former des mots plus vite qu'un maître écrivant au tableau noir.

Moins complexe du point de vue mécanique, le "système de caractères phonographes fixes et mobiles" de GALLI (11) représente aux yeux des enfants qui ont à apprendre les lettres des objets dont le nom comporte la lettre considérée. Le "syllabaire compositeur" de TOLOSA, qui consiste en lettres munies d'un goujon que les enfants enfoncent dans un tableau à trous pour former des mots, est qualifié de "procédé mécanique propre à faciliter l’étude de la lecture, de l’écriture, du calcul, de la géographie etc" (12). On rencontre en­core en 1858 un "tableau mécanique à l'aide duquel on peut apprendre à lire, à compter, à conjuguer et à orthographier appelé DOUVILLEOTYPE" du nom de son inventeur (13). Il s’agit d'un tableau à réglet­tes coulissantes, mues par des poulies, des manivelles, des tiges fi­letées, des tringles, des indicateurs coulissants... A quelle fin ?

"Le maître, pour l’enseignement des lettres, n'aura donc qu'à faire monter ou descendre l’indicateur pour venir indiquer la lettre qu'il veut faire connaître".

Si l’on résume les traits de cette machinerie pédagogi­que, on peut la trouver souvent inutilement compliquée, sans propor­tion entre l’énergie consommée et perdue du fait de la mécanique et le résultat obtenu. De plus, ces mécanismes sont trop puissants, en ce sens qu'ils engendrent des formes inconnues dans la langue fran­çaise. Indépendamment de leurs performances réelles, ils ont fasci­né les demi-savants qui en étaient les auteurs et qui en attendaient des effets miraculeux. Mais ne voit-on pas les ministres qui veulent aujourd'hui moderniser la France grâce à l’ordinateur céder aux mê­mes entraînements poussés par des marchands trop bien introduits dans le temple ?

 

 

2 - Les néotypistes et les néographes

II est difficile de séparer les néotypistes des néogra­phes parce que les inventeurs de nouveaux alphabets et les réforma­teurs de l’orthographe ne distinguent pas toujours eux-mêmes leurs fins ni leurs moyens. Un ensemble de caractères inventé pour la sténographie peut être proposé comme écriture ordinaire et devient par là un projet de réforme orthographique. Inversement, les inven­teurs qui se proposent principalement une réforme orthographique remédient aussi aux défauts de l’orthographe de leur temps par des caractères nouveaux comme le j, le v, le w l'ont été (14), par des signes diacritiques, ou par un alphabet complet (15).

Les projets des uns et des autres ont pour but de sur­passer l’écriture en usage par un avantage réputé décisif et c'est déjà un remarquable effet de l’imagination que de rendre les inven­teurs aveugles aux défauts résultant de cet avantage. Citons d'abord les auteurs qui proposent une notation plus ou moins idéographique. Le 22 pluviôse an XIII, 1er de l’Empire de Napoléon, Pierre Alexan­dre LEMARE, directeur de l’Athénée de la jeunesse, et Laurent Mathieu GUILLAUME, imprimeur-libraire à Paris, déposent une demande de brevet des Editions Prototypes pour hâter les progrès dans l’étude des Lan­gues par la traduction des auteurs :

"Les inventeurs se proposent dans l’impression qu'ils fe­ront des auteurs, de noter sur place, sans interrompre le texte et sans renvoi les formes lexiques de chaque mot, c'est-à-dire celles qui se trouvent dans les dictionnaires et qui servent à former les autres, ils notent aussi les tems des verbes, les genres et quand il y a lieu, les cas des noms. Pour cela ils ont créé l’emploi de certains signes qu'ils incorporent dans le mot même... Substantif : un signe, en forme de croissant incorporé dans un mot indique que c'est un substantif, un ou plusieurs pe­tits traits placés sur la convexité du croissant marque le genre ; un trait signifie le masculin, deux, le féminin, trois, le neutre. Les cas, lorsqu'il y a lieu, se marquent par un ou plusieurs points placés dans la concavité du signe

(Exemple :      )...

 

Les inventeurs se proposent d'user de leur procédé en tout ou en partie, avec ou non traduction interlinéaire".

On n'en saura pas plus sur cette tentative qui s'est ar­rêtée à la transcription du seul mot titanos en   

Elle repo­se   en tout cas sur la coupure entre radical et désinence, familière aux élèves instruits dans les langues classiques et qui va inspirer encore d'autres esprits. Le 5 août 1862 le comte Pierre Henri Stanis­las D'ESCAYRAC DE LAUTURE, membre du Conseil Général de Tarn et Ga­ronne, commandant de la Légion d'Honneur, a breveté une Grammaire ana­lytique universelle des signaux (16).

"La transcription alphabétique des mots étant remplacée par l’adoption de signaux convenus, l’invention consiste dans la séparation complète de l’élément lexique (mots) et de l’élément grammatical (flexions, prépositions, ad­verbes) du discours. Le signal de chaque mot, verbe, substantif etc, est invariable, quelque rôle que joue le mot dans la phrase. Ce rôle est indiqué par un signal à part, qui marque le cas, le nombre, le tems , le mode, etc... Les idées les plus simples sont seules classées sous des signaux, les idées complexes sont figurées à l'aide de deux ou plusieurs signaux représentant des idées simples : le mot de Caserne, par exemple, peut se représenter à l'aide de deux signaux signifiant l'un mai­son et l'autre soldat."

Le système aboutit donc à des idéogrammes comparables à ceux du chinois. Les signaux sont groupés en tableaux avec lignes et  colonnes.

"Les mots sont classés, non par ordre alphabétique, mais d'après la nature et l’association des idées qu'ils re­présentent. Les tableaux étant traduits dans diverses lan­gues, chaque dépêche est immédiatement réductible en tou­tes ces langues. La méthode ci-dessus exposée s'applique non seulement aux transmissions de la télégraphie électri­que, mais encore à celles de la télégraphie nautique, de la télégraphie militaire et à la correspondance écrite".

 

Ne retenons de ce projet avorté que les buts visés ; économiser les variations morphologiques des mots, remplacer l’al­phabet par des signaux idéographiques qui substituent un code uni­que à la diversité des langues. Le comte d'ESCAYRAC se rendait-il compte de la complexité des problèmes qu'il expédiait si militaire­ment ? Il ne pouvait aller bien loin dans son projet sans en être arrêté.

Mais rien ne pouvait arrêter GAGNE 1er, Archimonarque de la France et du monde par la grâce de Dieu et de la volonté na­tionale. Pour remédier à cette confusion des langues, l'auteur de l'Unitéide, poème en douze chants en soixante actes", avocat, hom­me de lettres et pensionnaire de l’asile de Charenton,

"— adopte l’alphabet français ou romain, qui est le mê­me pour alphabet universel : l’alphabet français... peut parfaitement exprimer les sons des autres langues,

— établit une prononciation uniforme pour toutes les let­tres et toutes les syllabes des langues".

Il envoie "A tous les rois et peuples du monde l’oracle panglotte universel de toutes les langues dont il donne la clef et que tout le monde peut parler à l’instant même" (17). Comme des es­prits orgueilleux ont

"obscurci la parole en étouffant la pureté des langues dans les pompeux ornements des déclinaisons du substan­tif, des conjugaisons du verbe et de milliers d'autres parures ténébreuses, la confusion des langues augmente continuellement et la tour de Babel s'élève jusqu'aux cieux épouvantés !... Il est nécessaire que les hommes puissent parler toutes les langues diverses au moment où la vapeur et l'électricité abrègent les distances et sur­tout au moment où les peuples vont se rassembler dans le Palais-Soleil de toutes les gloires que l'exposition uni­verselle de 1867 ouvre au génie de l’humanité !"

L'auteur propose une langue universelle, "la monopanglotte, archi-monarquesse des langues" dont la simplicité devrait réunifier l’humanité,

"En mettant chaque nom au fier nominatif

Et tout verbe à l’infinitif définitif !"

Pour en composer le dictionnaire universel, l’auteur prend au fran­çais tous les mots commençant par a, au latin "tous les mots lancés par d ronflant" etc. Mais par là nous nous éloignons de la graphie qui n'est pour Paulin GAGNE que l'un des instruments de son obses­sion d'unité linguistique, nourrie d'idées prises dans l'air du temps. Car des chercheurs plus soucieux des contraintes du réel progressaient vers la notation exacte des sons. Les écritures abré­gées comme la tachygraphie, la sténographie de BERTIN, l'okygraphie d'A. BLANC (1801), la pasigraphie de DEMAINIEUX se proposaient seule­ment d'être abréviatives. Ambroise DE SAINT-DENIS offre avec la sonographie une écriture abrégée qui puisse aussi "peindre la parole"(18).

"Les nationaux et surtout les étrangers qui ne sont pas bien sûrs de la prononciation française remarqueront avec plaisir... qu'ils y trouveront décrite mot par mot, syl­labe par syllabe, la prononciation reçue dans la bonne société ; car le sonographe peut l’exprimer si clairement, si spécialement et il peut aussi indiquer si nettement le nombre de syllabes contenues dans les différents mots fran­çais qu'on ne peut en cas d'erreurs adresser de reproches à l'art mais seulement à celui qui l’exerce".

Prenant moins de place, la sonographie appliquée à la no­tation de la musique permettra d'imprimer les romances à meilleur mar­ché, les notes étant chiffrées. Autre avantage, la sonographie permet­tra de se dégasconner à bon compte et de préparer une carrière litté­raire nationale :

"Le goût de la lecture et par suite de la bonne littérature fait tous les jours de nouveaux progrès dans la classe moy­enne des peuples méridionaux, il en résultera que les lo­cutions vicieuses et étrangères au génie de la langue fran­çaise disparaîtront peu à peu ; mais s'il n'existe pas de bon traité de prononciation, on ne pourra jamais obtenir même chez ceux qui cultivent les belles lettres avec le plus de succès cette uniformité dans la prononciation qui permettent (sic) aux poètes des départements méridionaux de lire leurs propres vers. C'est un avantage que peut obtenir la sonographie"...

Peu importe si les 128 signes de la sonographie sont plus commodes que l’écriture alphabétique : l’auteur imagine plusieurs de­grés dans son écriture sonographique : l’ordinaire, la cursive, la lé­gale, et prévoit l’impression de livres et de partitions. Il se figure avec assez de vraisemblance le problème majeur que rencontrera toute écriture phonétique, celui de l’unité de prononciation des "peuplades" de France.

"Qui n'a pas émis le voeu de voir des peuples vivant sous le même prince... qui réclament la même gloire militaire, lit­téraire, scientifique et industrielle  qui n'a souhaité, dis-je, de les voir parler tous de la même manière le même langage et mettre par la même prononciation leurs bouches d'accord avec leurs coeurs... Ce qu'une longue suite de siè­cles n'a pu faire, la sonographie sans avoir la prétention de prendre l’initiative sur la manière de prononcer tel ou tel mot, telle ou telle syllabe, peut le faire et le fera en peu de temps quand elle sera suffisamment répandue. L'as­sentiment des gens de lettres et celui des personnes qui sont en possession du droit de déterminer ce qui est, ou n'est pas du bon ton adopteront (sic) à leur gré une prononciation quelconque. La sonographie la peindra avec la dernière ex­actitude pour la faire recevoir par tous les sonographes ex­istants alors, et de là la répandre dans les maisons d'édu­cation, chez les artisans et jusque dans les campagnes. Les étrangers, si peu instruits qu'ils puissent être dans notre langue, pourront... lire une phrase française avec la pro­nonciation qui lui est propre et même sans la comprendre".

Tout cela serait parfait s'il ne manquait un maillon essen­tiel. A. DE SAINT-DENIS oublie de préciser comment ses lecteurs "se seront bien pénétrés du rapport qu'il y a entre le signe et le son qui lui est affecté", s'ils n'ont pas fréquenté des locuteurs doués de la prononciation-type. La solution est de l’imposer aux professeurs :

"il croit convenable que personne n'enseigne la sonographie qu'on ne la sache bien et surtout et avant tout qu'on possède la prononciation parisienne de la bonne so­ciété".

A quoi bon cette notation si la valeur des signes ne peut être fixée originellement que par tradition orale ?

Même si le tableau des sons du français dressé par A. DE SAINT-DENIS est entaché d’erreurs phonétiques, en particulier dans l’inventaire des diphtongues, il est cohérent dans ses principes. On ne peut en dire autant de la Néotypie de Charles Théodore DE KERSTEN (19). Son ambition est de fournir une liste de caractères de sorte que "de cette manière on apprendra la lecture de plusieurs langues à la fois avec une grande facilité et une grande économie de temps". L'application est inconséquente :

"Les Néotypes... sont, selon leur forme, ou lettres son­nantes ou lettres muettes... Dans au français je ferai in­diquer le son o par l’a seul en lui donnant une forme par­ticulière qui ne servira plus nulle part ailleurs".

S. FAURE, auteur d'un Essai sur la composition d'un nouvel alphabet pour servir à représenter les sons de la voix humaine avec plus de fidélité que par tous les alphabets connus (20), n'a pas, lui, la présomption de croire qu'il pourra renverser l'écriture en usage. "mais... une nouvelle écriture perfectionnée pourra comme la sténographie, mais dans un but différent, marcher à cô­té de l'écriture d'usage et servir efficacement 1° à ren­dre les principes de lectures avec les caractères et l’or­thographe usités bien plus accessibles à l’enfance ; 2° à noter dans un dictionnaire la vraie prononciation des mots beaucoup plus exactement qu'on ne l'a fait jusqu'ici ;

3° à nous être d'un merveilleux secours pour la composition d'un alphabet universel".

On voit que même chez les plus raisonnables et les plus instruits, l’alphabet phonétique se voyait promis un rôle qu'il est encore loin de tenir. Ainsi lit-on dans les Observations sur l'or­thographe française de A. FIRMIN-DIDOT (1867) :

"II serait donc désirable qu'en tête des dictionnaires anglais, arabes, turcs, aussi bien que de ceux des pa­tois des langues de l’Europe, on représentât la pronon­ciation dans un système phonographique perfectionné et convenu entre les linguistes... Avec l'aide du temps, les personnes studieuses en prendraient l’habitude, et le pas, difficile à franchir, pour la constitution d'un alphabet européen et d'une écriture européenne serait plus tôt accompli" (21).

 

Il est même étonnant de voir les savants les plus cons­cients de l’irréductible diversité des sons employés dans les langues d'Europe et de la nécessité de signes plus propres que l'alphabet ro­main à rendre compte de cette singularité, faire de ces instruments scientifiques l'objet d'un rêve d'universalité. Même dans le cadre national, la vision d'un réformateur phonétiste rigoureux comme Ferdi­nand BRUNOT reste étrangement irréelle. Elle repose en effet sur deux simplifications : d'abord, vouloir pour orthographe une transcription phonétique, c'est réduire à une seule les fonctions de l’écriture et négliger le rôle des lettres muettes ou latentes. Mais c'est aussi la façon dont l’illustre linguiste imagine l’instauration de la réforme qui trahit la persistance d'une ambition du savant d'être conseiller du meilleur des princes dans un Etat idéal où régnerait la Raison :

"Voici donc dans toute sa simplicité redoutable, mon sys­tème. Le ministre nomme une Commission composée de linguis­tes et de phonéticiens. Cette Commission, à l'aide des ins­truments de phonétique instrumentale aujourd'hui existants, recueille le parler de personnes réputées pour la correc­tion de leur prononciation. Je ne verrais aucun inconvé­nient à ce que l’Académie désignât quelques-unes de ces personnes. La Commission confronte les prononciations ain­si enregistrées, elle établit la normale qui, inscrite mé­caniquement, infailliblement, sert d'étalon.

Cet étalon est, comme celui du mètre, officiellement déposé. La Com­mission... établit un système graphique... sans s'écarter jamais du principe absolu : un signe pour un son, un son pour un signe. Si le Ministère entrait dans ces vues, la graphie constituée ainsi serait enseignée dans les Facultés d'abord et les Ecoles Normales, de façon qu'elle devienne très rapidement familière aux futurs maîtres. De là, elle passerait dans l’enseigne­ment des écoles, d'abord comme une sorte de sténogra­phie, ensuite quand les livres élémentaires seraient en nombre suffisant pour le permettre, elle deviendrait la graphie normale. Quant à l’orthographe actuelle, il serait inutile d'y rien changer. Elle resterait en l'état. On apprendrait pendant un temps déterminé à la lire et à l'écrire, puis bientôt seulement à la lire, ce qui est très simple. Ainsi la substitution totale, définiti­ve, se ferait sans secousse... Et comme tous les trente ou cinquante ans la graphie serait attentivement révisée par comparaison avec l’étalon, de façon que les quelques légères modifications qui auraient pu se produire dans la prononciation y soient introduites, la réforme serait faite pour toujours, il n'y aurait plus de question or­thographique" (22).

Si elle se pose encore quatre-vingts ans plus tard, c'est que quelques éléments de ce tableau étaient imaginaires. Plus modeste­ment, Paul PASSY voit dans l’écriture phonétique un expédient pédago­gique (23) :

"Si la force de l'usage s'oppose encore à l'introduction d'un tel système dans la littérature courante, rien n'empêche de s'en servir pour apprendre à lire aux enfants et aux illettrés, à parler aux sourds-muets et pour appren­dre le Français aux étrangers. Je m'en sers aussi depuis longtemps dans une grande partie de ma correspondance pri­vée : pour cet usage spécial, il a l’avantage de procurer une notable économie de temps grâce à l’absence de lettres muettes".

Mais l'écriture phonétique a retrouvé en 1968 des par­tisans plus vigoureux, Claire BLANCHE-BENVENISTE et André CHERVEL(24). A leurs yeux,

"l'élimination de l’orthographe au profit d'une écritu­re phonographique doit s'accompagner d'une revalorisa­tion de la langue parlée... Les bénéfices qu'on peut escompter d'une suppression de l’orthographe sont immen­ses... (suppression) de la dyslexie... accélération no­table de la vitesse de l’écriture manuscrite, solution au moins partielle au problème de la tachygraphie, si important à notre époque. Et combien d'heures gagnées dans l’enseignement, aux dépens de la dictée ou des ex­ercices orthographiques quotidiens !" (25)

Cependant les deux auteurs, qui avouent partager "des exigences de transformations culturelles radicales", n'en mention­nent pas toutes les conséquences simultanément. On lit après le pas­sage précédent :

"la calligraphie et l'orthoépie sont des corollaires in­dispensables de l'écriture phonologique. L'orthographe nous a amenés à négliger le tracé des lettres et la nor­me phonétique : tous les pédagogues sont d'accord pour rompre avec ces habitudes de désinvolture. L'enseignement de la grammaire en serait totalement rénové. Fondé sur la langue réelle, il susciterait d'emblée l’intérêt de l’en­fant, et la grammaire perdrait du même coup la réputation rébarbative qu'on lui fait. Cet enseignement scolaire se­rait de plain-pied avec les procédures d'analyse utilisées par les linguistes contemporains. Une meilleure connais­sance de leur propre langue faciliterait pour les Français l’acquisition des langues étrangères, comblant ainsi une lacune légendaire" (26).

Nous avons déjà entendu cent quarante ans plus tôt des pé­dagogues promettre de tels triomphes sans en indiquer le prix. Ce qui est fort ordinaire, c'est que les auteurs ont oublié à la page 221 ce qu'ils écrivaient page 209 :

"Que sera le français standard pris pour base dans une nouvelle écriture ? Sera-t-il choisi parmi les usages français réellement existants, ou représentera-t-il une combinaison judicieuse de plusieurs d'entre eux ?... Sera-t-il possible d'imposer à soixante millions de Français une prononciation homogène ?... De récentes étu­des phonologiques... révèlent à côté d'une tendance à l’unité, des impulsions divergentes ; le mouvement natu­rel qu'elles observent ne permettra pas de dégager une norme. Une norme a du reste toujours été le résultat d'une codification."

Fondée sur une norme phonétique imposée, au lieu de sui­vre l’usage réel de la langue, la nouvelle écriture ne supprimerait pas le décalage entre langue parlée et langue écrite, mais remplace­rait les leçons d'orthographe par des leçons d'orthoépie. Ceux qui n'osent pas prendre la plume de peur de mal écrire n'oseraient plus ouvrir la bouche de peur de mal parler. Les travailleurs ne seraient plus "bloqués dans leur carrière par des concours pour lesquels ils étaient professionnellement qualifiés, mais dont ils n'ont pas réussi à surmonter l'épreuve d'.orthographe" (27), car après la réforme, ils succomberaient dans une épreuve de diction pour des fautes contre l'orthoépie. Mais nos auteurs ne voient pas ces conséquences probables de leurs prémisses. Leur problème est "d'imposer une prononciation homogène". Comment ? Effaçant les exemples de la France et de l’Espagne où plusieurs siècles de centralisation n'y sont pas arrivés, le pres­tige du modèle chinois tient lieu de preuve et de méthode : Major e longinquo reverentia.

"Diffuser une prononciation standard, c'est l’affaire tout au plus d'une génération. Fort méthodiquement, les Chinois avant de réformer leur écriture ont commencé par générali­ser la langue et la prononciation de Pékin ; et à l’heure actuelle, à travers toute la Chine, les jeunes de moins de vingt-cinq ans parlent le même chinois, nivellement lin­guistique sans équivalent dans l’histoire des langues"(28).

La norme phonétique appuyée sur la dictature du prolé­tariat, voilà la solution des problèmes de l’orthographe. Mais le prolétariat a besoin d'être éclairé, il aura ses conseillers comme le prince jadis.

"Les phonéticiens comme les syntacticiens pourraient être appelés en consultation et donner leur avis sur la stabilité et sur la rentabilité des oppositions phonématiques à propos desquelles les Français sont en désac­cord" (29).

Pour en terminer avec les révolutionnaires phonétistes, relevons que tous se contentent, pour noter la parole, de noter les phonèmes. La ponctuation ordinaire leur suffit pour noter la proso­die. A. DE SAINT-DENIS se contente de poser le problème et de re­mettre la solution à plus tard (30) :

"L'orthographe peut bien être d'accord syllabe par syl­labe avec la prononciation ; mais on n'a encore... fait que la moitié du chemin... il restera encore le ton, l’intonation et le chant propre à chaque nation, à cha­que famille, sexe, âge et enfin à chaque individu. Tout cela peut s'imiter quand on a un point de départ, et par conséquent se tracer sur le papier !... Ce dernier art si utile, si désirable pour retenir le débit d'un acteur célèbre, d'un grand orateur, a été un des objets d'étude de l’auteur, mais ce travail, .cette tonographie, étant fondé sur la sonographie, il faut que celle-ci ait obte­nu un succès réel, certain ou au moins très probable pour risquer de nouvelles idées qui sans cela seraient sans intérêt".

Dans la mesure où les alphabets ne se proposent pas de no­ter une parole individuelle, mais des unités de la langue, il serait utile d'y étudier les contradictions, les hésitations et les progrès d'une analyse des sons qui allait aboutir à la phonologie, mais cela dépasserait le cadre de cette étude (31).

 

Auprès des révolutionnaires phonétistes, les partisans d'une réforme de l'orthographe font figure de centristes indécis. Ils sont légion, mais leurs projets se ressemblent : ils ne veulent pas changer l’alphabet, tout au plus le retoucher par des signes diacritiques. Ils tournent autour des mêmes sujets : les lettres grecques, les consonnes doublées, les e muets, les consonnes étymo­logiques, les adjectifs en ant et ent et leur famille, la distinc­tion des homonymes, les mots composés, la consonne x, les accents grave et circonflexe. Les projets ne se distinguent les uns des autres que par le dosage entre les éléments transformés et les éléments main­tenus. Les réformateurs sont d'ordinaire sensibles à la complexité du système orthographique qui relie les diverses règles graphiques et morphologiques. Ils souhaitent comme l’encyclopédiste BEAUZEE "un système d'orthographe plus simple, mieux lié, plus conséquent" (32). Ils pourchassent donc les anomalies, les exceptions et les exceptions aux exceptions, pour sauver la règle de l’accusation d'arbitraire et des périls attachés à son émiettement. Nous n'allons pas nous étendre sur la description de ces réformes qui sont restées à l'état de projet. Seuls aboutissements, l'arrêté relatif à la simplification de l’ensei­gnement de la syntaxe française paru le 26 février 1901, reproduit dans la grammaire de GREVISSE (32 bis) et rappelé dans le B.O.E.N. du 20 février 1975 et celui qui a été publié au J.O. du 8 février 1977. On parle plutôt des réformes non réalisées que de celles qui l'ont été.

Par Aristarque - Publié dans : linguistique - Communauté : académie internet
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Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /Jan /2010 21:32

3 - La psychologie de la réforme de l’orthographe

A) Les motifs

Si l'on examine pour commencer les motifs allégués du projet de réforme, on verra que chaque réformateur fait sa gerbe parmi les thèmes suivants :

- le soulagement apporté aux enfants dans un apprentissage qui ne recourt qu'à la mémoire.

"Que d'efforts et de fatigues quelques réformes pourraient encore épargner aux mères et aux professeurs ! que de lar­mes à l’enfance ! que de découragement aux populations ru­rales ! Tout ce qui peut économiser la peine et le temps perdus à écrire des lettres inutiles, à consulter sa mémoire, souvent en défaut, profiterait à chacun".

1867, A. FIRMIN-DIDOT (53)

- l’économie de temps et d'argent qui résulterait de la réforme.

"L'enfant qui devait retenir 540 signes différents avant de savoir lire et orthographier n'en aura plus que 40 à apprendre pour arriver à la même connaissance. Ain­si au lieu d'employer 12 mois, je suppose, il ne lui en faudra qu'un seul pour apprendre à lire. Le même maître, avec le même temps qu'absorbe un élève, pourra en instrui­re douze... On voit que sans le moindre changement dans le personnel, sans une augmentation de frais quelconque, mais par le seul effet de la réforme, toute la population française saura lire et orthographier".

1829, MARLE (34)

Le progrès scientifique s'accompagnerait de profits écono­miques qui ont fait rêver les inventeurs d'alphabets phonétiques comme FELINE (et RAOUX à sa suite).

"Pourquoi ne pas perfectionner l’alphabet, l’instrument le plus usité du travail, comme on perfectionne les autres ? Pourquoi ne le soumettrait-on pas à ce rationalisme auquel la civilisation moderne doit ses succès ? Il existe sans doute une différence : c'est que chaque fabricant, chaque ouvrier, est libre de modifier comme il l’entend une machi­ne ou un outil, et qu'il n'en est pas de même de l’alphabet mais pourquoi le gouvernement, les académies, les adminis­trations refuseraient-ils de perfectionner l’instrument de travail de toute la nation, ainsi que le ferait tout fabri­cant, ainsi que l'a fait la Convention pour les poids et mesures ?"

1848, FELINE (35)

 

"J'ai cherché dans plusieurs phrases quelle serait la dimi­nution des lettres employées et celle que j'ai trouvée est de près d'un tiers ; supposons seulement un quart. Si l'on admet que sur 35 millions de Français, un million, en ter­me moyen, consacre sa journée à écrire ; si l'on évalue le prix moyen de ces journées à trois francs seulement, on trouve un milliard, sur lequel on économiserait 250 mil­lions par année."

Calcul de FELINE cité par E. RAOUX (36)

Ces visées sont affichées dans le titre de son ouvrage par Edouard RAOUX professeur à l’Académie de Lausanne :

Orthographe rationnelle, ou orthographe phonétique, moyen d'universaliser rapidement la lecture, 1'écriture, la bon­ne prononciation et 1'orthographe, et de réduire considé­rablement le prix des journaux et des livres.

1865, RAOUX (37)

- le rationalisme : DESTUTT DE TRACY situe le problème dans sa plus grande généralité :

"Personne ne peut deviner 1'orthographe d'un mot nouveau ou d'un nom propre... C'est assurément là une preuve irré­cusable des vices et des difficultés que présente notre alphabet irrationnel. La mémoire seule peut servir à l'étude de 1'orthographe ; aucun raisonnement ne peut guider ; au contraire, il faut à tout moment faire le sacrifice de son bon sens, renoncer à toute analogie, à toute déduction pour suivre aveuglément l’usage établi, qui vous surprend continuellement par son inconséquence, si malheureusement pour vous, vous avez la puissance et l’habitude de réflé­chir... y a-t-il rien au monde de plus funeste qu'un ordre de choses qui fait que la première et la plus longue étude de l'enfance est incompatible avec l'exercice du jugement?  Et peut-on calculer le nombre prodigieux d'esprits faux que peut produire une si pernicieuse habitude qui devance tou­tes les autres ?" (38)

Mais ce rationalisme se prolonge dans un courant idéologi­que et politique, qui culmine dans les conflits entre l’Eglise et la IIIe République et inspire F. BRUNOT :

"Cet enseignement (de l'orthographe) a d'autres défauts que d'être encombrant. Comme tout y est illogique, contradic­toire, que à peu près seule la mémoire visuelle s'y exer­ce, il oblitère la faculté de jugement, pour tout dire, il abêtit. A un degré de l’enseignement, où très souvent le défaut régnant est le dogmatisme, il a le vice énorme d'incliner plus encore vers l’obéissance irraisonnée. Pourquoi faut-il deux p à apparaître et un seul à apai­ser, il n'y a d'autre réponse que celle-ci : parce que cela est. Et comme les ukases de ce genre se répètent chaque jour, ce catéchisme, à défaut de l'autre, prépa­re et habitue à la croyance au dogme qu'on ne raisonne pas, à la soumission sans contrôle et sans critique. C'est d'un autre côté, n'est-ce pas, Monsieur le Ministre, que l’Ecole républicaine entend conduire les esprits"(39).

Le respect de l’orthographe devient un "préjugé" (pour MARLE et BRUNOT), une "superstition" :

"Je ne doute pas que notre orthographe irrationnelle n'ait le même sort que toutes les superstitions dont les hommes ont fini par se débarrasser."

(40) Max  MULLER

On sent monter contre l’orthographe toute la fureur anti­cléricale des débuts du XXe siècle.

- l’égalitarisme social :

La portée révolutionnaire d'une réforme phonétiste de l'écriture est aussi clairement affirmée par ses tenants que par ses ad­versaires. A la publication de l’ Appel aux Français de MARLE répond une lettre d'un lecteur aussi indigné que mal renseigné :

"Quoi ! après avoir perdu mes premières années à apprendre l’orthographe de Racine et de Bossuet, il faudra que j'en perde quelques-unes à apprendre l’orthographe de ma cuisi­nière" (41).

MARLE ne relève pas l’énorme erreur historique, l’illusion soigneusement entretenue par les éditions classiques que l’orthographe officielle de 1828 était celle de Racine, il proclame ouvertement ses desseins populistes :

"Nous renversons des préjugés qui tiennent en laisse la por­tion instruite de la société et garrottent le peuple. Nous voulons éclairer ce peuple en masse et en quelques jours seulement. Les ennemis de l’instruction populaire de­vaient frémir et se ruer contre nous, ils l'ont fait. La Gazette de France du 14 octobre s'exprime ainsi : "Le dé­sordre est partout, et la révolution, reprenant ses an­ciennes voies, tend même à abolir les distinctions scien­tifiques. Voici une société de prétendus gens de lettres qui se propose de faire marcher les cuisinières à l'égal des membres de la Commission du Dictionnaire de l’Acadé­mie Française" (42).

Ceux qui savent l’orthographe sont une classe, ils veu­lent se former en caste aristocratique. La réforme de l’orthographe devient la prise de la Bastille, l’accomplissement de la grande Révo­lution Française de 1789, dans l’imagination du linguiste Gaston PARIS :

"II est vraiment stupéfiant que dans un temps qui se dit et se croit démocratique, on s'obstine à maintenir ce vieux donjon entouré de fossés, de chausse-trappes et de herses, où la plupart ne peuvent pénétrer qu'à grand peine et tout meurtris et qui n'a d'autre motif d'exister que d'abriter la plus injustifiable des aristocraties, celle qui repose sur une initiation à des mystères sans autre valeur que le respect superstitieux dont on les entoure" (43).

 

Un réformateur modéré veut éviter l’orthographe phonétique,

"Une révolution graphique qui, en l’absence de toute révi­sion, ne saurait manquer d'éclater un jour" (44).

Ce n'est pas autre chose que projettent les émules déjà ci­tés du modèle chinois :

"Malgré les révolutions et l'école laïque, l’écriture res­te un privilège de classe"... il faut "un processus d'accul­turation de larges masses privées jusqu'à présent de cultu­re écrite... des transformations profondes des structures sociales et culturelles de la France"... "l’amputation de l’orthographe française serait accueillie comme la suppres­sion d'un luxe coûteux et aristocratique, comme un exemple de rigueur, de réalisme et d'hygiène conforme à l’esprit des transformations radicales de notre temps" (45).

Le modèle révolutionnaire des soixante-huitards n'est plus 1789, c'est la révolution culturelle chinoise de Mao Tsé Toung. En Chine, où l'on distingue la langue classique de la langue parlée, une "langue parlée écrite" aurait été instaurée récemment dans les journaux et repré­senterait "un fait révolutionnaire".

On lira avec intérêt l’opinion du Parti Communiste Français dans la Question de l’orthographe, rapport de 1964 du Centre d'Etudes et de Recherches Marxistes. Les auteurs, fort bien informés, affirment :

"II y a toujours eu en France une bataille de l’orthographe. Cette bataille n'a pas toujours été inutile. Dans les pé­riodes de progrès, notre orthographe a avancé".

Mais le P.C.F. est moins révolutionnaire qu'on ne pense. On dénonce p. 15 :

"le spectre affreux du phonétisme, qui a fait tant de mal à la cause de l’évolution".

On invoquera contre ce spectre un protecteur puissant :

"Une orthographe qui, comme la nôtre, est d'évolution pho­nétique et morphologique complexe, l’orthographe russe, res­pecte ce rapport écrit entre des formes proches, mais dis­tinctes dans la prononciation" (46).

Le rapport conclut assez tièdement en faveur d'une réforme :

"Pourtant nous pensons qu'il ne faut pas exagérer... Nous devons suivre les évènements (sic), ne pas nous opposer à des décisions favorables dans leur fond, aider même à leur application dans le sens que nous avons préconisé pour le bien de l’instruction en général" (47).

On ne trouve pas là d'appel à la révolution orthographique. Les auteurs du rapport se gardent d'établir un lien entre la révolution politique et le changement d'orthographe :

"Une réforme préparée par l’Académie du temps du tsarisme se trouvait prête en 1917. On l’adopta avec ses mérites et ses insuffisances" (48).

Déjà en 1905 les conservateurs français accusaient un ministre réformateur de faire du "socialisme grammatical" et F. BRUNOT réfutait l’allégation par bien des exemples contraires :

"Je ne sache point que le socialisme du reste ait pris possession des gouvernements d'Allemagne, de Hollande, de Norvège, des pays danubiens. Cependant là aussi des réformes orthographiques ont eu lieu sous l’inspiration, ou même sous l’action directe de l'Etat. Sans doute, dira-t-on, mais c'était là des mesures tyranniques de pouvoirs absolus"(49).

 

Et l'on pourrait ajouter les cas de la France du XVIIIe siècle, de l’Italie, du Portugal et de l’Espagne, où les réformes dues aux Académies ne coïncidaient pas avec des mutations politiques ou so­ciales. Qu'on l’espère ou qu'on le craigne, le changement d'orthographe n'est révolutionnaire qu'en rêve.

- le nationalisme linguistique

Les réformateurs ont en vue des effets à l’intérieur et à l’extérieur de la France, car le français doit conquérir la France avant de conquérir le monde. MARLE prévoit que

"Les livres, peinture fidèle de la meilleure langue parlée en même tems qu'ils répandront des idées saines, rectifieront aussi la prononciation des deux tiers de la France assujétie à une foule d'idiomes différens  "et en même temps" plus de difficultés pour l’étranger désireux de cultiver la langue de Racine, plus d'obstacles à la marche rapide de cette langue vers l'universalité dont elle est digne" (50).

A. FIRMIN-DIDOT écrit en 1867 :

"Ces modifications seraient d'autant plus utiles et opportunes qu'elles hâteraient le développement et la propagation de l'instruction primaire dans nos campagnes et l’enseignement de la langue française aux Arabes, moyen le plus sûr de nous les assimiler" (51).

C'est bien l'avis des militaires : le général DAUMAS a mis en pratique en Algérie l’alphabet de FELINE. Le chef de bataillon en retraite Hippolyte BONCOURT, officier de la Légion d'Honneur, écrit dans son Projet de simpli­fications de l’orthographe (52) :

"que l’avenir des peuples d'Europe se trouve engagé dans les luttes coloniales, qu'on n'occupe virtuellement une colonie qu'autant que l’élite au moins des indigènes con­naissent la langue de l’occupant et que dans tout autre pays, l’influence la plus grande appartient à celui qui a su y faire pénétrer sa langue le plus profondément".

On est plus étonné de voir la figure que prend le nationalisme chez des réformateurs phonétistes ou modérés. Il prend pour ennemi les lettres muettes ou étymologiques. A. FIRMIN-DIDOT, imprimeur de l’Académie Française, ennemi du phonétisme, adjure la compagnie de poursuivre l’oeuvre entreprise en 1740 et de débarrasser le français du "lourd bagage de tant de lettres inutiles" :

"L'Italie, l’Espagne, le Portugal ont le même alphabet que nous ... à leur exemple, tout en gardant notre physionomie naturelle, rapprochons donc du simple et du beau notre ortho­graphe que les th et ph défigurent" (53).

Chez le Suisse Edouard RAOUX, on sent peser un jugement moral sur cet ennemi infiltré dans la langue.

"Mais à partir de cette dernière époque (XIIIe siècle), l’ennemi commença à pénétrer dans la place. Les alphabets grec, latin et septentrionaux s'insinuèrent sournoisement dans l’écriture française. Les lettres inutiles ou muettes vinrent peu à peu étaler leur vaniteuse oisiveté au milieu des lettres actives ou phonétiques" (54).

Et F. BRUNOT, outré de l’ignorance de l’Académie Française qui voudrait qu'on redoublât dans la prononciation les lettres redou­blées dans l'écriture, lui assigne un programme de défense nationale : empêcher la prolifération des mots savants allogènes.

"Si elle veut défendre la langue, comme elle doit, qu'elle ouvre les yeux aux vrais dangers qui la menacent. Qu'elle cherche à endiguer l’invasion gréco-latine, dont le flot toujours croissant submerge le vieux fonds national. Quand on vient demander à ses membres s'il faut dire un taximètre ou un taxamètre, qu'elle engage l’inventeur à dire tout simplement un compte-taxe" (55).

Tels sont les motifs allégués ouvertement : le souci des enfants, celui de la rentabilité, le rationalisme luttant contre toutes les superstitions, le désir d'une révolution égalitaire, le nationalisme qui impose la langue française à l’intérieur comme à l’extérieur tout en veillant à sa pureté intrinsèque.

 

B) La vision de la réforme : acteurs, action, temps du drame.

Les acteurs de la réforme de l’orthographe sont à peu près toujours le  réformateur, le prince ou le ministre de l’Instruction Publique, l’Académie et les ennemis de la réforme. Eux seuls parlent, le peuple autour des champions écoute en silence. Le prince a jadis élu l’Académie, s'est lié à elle par un contrat, lui a constitué un douaire en échange de quelques promesses, l'a installée dans ses palais, lui a offert des habits magnifiques. Puis le prince s'est absenté pour vaquer à ses affaires, laissant à l’Académie les clés du trésor de la langue française, le "code authentique".

La plupart des réformateurs attendent une intervention du prince ou de ses lieutenants. DOMERGUE en appelle à Bonaparte.

"Mais quelle autorité fera triompher la raison ? Quel pou­voir fera rentrer dans ses limites l’érudition toujours prête à les franchir ? Quelle voix imposera silence au pré­jugé ? Cette heureuse révolution peut être opérée par le concours de la force à qui rien ne résiste, et des lumières, à qui rien n'échappe.

0 Bonaparte, jette un regard sur ces lignes, elles t'appel­lent à la gloire, non à celle du guerrier, tes exploits ont lassé la renommée ; non à celle de l’homme d'Etat, la France te bénit et t'admire ... La gloire que je t'offre est pure et n'appartiendra qu'à toi seul. Ose ordonner la réforme de notre orthographe ; et le mensonge abécédaire, qui prépare à tous les mensonges, ne déformera plus les jeunes esprits, et l'im­mense famille dont tu es le chef parlera partout le même lan­gage ... Elevé au faîte du pouvoir par ta valeur, ta sagesse et notre amour, déploie ta force pour la propagation des idées justes, mets ta gloire dans le triomphe de la vérité" (56).

Plus sobrement, F. BRUNOT écrit dans sa Lettre ouverte à M. le Ministre de l’instruction publique :

"C'est à vous qu'il appartient de prendre une décision" (57).

De même le rapport de la Commission ministérielle d'études orthographiques, présidée par A. BESLAIS, est adressé au ministre de l’Education Nationale de 1965 :

"Ce rapport se présente beaucoup moins comme un projet que comme une étude, conformément d'ailleurs à la mission qu'avaient reçue ses auteurs. Il suffira pour s'en rendre compte, de lire le texte : à aucun moment la Commission ne se substitue, même en esprit, au pouvoir de décision. Elle propose, elle suggère, il lui arrive même parfois de marquer son hésitation devant une solution envisagée, et de ne pas conclure" (58).

On voit donc le prince ou le ministre doué des attributs du père : la force, le pouvoir de décision lui appartiennent. Le réformateur qui le pousse à agir proteste de son amour comme DOMERGUE dans le pas­sage cité plus haut :

"Car pourquoi les Français ne tenteraient-ils pas ce qu'ont réalisé ou entrepris, depuis le début de ce siècle, les Es­pagnols, les Portugais, .les Hollandais, les Russes, les Alle­mands ? Ceux-là sont-ils moins attachés à leur langue que nous le sommes à la nôtre ?" (59).

 

Le réformateur se sent impuissant à agir seul, comme l'écrit BEAUZEE, converti tardivement à la néographie :

"Mais si l’empressement de voir votre système exécuté vous fait abandonner l’orthographe usuelle pour la vôtre, je crains bien que vous ne couriez les risques d'être censuré par le plus grand nombre" (60).

 

Les réformateurs et les conservateurs se soumettent à l’arbitrage du prince comme des frères ennemis :

"La première preuve que j'en veux donner, Monsieur le Ministre, c'est que les adversaires comme les partisans de la réforme s'adressent à vous. C'est à vous que doit aller la pétition de la Revue Bleue, mais c'est à vous aussi que la Ligue de l’enseignement, l'Alliance Française ... ont présenté leurs voeux" (61).

L'Académie est de son côté une figure féminine, alors qu'elle est entièrement composée d'hommes, par les noms qu'elle se donne (Académie, Compagnie) et par les traits de son comportement maternel.

"Du haut de la position qu'occupe l’Académie, l’avenir, qui lui appartient, lui permet de ne céder que dans une juste mesure aux désirs impatients des novateurs. Elle considèrera donc dans le calme de sa sagesse, les besoins du temps, non moins exigeants aujourd'hui qu'ils ne l’étaient autrefois ... L'Académie seule, quelquefois avec une grande hardiesse, a pu introduire de sages modifications ; toutes ont été accueil­lies avec reconnaissance en France et dans les pays étrangers. C'est donc à elle de juger dans quelles limites elle voudra céder aux voeux persévérants manifestés par tant de bons es­prits depuis plus de trois siècles (62).

Permanence et passivité de l’Académie s'opposent aux désirs impatients des réformateurs. Des concessions maternelles remplissent de reconnais­sance les fils soumis.

"C'est à l’Académie en raison même de l’autorité suprême

qu'on lui reconnaît, à répondre, dans la limite qu'elle jugera convenable, au voeu général" (65).

"Enfin l’Académie, cette autorité à laquelle est dévolu le droit de prononcer sur tout ce .qui intéresse la langue fran­çaise, après avoir examiné, discuté"... (64)

 

Mais il ne faut pas la prévenir, ni la violenter :

"Le respect que l'on doit aux décisions de l’Académie et qui n'est plus particulièrement imposé, comme ayant l’honneur d'être son imprimeur, m'interdisait plus qu'à tout autre de pouvoir rien innover" (65).

De son côté, l’Académie se proclame impuissante : elle n'est que le "greffier de l’usage".

“Il faut reconnoistre l’usage pour le maistre de l’orthographe aussi bien que du choix des mots“ (66).

 

Elle ne peut que consentir ou refuser, comme un oracle, mais elle ne se lie par "aucun de ces principes généraux et impérieux qui sont si gênants quand on arrive à l’application ... Elle veut examiner chaque mot où se trouve rh grec" (67).

 

Et F. BRUNOT pourra traiter l’Académie de mauvaise mère en lui reprochant ces défauts féminins que sont l’inconstance et le caprice.

 

"L'Académie refuse l’orthographe proposée parce qu'elle ne voit pas ce qu'il y a d'utile à avoir des règles générales" (67).

 

Telles sont donc les figures de ce drame de famille : un père tout-puissant, mais absent, dont un fils, zélé mais sans pouvoir, veut provoquer le retour, une mère, gardienne des trésors du passé, oracle vénéré, inactive, capable seulement de refuser ou de consentir à ce qui s'est fait sans elle, mais de façon capricieuse.

Ce schéma comporte des variantes : A. FIRMIN-DIDOT s'adresse en fils soumis à l’Académie elle-même, un rebelle comme MARLE veut soulever ses frères par un Appel aux Français»

Si nous considérons maintenant les formes qu'on a imaginées pour le changement d'orthographe, on verra des schémas contraires. Ceux qui font appel au père-roi veulent voir sa loi inposée de force par les organes de l'Etat, y compris la police :

... "L'orthographe sanctionnée par l’Académie française sera sur-le-champ adoptée : dans tous les actes émanés des auto­rités constituées; dans tous les journaux soumis à l’ins­pection de la police ; dans toutes les écoles nationales ; dans tous les établissements payés des deniers publics. La raison et l’exemple auraient bientôt achevé une révolution commencée sous des auspices si imposants" (68).

D'autres, sans évoquer de mesures répressives, ne se figurent pas la réforme autrement que sous forme de décret. Car l’orthographe est une affaire d'Etat pour F. BRUNOT :

"Là où cela est faisable, autant que cela est faisable, il doit donc et à la langue et à la nation de faire la police de notre idiome, comme il fait la police des poids et mesures. Une orthographe nationale, a dit Gaston Paris, est une des formes de la vie publique" (70).

H. BONCOURT imagine la liesse populaire qui suivra le décret :

"On peut affirmer que, le jour où paraîtra le décret de suppression, le public exhalera un grand soupir de soulagement et que les écoliers si assassinés par les règles des parti­cipes, pousseront d'immenses cris de joie en jetant les grammaires en l’air" (69).

On a vu plus haut que MARLE veut "éclairer ce peuple en masse et en quelques jours seulement". Une rupture soudaine, emportant l’adhésion immédiate de tous, voilà l’avenir rêvé par les réformateurs radicaux qui l’attendent d'un décret.

 

De plus sages ont vu que tout ne serait pas changé en un jour et ont élaboré des plans progressifs, comme le sont ceux de Casimir HENRICY et des commissions BRUNOT et BESLAIS ;

"Ils trouveront là un plan complet de réforme divisé en cinq degrés /~de deux ans 7 ; et je ne leur propose que l’adoption du premier degré, réforme bien simple, déjà pratiquée par les écrivains les plus éminenfcs des deux derniers siècles" (71).

"En vérité, si la réforme devait être impérative, si les gens de tout âge devaient être du jour au lendemain obligés d'adopter de nouvelles habitudes, si les imprimeurs étaient contraints, sous peine d'amende, d'oublier les formes graphiques qui leur sont usuelles, il y aurait là un coup de force injustifiable, contre lequel nous, les réformateurs, serions unanimes à protester. Mais qui a proposé cela ? ... et dès lors n'est-il pas un peu puéril de partir en guerre contre des chimères ?" (72).

 

La commission BESLAIS propose un "tableau prévisionnel" échelonné de 1966 à 1979.

"A cette date la nouvelle orthographe serait enseignée et pratiquée dans les établissements scolaires et universi­taires de toute catégorie et de tout degré. Dans les examens et concours, la nouvelle orthographe sera immédiatement admise concurremment avec l’orthographe ancienne et elle la remplacera progressivement jusqu'au terme de la scolarité ci-dessus définie, date à laquelle elle deviendra l’orthographe unique de la langue française " (73).

 

 

Même échelonnée dans le temps en raison de contingences pratiques, la norme reste la norme et l’émanation de l'Etat .

"Sûr de vivre encore dans cinquante ans, il peut prévoir et préparer l’avenir, en faisant pour le présent ce qui convient au présent, en prévoyant en outre ce qui devra être fait demain" (74).

Inversement, il y a des gens pour prôner la liberté de l’orthographe et qui en attendent une simplification spontanée par le peuple jouissant du droit d'écrire à son gré, comme le suggèrent BERTHELOT et AULARD :

"supprimer la tyrannie de l’orthographe scolaire, déclarer qu'il n'existe pas d'orthographe administrative obligatoire et que l’orthographe d'usage est susceptible de variétés" (75).

 

"Un peu d'anarchie en matière d'orthographe ne serait pas inutile. Le peuple ferait lui-même peu à peu la réforme" (76).

 

A quoi les imprimeurs répondent par leur syndicat soucieux de "la perturbation qu'elle va jeter dans l’industrie du Livre" :

"II ne peut y avoir d'orthographe facultative, il faut une façon, fixe d'écrire comme. de prononcer" (77).

Et F. BRUNOT juge la proposition séduisante "comme toutes celles qui ont pour fondement la liberté", mais dangereuse :

"L'orthographe des gens qui n'ont pas appris l’orthographe prouve ce que j'avance. Elle n'est nullement simple ... S'ils se souviennent de mangea, ils écriront geamais ...

"Que chacun écrive à sa manière pendant dix ans, ce n'est pas précisément à une simplification qu'on sera parvenu" (78)

 

D'ailleurs, un autre péril de la liberté serait qu'elle ne fût pas généralisée. F. BRUNOT en 1905 comme LAFITTE-HOUSSAT en 1950 sont explicites sur le danger de l’école libre :

 

"Si par hypothèse l’apprentissage et l’étude de l’orthographe étaient supprimés ou seulement se relâchaient par suite d'une indulgence de plus en plus grande dans l’enseignement officiel, ils continueraient à avoir la faveur et même une faveur encore plus grande dans les établissements privés. Il n'est pas douteux que pour la plupart des Français actuels, l’instruction réside essentiellement dans une orthographe parfaite. Ce préjugé vivace ne manquerait pas d'être exploité par les écoles libres, trop heureuses de recevoir et de satisfaire sans mal toute la bourgeoisie française qui leur serait reconnaissante à son tour de faire de ses fils la classe des gens distingués, des gens qui savent écrire correctement" (79).

Le décret est donc imaginé tantôt comme libération, tantôt comme ukase, tantôt comme nécessité et la liberté comme condition de réforme sponta­née ou comme promesse d'une anarchie dont l’adversaire saura profiter. On sait à quoi aboutissent ces tensions contraires. Le ministre G. LEYGUES, n'osant réformer, publie le 26.2.1901 un arrêté aux termes duquel

"II ne sera pas compté de fautes aux candidats pour avoir usé des tolérances indiquées dans la liste annexée au présent arrêté".

 

Mais qu'est-ce-que la tolérance, si ce n'est un tempérament mis à "l'inhumaine furie dogmatique" du corps enseignant ? L'apparition de cette notion surprend tout le monde en 1891 (80) et c'est bien là le point sensible. BRUNOT parlait en 1905 du dogmatisme de l’enseignement primaire dans un passage cité plus haut et il voyait juste, puisqu'on 1975 le ministre en est à demander aux enseignants d'appliquer l'arrêté de 1901, réclamé par la Ligue de l'Enseignement et mainte organisation d'enseignants. N'y a-t-il pas quelque chose d'irrationnel à ce que les réformistes ne se réforment pas ? Un militaire réformateur, Hippolyte BONCOURT, explique fort bien, dans l'avant-propos d'un projet assez mauvais, les raisons de cette carence des lettrés qui l'oblige à se mettre à :

 

"un travail qui serait certainement mieux fait par nombre de lettrés que par moi. Mais comment voulez-vous attendre des lettrés qui font et enseignent la grammaire, des réformes en désaccord avec leur intérêt ? Car ils trônent en face du public par leur connaissance approfondie de toutes les finesses, de toutes les subtilités et de la bizarrerie de notre orthographe. Aussi non seulement ils ne proposeront pas de réformes sérieuses, mais ce sera peut-être contre eux qu'il faudra lutter pour les obtenir"(80 bis).

 

Une fois acquise cette virtuosité qui représente un capital social symbolique, on voit mal ceux qui ont réussi à en tirer des revenus en faire le sacrifice. Mais l’intérêt corporatiste ne suffit pas à expliquer l’attachement des enseignants à l'ancienne orthographe. Ils trouvent aussi leur compte dans les exercices auxquels donne lieu l’orthographe. Quoi de plus simple à faire qu'une dictée, quoi de plus mécanique qu'un décompte des fautes d'orthographe, quel instrument plus commode pour la sélection des candidats à un emploi ? A quoi occuperait-on les cours de français si l’orthographe en était évacuée ? Ces questions étaient déjà débattues en 1905 par F. BRUNOT, mais il n'a rien pu changer à un état social où régnait l’obsession de la norme unitaire et qui avait fait de la dictée l’instrument de sélection en vue des emplois d'Etat. L'introducteur des tolérances allait contre les habitudes et les intérêts des enseignants aussi bien que contre les principes de la sélection sociale. Son décret, compromis bâtard entre la logique de la faute et celle de la réforme, n'est toujours pas appliqué par les fonctionnaires chargés de l’exécuter, 80 ans après sa publication.

Mais les enseignants ne sont pas les seuls conservateurs. La France entière conspire à ne rien changer. REGNIER DES MARAIS osait écrire en 1706 ce qu'on pense aujourd'hui tout bas :

"Où en seroit-on dans chaque langue, s'il en falloit reformer les éléments sur la difficulté que les enfants auroient à bien retenir la valeur et, comme parlent les Grammairiens, la puissance de chaque caractère et les variations qu'un long usage y a introduites ? C'est aux enfants à apprendre à lire comme leurs pères et leurs grands-pères ont appris" (81).

Inversement, des réformes, comme le note PY POULAIN DE LAUNAY en 1741,

"renverroient les gens de Lettres à l’alphabet pour recom­mencer sur nouveaux frais d'aprendre à lire et écrire" (82).

 

La querelle de l'orthographe est donc un conflit de générations. Non seulement ceux qui ont passé neuf ans à apprendre l’orthographe ne voudront pas refaire pareil sacrifice, ce qui se comprend, vu les difficultés de cet apprentissage et le prix qu'il coûte, mais encore ils ne feront rien pour l’éviter aux générations futures. Au lieu d'un investissement, ils y voient une épreuve à laquelle on prête des vertus salutaires, une torture servant d'initiation. Comme A.JULLIEN l’écrivait à MARLE, qui le cite en orthographe réformée :

 

"Vou randré donq sou se rapor un sèrvise important à l’instruqsion primère é publiqe, à notre lange, à notre littérature é surtout ô jénérasion qi doive vou suivre ; qar la jénérasion aqtuèle vouz ofrira san doute plu d'advèrsère qe d'oqsilière" (83).

 

Le dressage orthographique a une fonction sociale : enseigner la soumission à la loi, fût-elle absurde.

 

"l’humanité se montre dans les règles et c'est une politique que de suivre les règles même orthographiques. Il n'y a pas de meilleure discipline" (84).

 

Enfin il nous reste à examiner le temps du drame orthogra­phique. Non pas le temps réel où se produisent les projets de réforme et les trop rares modifications qui leur font suite, mais le temps que les réformateurs imaginent. Les projets des reformateurs, tournés vers l’avenir, impliquent en effet une conception du passé et du présent de l’orthographe.

La vision pessimiste du présent est le corollaire du projet réformateur. R. THIMONNIER, pédagogue très modéré dans ses projets de réforme, écrivait en 1970 :

 

"Depuis une trentaine d'années, la crise orthographique s'est aggravée de telle sorte qu'elle menace dangereu­sement l’intégrité de la langue. Or il n'y a théoriquement que deux remèdes : soit réformer notre système d'écriture, soit réformer la manière dont on l’enseigne" (85).

 

Quatorze ans se sont ajoutés aux trente ans de crise évoqués par THIMONNIER. La crise est, selon le Petit Robert, le "moment d'une maladie caractérisé par un changement subit et généralement décisif en bien ou en mal". Cette crise qui dure quarante quatre ans n'en est pas une. Pourquoi d'ailleurs aurait-elle débuté en 1940 ? Cette année-là a vu bien des changements décisifs, mais peut-on dire que l’effon­drement de notre orthographe ait suivi celui de nos armées et le contournement de la ligne Maginot ? Ce n'est qu'une illusion fondée sur l’oubli du passé, sur la sélection opérée dans les faits révolus pour les be­soins du présent. Mais le réformateur n'est pas un vieillissant "laudator temporis acti". La construction idéologique d'un âge d'or auquel s'opposent un présent désolant et les menaces d'un avenir catastrophique sert le projet réformateur. Le retour de l'âge d'or passe par la réforme, mais le réformateur doit pour cela idéaliser le passé et dévaloriser le présent. Ce n'est pas là un mensonge sciemment produit à des fins intéressées, les réformateurs sont les premiers à être entraînés par la logique de leur imagination au delà du réel. La "crise de l’orthographe" est un phénomène imaginaire, dont J. GUION a déjà décrit les manifestations et la mytho­logie (86). Peut-être faut-il le rapprocher de ces chasses aux sorcières, aux juifs, aux étrangers qui agitent périodiquement la vie de tous les peuples et appellent une réaction purificatrice.

L'une des tentatives de restauration les plus étranges est justement l’oeuvre de celui qui a étudié l’histoire de la formation de l’orthographe française et qui aurait dû le moins s'abuser sur son passé, Charles BEAULIEUX. Pour lui, l'âge d'or se situe au XIIe siècle "parce que c'est alors que notre orthographe est à son apogée" (87). Il est d'accord avec l’opinion de Gaston PARIS, qui disait : "Depuis lors l’ortho­graphe n'a fait que perdre... La période suivante a tout gâté". BEAULIEUX est d'avis que l'Académie "ne peut conserver des tares qui nous font honte et qui achèvent la décadence de notre langue", c'est-à-dire ces lettres étymologiques ou pseudo-étymologiques introduites par les scribes des XIVe et XVe siècles. Il propose une réforme consistant à "revenir au bel françois du XIIe siècle" (88), à l’orthographe des chansons de geste issue des écoles de jongleurs.

 

"C'est que l’orthographe des chansons de geste a été créée par les jongleurs et pour leur usage. Elle est faite pour laisser dans leur oreille des sons car elle a été faite en vue du chant. De même que la langue parlée, cette orthographe n'a pas besoin de points de repère pour distinguer les homo­nymes... Sauf dans de rares cas, on écrit de même ce qui se prononce de même" (89).

 

Il est tout de même surprenant que le savant ne cite aucun document à l’appui de cette thèse : il avoue qu'on n'a pas de trace des écoles de jongleurs où serait née cette graphie parfaite. BEAULIEUX a supposé leur existence comme d'autres ont prédit par le calcul la place d'une planète jamais observée et il est parti de ce point idéal nécessité par ses prémisses comme d'un fait. On voit à l’analyse les avantages de cette in­vention : elle lui permet d'être un réformateur phonétiste hardi, acharné contre les lettres muettes et "la lèpre du praticianisme", sans s'ex­poser aux moqueries et à la contestation venues du parti conservateur, puisque l’avenir, c'est Chrétien de Troyes.

L'histoire de l’orthographe est propice aux mythes rétro­spectifs. Un arrêté de 1855 connu seulement par ouï-dire aurait conféré force de loi à l’orthographe du dernier dictionnaire de l’Académie Fran­çaise. N. CATACH, après l’avoir vainement cherché, conclut qu'il n'existe pas (90). Mais une société avide de norme et obsédée d'orthographe en avait besoin pour justifier ses pratiques, elle l'a inventé. Ainsi nais­sent les mythes.

 

 

Reste à examiner l’avenir imaginé pour la réforme ortho­graphique elle-même. On a vu les "désirs impatients" des réformateurs aspirer à un décret qui change l’orthographe du jour au lendemain. D’autres ont prévu des plans à cinq degrés de deux ans, de seize ans, des révisions tous les trente ou cinquante ans. C'est attribuer à un texte administratif plus de pouvoir qu'il n'en a sur la réalité sociale et méconnaître que l’avenir d'un texte dépend des fonctionnaires chargés de l’appliquer et des groupes sociaux qui y trouvent leur intérêt. On a vu plus haut ce qu'il en est des enseignants : leur adhésion de prin­cipe à l’idée de réforme se combine très bien avec la répugnance au recy­clage. La peur du déclassement est pour quelque chose dans leur conser­vatisme et pourtant on ne fera passer aucune réforme sans apporter des avantages immédiats à ceux qui feront l’investissement nécessaire. Les réformateurs ne semblent pas avoir songé aux moyens concrets de réaliser leur projet, qui s'arrête à la proclamation de la réforme. Ils n'ont pas tenu compte de ce qu'une étude du fonctionnement de nos institutions ou une sociologie de l’innovation pourrait nous enseigner. Il y a en effet une disproportion flagrante entre la durée de vie d'un gouvernement, celle d'un réformateur et celle de la langue. Un ministre dure environ deux ans, une volonté de ministre s'épuise en six mois à lutter contre la pesanteur de son administration. Une réforme est de plus longue portée qu'un gouvernement démocratique, qu'une commission ministérielle ou parle­mentaire. Faute d'un organe adéquat, on voit depuis deux siècles la répé­tition d'un processus qui évoque le rocher de Sisyphe : un réformateur invente une solution, quelle qu'elle soit, aux problèmes de l’orthographe ; il se répand en articles et en conférences, fonde une association, lance une pétition nationale, interpelle le ministre, fait nommer une commission ad hoc, qui met quelques années à présenter un rapport. Quand il paraît, le ministre qui l'avait demandé n'est plus en place et son successeur le range dans un tiroir. Ou bien une guerre civile, une guerre étrangère éclate et l'on a d'autres soucis. Les réformateurs meurent aussi et l’inu­tilité de leurs efforts a de quoi décourager les épigones. Faut-il croire BEAUZEE renvoyant à leur impuissance les réformateurs comme les conser­vateurs :

"Nul particulier ne doit se flatter d'opérer subitement une révolution dans les choses qui intéressent toute une grande société, surtout si ces choses ont une existence permanente, et il ne doit pas plus se promettre d’altérer le cours des variations des choses dont l’existence est passagère et dépendante de la multi­tude" (91).

La langue, à la fois permanente et passagère, échapperait à l'une et à l'autre intervention. Et pourtant, on réforme, ailleurs qu'en France !

 

Au terme de ce parcours, nous aurons embrassé du regard les illusions des pédagogues inventifs, des créateurs d'alphabets révo­lutionnaires et des réformateurs systématiques. On aura vu l’orthographe mêlée à toutes les idéologies, à tous les rêves qui sont passés à travers les deux derniers siècles, mais aussi liée à des situations sociales et à des facteurs anthropologiques plus stables qui rattachent le schéma imaginaire de la réforme de l’orthographe à une configuration familiale et à un conflit de générations. De là sans doute la virulence des passions qu'elle peut susciter chez les défenseurs du passé comme chez les réfor­mateurs. L'imagination joue un grand rôle dans les erreurs des deux bords, mais les premières que les réformateurs aient à vaincre sont les leurs propres. C'est la condition d'une action plus adéquate qui les mènera peut-être au succès que nous espérons.


NOTES

 

(1) On trouvera une mise au point succincte dans le récent ouvrage de CATACH (Nina).(†) - L'orthographe. - Paris : P.U.F. (1978) 2e éd. 1982, 127 p., 17,5 cm. - Collection Que sais-je ? N° 685, et pour de plus amples recherches, une bibliographie de 229 titres à la fin du N° 20 (décembre 1973) de la revue Langue française, consacré à l’orthographe, sous la direction du même auteur. Citons particulièrement une antho­logie critique fort utile, où nous avons puisé : FIRMIN-DIDOT (Ambroise). - Observations sur l’orthographe française suivies d'un exposé historique des opinions et systèmes sur ce sujet depuis 1527 jusqu'à nos jours. - Paris : Firmin Didot, 1867. - 255 p., 24,5 cm. –

 

 

(2) Joseph Marie MARTIN, A Sa Majesté le Roi des Français, lettre du 21 octobre 1831, à l’appui d'une demande de brevet déposée le même jour, et agréée le 28 mai 1832 sous le N° 4972.

 

(3) Brevet N° 3774 demandé le 26-9-1828, accordé le 11-12-1828 à André Louis Edouard HYRIER BONNEFONT DE PUYCOUSIN, de Toulon, pour une méthode qu'il appelle Technicographie instantanée.

 

(4) J.M. MARTIN, loc. cit. note 2.

 

(5) Brevet N° 3994, demandé à Paris le 16 mai 1829, accordé le 13 juin 1829 à COLLOMBET, pour une méthode propre à apprendre à lire et à écrire en même temps ainsi que la prononciation et l’orthographe.

 

(6) Brevet N° 3363 demandé à Paris le 11-10-1827 et accordé le 16-11-1827 au sieur MIALLE, pour une méthode d'enseigner à lire en peu de leçons. On pourrait citer encore maints brevets aux titres prometteurs de merveilles pédagogiques :

 

- Méthode nommée par l’auteur Statilégie et au moyen de laquelle on peut apprendre à lire en six séances au plus. Brevet du sieur BOURROUSSE DE LAFFORE cédé le 10-9-1828 au sieur RONJAT, avocat à Vienne.

 

- Nouvelle méthode d'apprendre l’orthographe en peu de leçons.

Brevet d’invention pris le 4-9-1828 par GALLIEN, de Grenoble, représenté à Paris par Teste, rue de la Paix N° 13.

 

- Méthode dite Graphiamalégie française propre à apprendre à lire et à écrire en même temps dans l’espace de 50 à 60 heures de leçons. Brevet d'invention de 10 ans pris le 5-2-1829 par ROMAIN, instituteur à Bagnols (Gard) avec additions le 25-5 et le 10-11.

 

-Moyens d'apprendre la lecture, l’écriture, l’orthographe et les langues en très peu de temps. Brevet d'invention de 5 ans pris le 21-3-1829 par LAURENS, juge de paix du canton de Chaillon (Drôme).

- Méthode propre à enseigner la lecture en quatre heures aux adultes. Brevet d'invention de 5 ans pris le 24-12-1833 par BLED, instituteur à Montdidier (Somme).

 

- Méthode propre à enseigner l’écriture, la lecture et le calcul. Brevet d'invention pris le 4-9-1835 par TAUPIER et DUNOGUE à Paris, rue Saint-Honoré N° 317.

 

- Nouvelle méthode dite Polytechnographie destinée à enseigner simultanément le dessin, l’écriture, la rédaction, l’histoire, les sciences exactes etc ... Brevet d'invention de 5 ans pris le 10-5-1836 par MORIN, chef d'institution à Paris, rue Louis le Grand N° 29.

 

- Nouveau moyen d'apprendre à écrire en peu de temps.

Brevet d'invention de 10 ans pris le 4-10-1837 par SINET, receveur des droits de navigation à Péronne (Somme).

 

- Procédé nommé par l’auteur economengraphie propre à enseigner la calligraphie à peu de frais et en peu de temps.

Brevet d'invention de 10 ans demandé le 16-2-1839, accordé le 9-10-1839 à PONCET, professeur d'écriture, rue des Forces N° 1 à Lyon.

 

- Moyen d'apprendre à écrire seul en quelques jours.

Brevet N° 10973 demandé le 14-11-1850, accordé le 6-2-1851 à HUGO, calligraphe à Paris rue de la Harpe N° 4.

 

- Système pour apprendre à lire en vingt-cinq jours.

Brevet d'invention N° 22460 demandé le 27-2-1855, accordé le 15-5-1855 à BEAU, teneur de livres, rue Capeyron N° 1 à Bordeaux.

(7) DURAND (Gilbert). — Les structures anthropologiques de l’imaginaire.-Paris : Bordas, 1969. - 550 p. ; 22 cm. –

 

(8) Brevet COLLOMBET, voir note (5).

(9) Brevet N° 16362 demandé le 9-5-1853, accordé le 22-6-1853 à M. Adrien FELINE, pour l’application d'une méthode phonétique à l’enseignement. A quelques nuances près, on retrouve ces idées dans le système Alfonic d'André MARTINET.

 

(10) Brevet N° 12575 du 19 juillet 1841 (addition du 3-5-1843) accordé à Louis Jérôme Napoléon MOURET.

 

(11) Brevet n° 2229 de 15 ans demandé le 6-10-1845, accordé le 4-11-1845 à GALLI, professeur de langues vivantes, élisant domicile chez Massimino à Paris, rue Laffitte N0 7.

 

(12) Brevet d'invention n° 9194 demandé le 29-11-1849 accordé le 1-2-1850 à TOLOSA, chimiste à Paris, rue de l’Université, N° 30.

 

(13) Brevet d'invention de 15 ans N° 38256 demandé le 6-10-1858, accordé le 6-11-1858 à DOUVILLE (Sigisbert-Asa), percepteur des contributions directes élisant domicile chez Maduvel, à Paris, rue du Petit Lion, 15.

 

(14) VOLTAIRE dans l'article Orthographe de son Dictionnaire Philosophique (cité par A. FIRMIN-DIDOT, op. cit., p. 81) écrit à propos du W :

"Presque tous les imprimeurs ignorants impriment Wisigoths, Westphalie, Wittemberg, Wétéravie, etc. Ils ne savent pas que le double V allemand qu'on écrit ainsi W est notre V consonne et qu'en Allemagne on prononce Vétéravie, Vortemberg, Vestphalie, Visigoths". En 1857, Napoléon LANDAIS écrit à son sujet dans son Dictionnaire général et grammatical des dictionnaires français :

"La plupart des lexicographes ne la nomenclaturent même pas ; cependant on s'en sert sans difficulté pour les noms étrangers qui nous viennent du Nord ; on peut dire que cette lettre n'appartient point à l’alpha­bet français ; car quoiqu'elle se prononce tantôt comme ve, tantôt comme ou, elle n'est nullement dans le génie de notre langue".

En 1865, BESCHERELLE qui est d'avis que "tous les philologues doivent travailler à faire disparaître le W" à cause de ses équivoques, remarque que "cette lettre appartient à l’alphabet des peuples du Nord ... C'est, suivant Diderot, la nécessité de conformer notre écriture à celle des étrangers qui en a donné l’usage. Cependant nous ne l’avons jamais considérée comme une lettre de l’alphabet, puisque nous comptons toujours vingt-cinq lettres comme avant qu'elle y figurât." Cela n'empêche pas l’auteur de placer ces lignes en tête des mots en W de son Dictionnaire National. L'Académie l’accepte dans son 7e dictionnaire en 1878. La distinction de i et de j, de u et de v introduite dans son In linguam qallicam isaqoqe de 1531 par Jacques SYLVIUS (Dubois), reprise par les imprimeurs hollandais, est employée dans la grande édition de ses Oeuvres (1664) par P. CORNEILLE, qui voulait en faciliter la lecture aux étrangers.

(15) Le premier alphabet phonétique français serait celui de RAMBAUD (Honorat)., La déclaration des abus que l'on commet en escrivant, et le moyen de les éviter et représenter nayvement les paroles ce que jamais homme n'a fait. - Lyon, Jean de Tournes, 1578. - in – 8°.

A. Firmin-Didot cite encore les alphabets de Gilles VAUDELIN (1713), celui d'Urbain DOMERGUE (1806), celui de C. F. VOLNEY (1821), celui de Ch. L. B. D. M-G. (1829), celui de S. FAURE (1831), la diagraphie de MARLE (1839), l'alphabet d'Adrien FELINE (1851) et celui d'Edouard RAOUX (1865).

(16) Brevet N° 55117 accordé le 4 octobre 1865 au comte Pierre Henri Stanislas D'ESCAYRAC DE LAUTURE.

(17) GAGNE (Paulin). - L'Oracle panglotte universel ... - Paris : chez tous les libraires, 1866. - 8 p., in  4°. - (B.N.F, cote  X 33495).

On lira  du même auteur :

La Gagne-monopanqlotte ou Langue unique et universelle. – Paris, I. Rousset, 1843. - 16 p. in 8°. - (B.N.F, cote  X 33496).

L'Archi-Monarchéide. - Paris : chez tous les libraires et chez l’auteur, 1876. - 108 p. - (BNF ,cote. Y F 9416).

 

(18) Brevet N0 3956 demandé le 2 juin 1828, accordé le 16 mai 1829 au sieur Ambroise DE SAINT-DENIS, homme de lettres demeurant rue du Loup, N° 32, à Bordeaux, département de la Gironde.

(19) Brevet N° 249 demandé le 18 octobre 1844, accordé le 25-11-1845 à Charles Théodore DE KERSTEN.

 

(20) FAURE (S.), Essai sur la composition d'un nouvel alphabet pour servir à représenter les sons de la voix humaine avec plus de fidélité que par tous les alphabets connus. – Paris, Firmin Didot, 1831. - in - 8. - cité d'après A. FIRMIN-DIDOT, op. cit., p. 178-179.

 

(21) A. FIRMIN-DIDOT, op. cit. p. 212.

 

(22) BRUNOT (Ferdinand). - La réforme de l’orthographe. Lettre ouverte à M. le Ministre de l’Instruction Publique. - Paris : Armand Colin, 1905. - 72 p. ; 22, 5 cm. - aux pp. 39-41.

 

(23) PASSY (Paul). - Les sons du français. - 12e édition, Paris : Didier, 1932. - 164 p., 18 cm. - aux pp. 124-125.

 

(24) BLANCHE-BENVENISTE (Claire) et CHERVEL (André). - L'orthographe. -Paris : François Maspéro, 1969. - 236 p., 21,5 cm. - particulièrement au chapitre : "Vers une nouvelle écriture".

(25) op. cit., p. 220.

(26) op. cit., p. 221.

(27) op. cit., p. 221.

(28) op. cit., p. 209.

(29) op. cit., p. 209.

 

(30) A. DE SAINT-DENIS, p. 16-17 des Explications jointes au brevet décrit à la note (18).

 

(31) DOMERGUE distingue dans son alphabet un é aigu bref (thé, café) d'un é aigu long (lésion, fée), un eu bref (comme dans feu, peuplier) d'un eu long (comme dans creuse, beurre), un que (comme dans camisole, colère) d'un q adouci (comme dans coeur, requête). MARLE donne une voyelle longue pour chaque voyelle brève. Les deux auteurs ne connaissent qu'un timbre pour eu qui s'oppose au e muet.

 

(32) BEAUZEE, articles « Orthographe » et « Néographisme » de l’Encyclopédie, dans A. FIRMIN-DIDOT, op. cit., p. 158.

 

(32 bis) GREVISSE (Maurice). - Le bon usage, grammaire française avec des remarques sur la langue française d'aujourd'hui. - Gembloux : J. Duculot, 1969 (9e éd.), 1228 p., aux pp. 1153-1158.

 

(33) A. FIRMIN-DIDOT. - op. cit., p. 2. Au XVIIe siècle, les Précieuses avaient proposé de réformer l’orthographe afin que les femmes, privées d'instruction et de latin, "peussent écrire aussi asseurement et aussi correctement que les hommes". Leurs propositions fort sensées, recueillies par SOMAIZE, sont re­produites dans A. FIRMIN-DIDOT, op. cit., pp 124-127. A la fin du XVIIIe siècle, il restait assez d'inégalité entre les deux sexes du point de vue de l’orthographe pour qu'on pût lire dans La Canta­trice grammairienne ou l'art d'apprendre l’orthographe française seul, sans le secours d'un maître, par le moyen des Chansons érotiques. pas­torales, villageoises, anacréontiques etc, Ouvrage'destiné aux dames et dédié à Mme la Comtesse de Beauharnais. - Genève : J.S. Grabit, 1788, p. IX : "Orthographiez, orthographiez, disons-nous sans cesse aux femmes, si vous voulez que nous vous lisions avec tout l’intérêt que la fraîcheur et le brillant de votre coloris nous inspirent".

 

(34) MARLE (C.). - Appel aux Français. - Paris : Corréard jeune éditeur, 1829. - p. 7.

 

(35) FELINE (A.). - Mémoire sur la réforme de l’alphabet à l’exemple de celle des poids et mesures, Paris : Firmin-Didot, 1848. - in-8°. –

 

(36) Calcul d'A. FELINE cité par E. RAOUX, dans A. FIRMIN-DIDOT, op. cit. p. 201.

(37) Paris, à la librairie de la Suisse romande, 1865. - gr. in- 16. -

(38) Cité dans A. FIRMIN-DIDOT, op. cit., p. 86.

 

(39) BRUNOT (F.). - La réforme de l’orthographe. - Paris : Colin, 1905. -pp. 7-8.

(40) Max MULLER, cité par F. BRUNOT, op. cit., p. 72, à propos de l’anglais dont l’orthographe a les mêmes défauts.

 

(41) Lettre publiée par La Quotidienne le 13-10-1828, reproduite dans MARLE, op. cit. p. 51.

(42) MARLE, op. cit. p. 49.

 

(43) Cité par CATACH (Nina) "Un point d'histoire de la langue, la bataille de l’orthographe aux alentours de 1900" in Le Français moderne, oct. 1967, p. 300.

(44) P. BURNEY, in BLANCHE-BENVENISTE et CHERVEL, op. cit., p. 208.

(45) ibidem, p. 208, 215, 221.

 

(46) La question de l’orthographe. - Paris : Centre d'Etudes et de Recherches Marxistes, 1964. - p. 14.

(47) ibid. p. 25 bis.

(48) ibid. p. 24.

 

(49) BRUNOT (F.), op. cit. p. 37.

 

(50) MARLE, op. cit., p. 8 et 9.

 

(51) A. FIRMIN-DIDOT, op. cit., p. 3.

 

(52) op. cit. Dijon : imprimerie Eugène Jobard, février 1893. - 50 p., 21 cm. - à la p. 5.

 

(53) A. FIRMIN-DIDOT, op. cit., pp. 52-53.

 

(54) ibidem, p. 200.

 

(55) BRUNOT (F.), op. cit., p. 49.

 

(56) cité par A. FIRMIN-DIDOT, op. cit. p. 84.

 

(57) BRUNOT (F.), op. cit., p. 3

 

(58) Rapport général sur les modalités d'une simplification éventuelle de l’orthographe française. - Paris : Didier, 1965. - p. 1.

(59) ibidem, p. 1.

 

(60) BEAUZEE, art. "Orthographe" dans l’ Encyclopédie, p. 669.

 

(61) BRUNOT (F.), op. cit., p. 3.

 

(62) A. FIRMIN-DIDOT, op. cit., pp. 3 et 55.

 

(63) ibidem, p. 166.

 

(64) GIRAULT-DUVIVIER. - Grammaire des grammaires. - 22e édition, Paris ; Cotelle, 1886. - p. 939.

 

(65) A. FIRMIN-DIDOT, op. cit. p. 186.

 

 (66) Préface du Dictionnaire de l’Académie Française (1694) par REGNIER DES MARAIS.

 

(67) BRUNOT (F.), op. cit., p. 44.

 

(68) DOMERGUE en 1803, cité par A. FIRMIN-DIDOT, op. cit., p. 84.

 

(69) BONCOURT (H.), op. cit., p. 21.

 

(70) BRUNOT (F.), op. cit., p. 19.

 

(71) Casimir HENRICY, cité par A. FIRMIN-DIDOT, op. cit., p. 196.

 

(72) BRUNOT (F.), op. cit., p. 38.

(73) Rapport général ..., op. cit., pp. 11-12.

 

(74) BRUNOT (F.), op. cit., p. 29.

 

(75) BERTHELOT (Marcelin) in Revue des Deux Mondes, 15-2-1907, cité par N. CATACH, F.M., oct. 1965.

 

(76) AULARD in Le Siècle du 11-1-1907, ibidem.

 

(77) PROTAT, cité par N. CATACH, "La bataille de l’orthographe aux alentours de 1900", in Français Moderne, oct. 1965, p. 298.

(78) BRUNOT (F.) op. cit. p. 11. La dernière phrase est une citation de FAGUET cité par BRUNOT à l’appui de sa thèse.

 

(79) LAFITTE-HOUSSAT. - La réforme de l’orthographe est-elle possible, est-elle souhaitable ? - Paris : Temps futur, 1950, p. 86.

 

(80) cité par N. CATACH in Français Moderne, avril 1965

 

(80 bis) BONCOURT (H.) - Projet de simplification de l'orthographe. - Dijon, 1893. Avant-propos.

 

 (81) REGNIER DES MARAIS cité par A. FIRMIN-DIDOT, op. cit. p. 141.

 

(82) PY POULAIN DE LAUNAY. - Méthode pour apprendre à lire le François et le Latin. - Paris : Moette, 1741. - p. 164.

(83) MARLE, Appel aux Français, Paris : Corréard 1829. - p. 18.

(84) ALAIN cité par VIAL (Jean). - Pédagogie de l’orthographe française.- Paris, P.U.F. 1970, coll. L'éducateur. - p. 26.

 

(85) THIMONNIER (R.). - Code orthographique et grammatical. - Paris : Hatier, 1970. - 319 p. à la p. 8.

 

(86) GUION (Jean). - "A propos de la crise de l’orthographe". - in Langue Française, N° 20, décembre 1973, pp. 111-118.

 

(87) BEAULIEUX (Charles). - Histoire de la formation de l’orthographe française (Thèse de Lettres). - Paris : Champion, 1927.

(88) BEAULIEUX (Charles). - Projet de simplification de l’orthographe actuelle et de la langue par le retour au "bel françois" du XIIe siècle.- Paris : Didier, 1952, p. 14.

(89) BEAULIEUX (Charles). - Histoire .... p. 45.

 

(90) CATACH (N.). - "Notions actuelles d'histoire de l’orthographe" in Langue Française, N° 20, décembre 1973, p. 16.

(91) BEAUZEE, art. "Orthographe" dans l’Encyclopédie, p. 669.

 

 

Par Aristarque - Publié dans : linguistique - Communauté : académie internet
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Samedi 23 mai 2009 6 23 /05 /Mai /2009 20:54

La planche-contact et sa préhistoire

 

Par Michel Wiedemann

Maître de conférence à l'université de Bordeaux III

 

 

Article paru dans Les Cahiers de la Photographie, N° 10, 2ème trimestre 1983, aux pages 77-82. Cette revue trimestrielle, dirigée alors par Gilles Mora, ayant cessé de paraître, il nous a paru utile de rendre à nouveau accessible cet article sur une pratique que l'évolution ultérieure de la photographie a bouleversée.

 

 

Il y a dans la planche-contact telle que nous la connaissons aujourd'hui un ensemble de traits d'âge différent :

- C'est un tirage par contact.

- C'est la réunion sur une même feuille des épreuves de tout un film de petit format.

- Ce n'est pas un tirage livré au regard de l'utilisateur, mais une phase intermédiaire entre le développement et l'agrandissement, un outil de travail du photographe permettant une sélection des vues plus aisée que sur le négatif.

 

Le tirage par contact remonte aux origines de la photographie, avant même la publication du secret de Daguerre le 19 août 1839. Ne parlons pas des images obtenues par Friedrich Gerber auparavant, dont rien n'a survécu que leur description dans le Schweizerischer Beobachter du 2 février 1839. Le Rév. J.B. Reade avait obtenu également des images de la chambre noire et des copies par contact direct de dentelles et d'échantillons botaniques qu'il montra à la Royal Society en avril 1839. Hippolyte Bayard avait fait de même de son côté dès le 5 février 1839, avant de travailler à l'obtention d'images positives directes, qu'il atteint vers le 20 mars[i].  Mais l'exploitation la plus systématique du tirage par contact est due à W. H. F. Talbot, qui part d'une image négative sur papier pour obtenir un tirage positif. Ce procédé connu depuis sa communication à la Royal Society sous le nom de « photogenic drawing », amélioré par la suite, est breveté sous le nom de calotype le 8 février 1841, puis rebaptisé talbotype  à partir de 1846. On trouve en français la description de ce procédé avec celle du châssis-presse, dans un opuscule de 1840[ii]. Mais il ne s'y trouve aucun terme qui désigne l'ensemble de ce processus longuement décrit. Le mot tirage est employé depuis 1680 au moins dans le domaine de l'impression typographique et de la gravure[iii]. Son emploi en photographie ne date pas de 1923 comme l'indique la même source. On trouve « tirer une épreuve » dès 1858 dans un petit lexique photographique et le substantif tirage apparaît comme titre d'un chapitre du Manuel Roret consacré à la photographie en 1862[iv]. La locution « tirage par contact » attestée en 1949 [v]est citée en 1973 dans le Petit Robert, mais seul le Grand Robert mentionne l'emploi spécial du mot contact avec le sens de « tirage par contact », voir infra. On connaît dans les laboratoires un appareil en forme de caisse, contenant des lampes électriques, ayant sur sa face supérieure un verre dépoli et un couvercle articulé : on le désigne du nom de tireuse-contact en 1965 [vi]et cet effacement de la préposition est l'indice d'une certaine fréquence en discours.

La planche-contact réunissant sur une même feuille les tirages par contact de tout un film est le résultat de plusieurs inventions. Au lieu de plaques de verre collodionné, Eastman employa en 1888 le roll-film de gélatino-bromure sur fond de papier. La gélatine en était transférée sur verre lors du développement puis copiée par contact. Le Rév. Hannibal Goodwin inventa, lui, le film sur celluloïd transparent en 1887. Eastman, qui appliqua l'idée à ses appareils, fut condamné après un long procès, à verser des dommages et intérêts aux héritiers de l'inventeur. Puis Thomas A. Edison mit au point les perforations du film en 1893. Enfin le petit format, celui que permettait le film cinématographique de 35 mm, fut employé en photographie dès 1912 par George P. Smith de Missouri, par Levy-Roth  de Berlin en 1914 et la même année par Oscar Barnack pour le prototype du Leica[vii] .Les éléments de la planche-contact étaient donc réunis en 1914 , mais elle n'est entrée dans les usages que bien après, et les histoires de la photographie ne signalent pas son apparition. A notre connaissance, la première description de la chose apparaît en 1949 : « Les épreuves-témoin » : 

« Afin de pouvoir retrouver un négatif parmi beaucoup d'autres en très peu de temps, il est recommandé de faire tirer des bandes positives par contact de chacun des films... Les épreuves seront par la suite collées sur des cartons ou dans un album, chaque feuille portant le numéro de référence du film. ... L'agrandissement, exceptionnel jadis, est devenu le procédé normal de tirage pour les négatifs de petit format ; en effet on ne tire guère une bande de contacts directs  que comme « témoin » des vues enregistrées[viii]. »

On remarque dans ce texte de 1949 l'emploi de contact pour « épreuve obtenue par contact » . Mais il ne s'agit pas encore de planches : ces « bandes-témoin » étaient tirées sur un rouleau de papier perforé comme le film de 35 mm et découpées ensuite par files de six vues comme le négatif. Bandes(s)-témoin(s) est attesté depuis 1954 [ix].

La planche-contact apparaît, à notre connaissance, vers 1970 , avec l'instrument appelé tireuse de films en bande par l'importateur de la marque anglaise Paterson[x]. La figure illustrant son annonce montre plus clairement que la dénomination choisie, que les bandes de six vues 24 x 36 mm sont juxtaposées et tirées  sur la même feuille de papier de 24 cm de côté. Le nom de la chose apparaît dans un texte qui en indique aussi l'usage : « on fera donc faire par un laboratoire de traitement une planche de contacts. De cette façon, on pourra écarter les plus mauvaises images et au contraire  mieux choisir celles qui feront l'objet d'agrandissement [xi]».

La même année, on relève déjà l'abrègement du mot par ellipse de la préposition de :

« Lorsque l'on regarde ses planches contacts, on s'aperçoit que toutes ses vues sont, ou peu s'en faut, aussi bonnes les unes que les autres[xii] ».

Le pluriel contacts montre que le mot est senti comme résultant de l'effacement de la préposition de devant le mot contact au sens de « tirages par contact ». C'est sur le  même modèle que sont formés en français coin (pour la) cuisine , grève (par ) surprise, assurance (contre la) maladie. Après viendra planche - contact, qui suppose une autre motivation : planche obtenue par contact. Mais ce mot n'est pas encore dans les dictionnaires. Dans l'International Glossary of Photographic Terms  publié par Kodak en 1973, l'anglais contact-print est traduit par  Kontaktbild, épreuve par contact, stampa a contatto. Dans un autre ouvrage traduit de l'anglais qui explique l'usage de la planche de contact préalable à l'agrandissement, on lit : « la feuille de tirage par contact : un rouleau entier en une seule fois[xiii]. Le mot planche-contact n'aurait pas plus de 12 ans d'âge [en 1983].

Si l'on ne retenait pas pour définir la planche-contact sa fonction d'outil de sélection, on pourrait lui trouver un ancêtre dans la photographie multiple pratiquée au XIXe siècle. Les frères Mayer réunissaient sur la même plaque daguerrienne ou sur le même papier préparé plusieurs images grâce au châssis multiplicateur  breveté sous le n° 10416 le 27-10-1850. La planche de cartes de visite de Disderi (brevet n° 21502 du 27-11-1854) était probablement obtenue de la sorte avant d'être produite directement par les appareils à 4 objectifs des frères Gaudin ou de Pierson (1860), qui donnaient des planches de huit images. La finalité de ce procédé est clairement indiquée par Disderi :

« Mon procédé consiste d'abord à préparer un cliché qui ensuite permet d'opérer à la fois sur un nombre d'épreuves assez grand  pour que les frais se trouvent très minimisés, étant répartis sur chaque épreuve[xiv]. »

La planche de cartes de visite juxtaposait des poses identiques ou non[xv] que seul le photographe voyait réunies. Le client les recevait collées sur des cartons séparés. Par sa finalité économique, par son aspect, par son statut de phase intermédiaire et enfin par le déroulement chronologique qu'elle représente, la planche de cartes de visite est bien l'ancêtre de la planche de contact. 

 

Michel Wiedemann

Université de Bordeaux III.

 

 



[i]  GERNSHEIM (Helmut and Alison ), A Concise History of Photography , London, Thames and Hudson , 1971, p. 26.

[ii] Aux pages 50 &  51 du Guide de l'amateur de photographie ou exposé de la marche à suivre dans l'emploi du daguerréotype et des papiers photographiques, par J. F. Soleil. Paris, 1840, chez l'auteur, 79 p., 14,5 cm.

[iii] Grand Larousse de la Langue Française, s.v. tirage.

[iv] Respectivement dans LATREILLE (E. de ), Almanach-Manuel  du photographe pour 1858, Paris, Mallet-Bachelier, 78 p. dans le lexique des pages 32-33 & dans VALICOURT (E. de ), Manuels-Roret, Nouveau Manuel complet de photographie sur métal, sur papier et sur verre, Paris, Roret , 1862, t. 2, ch. 5, p. 201.

[v] In Le Photo-Almanach Prisma, Paris, les éditions Prisma, 1949, p. 329 : « Les papiers Ridax pour tirage par contact. »

[vi]  CUISINIER (A. H.), Leçons de photographie théoriques et pratiques, Paris, Publications Photo-cinéma Paul Montel, 6ème éd., 1965, p. 216 : « tireuse-contact à rhéostat (Gilles-Faller) ».

[vii] D'après GERNSHEIM, op. cit., p. 50.

[viii] In La Photographie Petit Format, 3ème édition revue et corrigée, Paris, 1949, Kodak-Pathé, S.A.F. , 192 p. aux pp. 157-158.

[ix] Annonce Volomat in Photo-Cinéma Magazine n° 630 , avril 1954 : « Color contact tireuse 24 x 36 - 24 x 24 -18 x 24 ...on peut tirer des bandes-témoin sur papier perforé de 35 mm bromure ou gaslight ». Dans le n° de mars, on lit « des bandes témoins » .

[x]  Annonce Paterson-Scop, in Photo n° 37, octobre  1970, p. 16.

[xi] Marie Dubois « Nos enfants sont-ils doués pour la photo ? » in Photo n° 31, avril 1970, p. 54.

[xii] Raymond Depardon, in Zoom n° 5, novembre-décembre 1970, p. 108.

[xiii] In Le développement et l'épreuve, 1972, Editions Time-Life Intenational  (Nederland ) B.V. p. 94.

[xiv]  Extrait du brevet cité plus haut.

[xv]  On peut en voir dans NEWHALL (Beaumont), The History of Photography, London, Secker and Warburg, 1964, p. 53.

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Mercredi 20 mai 2009 3 20 /05 /Mai /2009 21:56

ESTAMPE D'AQUITAINE

 

 

Catalogue de l'exposition 

 

GRAVEURS AQUITAINS

à l'occasion de l'Assemblée générale du 31 janvier 2008 .


Cette exposition est disponible pour être présentée dans des lieux voués à la culture, musées, médiathèques, galeries etc. Contactez le président de l'EDA à l'adresse estampeaquitaine@aol.com 

 

1.      Pierre LACOUR (1778-1859)
Museum d'histoire naturelle, des arts et d'instruction publique  de Bordeaux, 1807,  eau-forte.

 

 

 



LACOUR Pierre

peintre, graveur, archéologue, philologue, littérateur, né à Bx le 16 mars ou le 16 avril 1778, mort à Bx le 17 avril 1859, fils du peintre Pierre Lacour ou Delacour.


Fondateur du Musée, secrét. gén.  et présid. de l'Acad. de Bx où il avait été élu en 1811 ; prof. et dir. de l'école de dessin et de peinture de cette ville ; corresp. de l'Institut, (acad. des Beaux -arts)  en 1814.  Pierre Lacour a beaucoup gravé ; son talent, un peu froid, ne manque ni de grâce, ni de charme. On connaît de lui : Mon portefeuille, recueil in-folio de 150 dessins lith, tiré à 50 ex. en 1826; Album autographique, recueil de 55 dessins, tiré à 20 ex. seulement, 1830 ; en 1836, Etudes sur les vieux maîtres, 20 pl. et bon nombre de dessins, portraits, paysages, qu'il serait trop long de mentionner. Cet artiste lettré a encore publié : Antiquités Bordelaises, 1806 , in-fol. avec pl. (Lacour père a collaboré à cet ouvrage)  ; Mém. sur des Mercures antiques, Bx, Brossier, 1807, in-8° avec pl. ; De la sculpture chez les Anciens; Bx, Lawalle, 1816, br., in-8°; Essai sur les hiéroglyphes égyptiens, Bx , Brossier, 1821, in-8° de 296 p., avec pl. Son système sur l'analogie des hiéroglyphes et des caractères hébraïques n'a pas eu l'approbation des érudits (V. l'article d'Abel de Rémusat  sur le Journal des Savants, avril 1821). L'Essai n'est cependant pas un ouvrage ordinaire, surtout pour l'époque où il a paru. Æloïm ou les dieux de Moïse, 1830, 2 vol. in-8°, 26 pl. Æloïm figure sur la liste des ouvrages condamnés par la Congrégation de l'index ; Influence morale sociale et progressive du monothéisme, 1849. Origine chez un peuple noir et africain de la langue hébraïque et du monothéisme hébreu, 1850. Ce travail suscita des réponses de MM. Charles Des Moulins  et Cirot de la Ville extrêmement curieuses. Examen des assertions publiées dans le recueil des Actes de l'Acad de Bx. contre un mémoire intitulé : Origine, etc...; Aperçus extrait d'un travail relatif à l'influence morale  et sociale de l'esprit du polythéisme, comparée à celle de l'esprit du monothéisme, Bx, Balarac, 1857, in-8° de 182 pp. Ces quatre dernières publications appartiennent à un grand ouvrage resté inédit et qui devait porter le titre de : Apophis vaincu par les Dieux, et former deux volumes semblables aux Æloïm; quoique basés sur un point de vue reconnu faux, tous ces ouvrages n'en sont pas moins extrêmement remarquables ; Catalogue des tableaux, statues etc du Musée de Bx, par P. Lacour et J. Delpit, Bx , 1855 , in-18. Lacour a encore collaboré par la plume et  le crayon au  Bulletin polymathique de Bx, à la Ruche d'Aquitaine, et a été le principal rédacteur du Musée d'Aquitaine en 1823-24, et de La Gironde 1833-34. La France littéraire attribue à Lacour  l'ouvrage suivant : Les monuments de sculpture anciens et modernes, Paris, Bance, 1812, in-f° avec 72 gr.  au trait. Le Catalogue des livres et estampes composant la bibliothèque et le cabinet de feu M. Lacour, Paris, Techener, 1860, in-8° mentionne, sous les N° 167 et 215, les ouvrages suivants : 2.524.000 beaux paysages ; specimen d'un système  par lequel on peut composer un nombre infini de paysages aussi facilement qu'on dessine les mots d'une langue. Par P. Lacour, Bx, 1850, 2 vol. petit in-f°, et Croquis faits en traversant le Simplon le 5 et le 6 oct. 1824, par P. Lacour, Bx in-f°, 18 vues. Les tableaux, dessins, gravures, livres et objets d'art délaissés par Lacour furent vendus à Bx du 12 au 23 mai 1859. Cette vente a dispersé un grand nombre de portefeuilles contenant des croquis dessinés au crayon et à la plume ; vues d'Italie, paysages, études d'après l'antique, etc de Lacour et de son père, dont plusieurs sont fort beaux et qui n'ont jamais été gravés. Les collections Jules Delpit et Bordes de Fortage en contiennent un certain nombre. Le catalogue imprimé par Balarac, in-8° de 16 p. renferme quelques indications utiles sur les tableaux, dessins, gravures etc de cette famille d'artistes. P. Lacour avait épousé en 1813 Mlle Lysidice Combes, fille du célèbre architecte  girondin. Dans son éloge de Pierre Lacour, Bx,  1862, in-8° de 39 pp., M. Jules Delpit  promettait au public une vie de l'artiste bordelais. On doit regretter que l'érudit écrivain n'ait pas encore tenu cette promesse.

( in Féret, Statistique de la Gironde, 1889)


 

2. Léo DROUYN (1816-1896) Les grandes landes ,eau-forte.

 

 

 

 

 

 

  1. Léo DROUYN (1816-1896) Cathédrale de Bordeaux, e-f.

 

 

 


DROUYN ( François Joseph Léo) 1816-1896

Archéologue, aquafortiste, né à Izon le 12 juil. 1816.  Fit ses études classiques à Nancy et ses études artistiques à Paris dans les ateliers de Quinsac-Monvoisin, Paul Delaroche, Coignet et du graveur Marvy ; prof. de dessin au collège des R. P. jésuites de La Sauve de 1851 à 1853; conservateur du musée des antiques de Bx de 1852 à 1856 ; prof. de dessin au lycée de Bx de 1858 à 1866 ; membre de l'Académie de Bx depuis 1850, en a été le président en 1872; membre de la Société des antiquaires de France depuis le 23 déc. 1859; membre de l'Institut des provinces depuis le 23 juil. 1858 et de plusieurs autres sociétés savantes ; membre de la commission des Mon. Hist. de la Gir. depuis le 14 nov. 1862; corresp. du ministère de l'Instr. publique depuis le 12 oct. 1868 ; inspecteur des archives communales de la Gir. de 1865 à 1871, memb. de la commission topographique des Gaules depuis 1866 ; chevalier des palmes académiques le 23 avril 1881, le 19 avril 1884 ; Légion d'Honneur le 9 août 1870.

A figuré aux salons bordelais depuis leur création, presque tous les ans par des eaux-fortes, des fusains, des dessins à laplume et des tableaux à l'huile ; a figuré au salon de Paris en 1865, 1867, 1887, a obtenu en 1867 méd. pour la gravure à l'eau-forte, a figuré dans plusieurs expositions de province, où il a été plusieurs fois médaillé ; a publié un grand nombre d'ouvrages parmi lesquels nous citerons: Choix des types les plus remarquables de l'architecture au Moyen Age dans le département de la Gironde, album de 50 eaux-fortes, in-folio Bx (texte par Léonce de Lamothe) .- Album de la Grande Sauve, 16 eaux-fortes, in-folio avec texte, Bx 1851.- Croix de procession, de cimetières et de carrefours, 10 gravures à l'eau-forte, avec texte in-folio, Bx, 1858, publié dans les Actes de l'Académie de Bx. - Guide du voyageur à St Emilion, Bx, 1859, in -12, avec dessins à la plume.- Album de 15 gravures à l'eau-forte ( paysages) publié par l'Alliance des Arts. - La Guyenne militaire, histoire et description des villes fortifiées, forteresses et châteaux du département de la Gironde construits pendant la domination anglaise, 2 vol. ornés de 150 pl.  gravées à l'eau-forte, in-4°, Bx, 1859-1865, épuisé, très rare; Essai historique sur l'Entre deux  Mers, publié dans les Actes de l'Académie de Bx, 1870. - Promenades archéologiques dans l'Entre-deux-Mers, (Bulletin de la Société Archéologique de Bx, 1874. );  Tizac de Galgon, étude historique, Bx, 1875, in-8°; Izon, monographie, histoire et archéologie, Bx, 1876, in-8°;  Les variétés girondines ou essai historique et archéologique sur la partie du diocèse de Bazas renfermée entre la Garonne et la Dordogne, Bx, Féret & fils, 1878-1887, 3 vol. gr. in-8°, ornés de gravures dans le texte et d'eaux-fortes hors texte. - Bordeaux en 1450, publication des Archives municipales, Bx, Gounouilhou, 1874- in-4° avec plan et dessins, - Comptes de l'Archevêché de Bx au XIV e siècle, Bx, Gounouilhou, 1881-1882, 2 vol. in-4°.

M. Léo Drouyn a publié en outre une foule d'études archéologiques insérées dans diverses revues ou bulletins, entr'autres dans  la Revue Catholique de Bx, et a exécuté pour ces divers travaux environ 1550 gravures. A exposé depuis quelques années aux salons de la Soc. des Amis des Arts des dessins à la plume très remarqués.

(Féret, ibidem)

 

5. Jean-Baptiste Joseph Jules,
baron de VERNEILH-PUYRASEAU (1823-1899)
Ancienne église saint Rémy, e-f.

 

 



Né à Nontron (Dordogne), le 6 février 1823, mort dans son château de Puyraseau (commune de Piégut-Pluviers, Dordogne) le 28 mai 1899. Artiste et archéologue, issu d'une glorieuse lignée d'écrivains, il fut membre de l'Institut des Provinces, inspecteur divisionnaire de la Société française d'Archéologie, président de la Société historique et archéologique du Périgord., membre de la Société des Archives historiques de la Gironde et de la Société des Amis des Arts de Bx, correspondant du Ministère de l'instruction publique, membre de l'Académie de Bx,  où il fut élu le 13 mai 1875. On lui doit des études archéologiques sur les maisons de la Renaissance de Périgueux et sur  certains monuments du Midi de la France, qui ont paru dans les volumes du Congrès de la Société française d'Archéologie et dans le Bulletin Monumental. Aquafortiste remarquable, comme son contemporain et ami Léo Drouyn, il nous a laissé l'Album du vieux Périgueux, et il a magnifiquement illustré le célèbre ouvrage de son frère Félix de Verneilh sur l'Architecture byzantine en France. Il a publié dans les Actes de l'Académie de Bx, Anciens voyageurs à Bx (1875), De la décadence de la grande peinture à Bx et des moyens d'y remédier, (1879); Les peintures décoratives pour le grand escalier de la Bourse (1892) . Un buste a été élevé à sa mémoire à Périgueux.

( in Jean et Bernard Guérin,Des hommes et des activités, autour d'un demi-siècle. Editions B.E.B., 1957)

 

 

 

 

6. Maxime LALANNE (1827 - 1886) Incendie dans le port de Bordeaux 1869, e-f.

 

 

 

 

 

7. Maxime LALANNE ( 1827-1886) A Bordeaux, e-f.

 

 

 

 


LALANNE Maxime  François Antoine

Dessinateur, aqua-fortiste et peintre, né à Bx le 27 nov. 1827, mort à Nogent sur Marne  le 30 juillet 1886.  Fils du précédent (Antoine Lalanne , greffier de la cour d'appel de Bx  et poète du billard). Ses débuts dans la carrière artistique eurent lieu à Bx où il obtint une médaille de bronze à l'exposition de la Société philomathique en 1850. Fut médaillé la même année à celle de Metz. Vint à Paris en 1852, où il fut élève de Jean Gigoux et où il a exposé à tous les salons depuis 1852 ; méd. de 3e classe au salon de gravure, 1866 et 1874 ; méd. au salon de peinture, 1873 ; méd. de 2 e classe à l'expo. de Porto, 1866 ;  deux diplômes d'honneur à Amiens, 1866 ; diplôme d'honneur à Nevers, 1872 ; prix du ministre à Laval, 1876 ; méd. à l'expo de Vienne, 1873 (deux sections : peinture et gravure ) ; méd. d'or décernée par l'Acad. de Bx pour son ouvrage La Hollande à vol d'oiseau, 1881 ; chev. de l'ordre du Christ, 1864; chev. de St Grégoire le Grand, 1866 ; légion d'honneur,1875 ; palmes académiques le 31 déc. 1878 ; mem. correspondant de l'Acad . de Bx en 1867 ; memb. du jury à l'expo. internationale du Hâvre, 1868; memb. du jury au salon de Paris (peinture ), 1869, 1870, 1872, 1875, 1880 à 82 ; membre de la commission des quatre-vingt-dix au salon de Paris, 1881, 1882, 1883, 1884 ; membre du jury à l'expo. d'Amsterdam, 1883; membre correspondant de l'Acad. des sciences, belles lettres et arts de Rouen, 1883.  

Parmi ses nombreux travaux, nous citerons : Chez Victor Hugo, par un passant, texte par Lecanu, 12 eaux-fortes in-8°, Cadart éditeur à Paris, 1864 ; Le billard, traité en vers par Antoine Lalanne, 2 eaux-fortes, in-8° Paris, Aubry, 1866 ; douze croquis à l'eau-forte, d'après nature, 1869 ; douze planches sur le siège de Paris, 1870-71, d'après des dessins faits sur nature aux 5e, 6e, et  7e secteurs, Paris, 1870-71; collection de 75 fusains reproduits par la pantotypie, Paris, Berville et Bernard, 1875; Traité de la gravure à l'eau-forte, texte et 8 pl. in-8°, Cadart, 1866; Le fusain, in-8°, Paris, Berville, 1869 ; La Hollande à vol d'oiseau, texte par H. Havard, avec cent soixante-douze reproductions de dessins d'ap. nature, gr. in-8° ; Paris, Quantin et Decaux, 1881; La Flandre à vol d'oiseau, par le même, soixante reproductions de dessins, gr. in-8°, Paris, Decaux, 1883 ; Rouen pittoresque, Rouen, Augé, 1886, gr. in-8° ; grand nombre de pl. parues dans diverses publications : La Gazette des Beaux arts  depuis 1863, L'Art, et l'Illustration Nouvelle, depuis 1868; le Porte-folio ; les catalogues illustrés des grandes ventes; etc; nombreux dessins au fusain, au crayon et à la plume dans l'Illustration, le Monde illustré, le Paris-Guide.

A eu de nombreux élèves  à Paris et à Bx, artistes ou amateurs distingués. A organisé des expositions  particulières de ses œuvres à Paris en 1874, à Bx en 1874, avec un catalogue de 660 numéros, à Marseille en 1875, à Trouville en 1876.

Les musées de Bx , d'Orléans, Troyes, Evreux, Rouen, Lille, Besançon etc, possèdent des dessins ou des gravures de M. Lalanne. Il a laissé un grand nombre de dessins et eaux-fortes et quelques peintures à l'huile vendues aux enchères à Paris ou à Bx en 1887. Maxime Lalanne est à coup sûr au milieu de la pléiade d'artistes peintres ou dessinateurs que Bx a vu naître, un des plus grands, un des plus sympathiques, un de ceux dont notre cité doit le plus s'honorer.

V. l'excellente étude de M. Marionneau sur Maxime Lalanne parue dans la Gironde littéraire du 29 août 1886, publiée à part in-8°, Bx , 1886, et dans Artistes contemporains du Pays de Guyenne, etc, Bx, Gounouilhou, 1889, gr. in-8°.

(Féret, ibidem)

 

8. Pierre TEYSSONNIERES (1834- ...) Allée de Trubesset à Fargues, e-f.

 

 

 

 



TEYSSONNIÈRES
  (Pierre)

peintre et graveur, né à Albi (Tarn) le 6 juin 1834. Elève de son père et de MM. Maxime Lalanne et Léo Drouyn pendant le long séjour qu'il fit à Bordeaux ; a exposé au salon de Bx depuis 1866  et à celui de Paris depuis 1868, y a obtenu une 3e médaille, en 1878 ; a été aussi médaillé aux expositions internationales de Londres, Amsterdam, et Barcelone, 1ere médaille. Officier d'Académie le 13 juillet 1888 et décoré de plusieurs ordres étrangers. Ses œuvres sont très recherchées en Amérique surtout. Parmi ses très nombreuses productions, citons les œuvres ci-après qui ont figuré au salon de Paris: Le pont de Bx, eau-forte, 1868, Les bords de la Garonne à Lormont, Les oubliés de la Bastille, Forêt de l'île de Cuba, eaux-fortes, 1869; La rue Quintin à Bordeaux en 1865 peinture, 1869 ; Le donjon de Libourne (Gir.) et Les buveurs, peintures, 1870, N-D d'Arcachon, Dans les Landes (Gir.), peintures, 1870; La digue de la Garonne à Saint-Macaire et La plage d'Andernos, peintures, 1872. Vainqueur ou vaincu , eau-forte, 1873; La mort du duc d'Enghien, Le pape Formose et Saint Ambroise instruisant Honorius enfant d'après J. P. Laurens, 1874 ; Le chemin de Robin à St Macaire, peinture, et Le ravin de la Castillane, fusain, 1875; Le quai de la monnaie à Bx, aquarelle; Les environs de St Pierre de Langon, peinture, 1876; Don Juan, Les Fourberies de Scapin et autres planches, d'après E. Bayard, pour le Molière de M. H. Bordes, 1877. Eliezer et Rebecca, d'après Tiepolo, mention hon. 1877 ; Chasse au faucon, d'après Fromentin, gravure reçue à l'exposition universelle de 1878 ; Le château Brown-Cantenac, eau-forte, 1879; La Magdelaine et décor de marionnettes, d'après de Beaulieu, 1880; La buttte des Clines, (Eure), peinture, 1881 ; La brèche de Sahorre, peinture appartenant à M. de Lalande, 1882; Portrait de Pierre Corneille , d'après le portrait original de Lebrun, gravure, 1882, Travail et débauche, Fileuse et Tricoteuse, fac-similés de dessins d'après Millet; L'alcool d'après de Beaulieu ; Un apprenti, d'après  S. Durand, eaux-fortes,1833 (sic); Le cap de Grouin,  peinture, Samson terrassant les Philistins, d'après Decamp ; Paysages d'après Rousseau, Corot, etc. eaux-fortes, 1884; Portrait de Molière d'après une peinture du temps; dessins de Leloir pour Jacques le fataliste, eaux-fortes, 1885 ; Deux filles de la mer, d'après Delobbe; Portrait de l'abbé Michon et de Varinard, eaux-fortes, 1886; Rivière de Cady, fusain, et Marie Stuart, eau-forte, 1887; Rentrée à la ferme, d'après Vernier, et Le Duel, d'après de Beaulieu, eaux-fortes, 1888; Retour de pêche d'après Feyen-Perrin,1889. L'exposition universelle de 1889 contient de cet artiste : Travail et débauche, d'après Millet, L'alcool d'après de Beaulieu. On lui doit le joli portrait  d'après Lagrange-Chancel, placé en tête de ses Poésies inédites, publiées en 1878 par M. J. Delpit.

(Féret, ibidem ).

P.Teyssonnières a habité 3 rue Duffour-Dubergier à Bordeaux et 92 cours des fossés à Bordeaux, comme en font foi des cartes de visite gravées à l'eau-forte, de la collection J. C .

1. Une embarcation à voile et un débardère sur un fleuve bordé d'arbres, e-f , 57 x 83 mm aux limites du sujet sans t.c., avec adresse P. Teyssonnières Cours des fossés 92 Bordeaux

2. Un voilier à sec sur un banc de sable, devant un horizon marin et quatre barques, même adresse, e-f, 47 x 95 mm au t.c.

3. Un voilier amarré à un débarcadère terminé par une grue, devant un fleuve avec deux bouées et deux peupliers à droite. E-f, 58 x 111 mm au t.c. avec l'adresse P. Teyssonnières 3 rue Duffour-Dubergier Bordeaux.

4. Un chemin de halage au bord d'un vignoble, avec un voilier, un bouquet d'arbres et une maison à droite. Même adresse que le précédent. E-f  59 x106 mm.

Il a publié chez Cadart.

 

 

10. Raymond GAUTIER-CONSTANT  (1907-1978)  [Paysage de montagne ], burin.

 

 

 



GAUTIER-CONSTANT ( Raymond )

Né à Bordeaux le 15 mai 1907. Illustrateur, graveur, élève de J. B. Vettiner et J. Hubert-Gautier. Professeur à l'école des Beaux-Arts de Bordeaux, depuis 1943. Exposant à plusieurs salons. A participé à Paris notamment à l'exposition Retour de captivité  au Musée Galliéra, après la guerre de 1939, où il fut lui-même fait prisonnier.  Plus récemment  a fait une exposition personnelle d'ensemble sur invitation du Musée du livre à Bruxelles en 1954.

Son œuvre comprend des ouvrages divers et des illustrations (en taille-douce et en épargne) de livres parmi lesquels nous citerons notamment : Du néant à la vie, Le pèlerin dans la cité de J. M. Eylaud ; les Maximes de La Rochefoucauld (chez l'artiste) ; Images de Montesquieu (chez l'artiste ) ainsi que des ouvrages de grand luxe pour présentation de vins chez des restaurateurs parisiens réputés. En 1947, l'académie Montesquieu lui  a décerné son grand prix pour l'ensemble de son œuvre artistique en faveur du grand écrivain. 

(Jean et Bernard Guérin, Des hommes et des activités, autour d'un demi-siècle. Editions B.E.B., 1957)

 

 

 CAMI ( Robert )

CAMI Robert (1900-1970) a fait l'objet d'une rétrospective à la Bibliothèque Municiaple de Bx en  décembre 1978 à l'initiative de René Buthaud. Né à Bordeaux dans une famille modeste qui le place comme apprenti boucher , il suit les cours du soir de l'Ecole des Beaux Arts avec l'appui de son patron, mais il n'y a pas de cours de gravure alors à Bx. Il reçoit une bourse pour s'inscrire à l'école des Beaux Arts de Paris, reçoit le prix de Rome de gravure en 1928 avec une Phryné à l'e-f. Il revient en 1932 dans sa ville natale où il ouvre un atelier de gravure à l'école des Beaux Arts. En 1942, il part à Paris avec sa femme. Il est nommé chef de l'atelier de gravure aux B.A. en 1945. Il passe à l'art abstrait en fin de carrière, après avoir exercé un rayonnement extraordinaire sur ses élèves. Buriniste, il pratique aussi l'e-f et la pointe-sèche, il a gravé au burin des centaines de timbres pour la France et les colonies.

M.W.

 

11. Robert CAMI (1900-1970) Les deux nus , pointe-sèche.

 

 

 

 


12. Robert CAMI (1900-1970) Nu aux bras levés , pointe sèche.

 

 







13. Paulette EXPERT (1912-2001)  Tête de jeune alsacienne vue de dos, burin.

 

 

 

 

 

EXPERT Paulette

Peintre et graveuse bordelaise, née le 13 février 1912 à Saint Médard de Guizières (33), décédée le 13 décembre 2001 à  Bordeaux .

Fille aînée d'un notaire, elle se passionne dès l'enfance pour le dessin. Elève de Roganeau et de Robert Cami à l'Ecole des Beaux Arts de Bordeaux, admise en 1935 à celle de Paris avec une bourse de la ville de Bordeaux, elle se présente au concours pour le prix de Rome de gravure en 1937 et en 1938. Le sujet imposé était : "Judith montrant au peuple la tête d'Holopherne". Elle est éliminée pour avoir juste inversé sa composition. Elle expose  en 1939  sa" Fontaine de l'Ecole des Beaux Arts", tout en donnant des cours  et en préparant le concours de professeur de dessin. Nommée à Péronne en 1942, mutée au lycée d'Aurillac en 1945, elle enseigne au lycée d'Angoulème en 1955-56. Elle est nommée le 20-12-1956 à l'Ecole des Beaux Arts de Bordeaux comme professeur de dessin et  de gravure, alternant avec M. Gautier-Constant. Elle en part à la retraite en 1976. Elle a beaucoup voyagé durant ses vacances : Nord de la France, Auvergne, Sud-Ouest, Alpes, Roussillon, Maroc, Algérie, Grèce, Italie, Espagne, Scandinavie. Elle a dessiné au crayon, à l'encre, au pastel, remplissant plusieurs centaines de carnets de croquis. En gravure, elle a pratiqué le burin et l'eau-forte au trait, en de rares occasions l'aquatinte et la gravure sur bois.  Elle laisse environ 150 cuivres gravés.

Paulette Expert avait de l'art une conception contemplative, n'y voyant qu'un reflet de la création divine. Elle a gravé des paysages et des monuments des pays qu'elle a connus ou traversés. Mais  toujours suivant les occasions et son inspiration, sans avoir comme Léo Drouyn, un projet encyclopédique, un plan de campagne systématique. Entretemps, l'inventaire monumental était passé à la photographie.

Elle dessinait les paysages, rivières, et animaux domestiques aperçus lors de ses voyages, elle excellait dans le portrait d'enfants, elle a fait des dessins de sa famille, de ses amis et de nus. Elle dessinait des arbres et des fleurs dans les jardins, des natures mortes chez elle, des bateaux dans les ports, dans les chantiers navals, lors des régates, des passages de voiliers. Elle était attentive au mouvement des vagues, aux remous des fleuves et au jet des fontaines.

Il y a plusieurs styles de Paulette Expert. Au burin, elle avait le trait ferme et net, elle ombrait par des tailles parallèles légères. Elle retouchait au crayon ses tirages jusqu'à ce qu'elle fût satisfaite de l'effet. L'ensemble demeurait clair en général. Elle a prolongé jusqu'à sa mort le style néo-classique de burin  hérité de Cami, dans l'eau-forte et la pointe-sèche, elle a un trait plus libre, fait de griffonnis et de repentirs, qui lui est tout personnel.

 

M. W.

 


14. Paul  LEUQUET ( 1932-...)
Figure de proue, burin.

 

 

 

 

 



Incarné  le 29 novembre 1932 à Bordeaux, Paul Leuquet est un homme singulier : fils d'artistes, il n'est jamais allé à l'école pour raison de santé et a reçu son savoir de précepteurs. Plus tard, il s'est inscrit aux Beaux Arts de Bordeaux où il a été l'élève mal-aimé de Raymond Gauthier-Constant, dont il s'est rapidement séparé, de Robert Charazac, de François  Roganeau. Il a rimé, peint, dessiné, déclamé, joué la comédie. Il est devenu un Diogène moderne, mais artiste et écologiste: sa maison est envahie par les arbres, les herbes, les mousses et les chats. Il a illustré Divers jeux rustiques  de Du Bellay, édité par Vialetay en 1962, il a publié en 1964 quatorze burins Images de Bordeaux, puis en 1969 Images de la Nature, préfacé par René Huygues, livre constitué de 18 burins de grand format et d'autant de poèmes sur les animaux. Il a publié en 1995 Monsieur Dubois ou les mémoires de mon Ombre aux éditions Opale, sorte de roman picaresque et philosophique. Il a joué dans la troupe théatrale de Lucette Mouline, enseigné la gravure aux étudiants de l'université de Bordeaux III. Il est membre de l'Académie Montesquieu, et médaille d'or de l'Académie Nationale des Arts, Lettres et Sciences de Bordeaux.

Inclassable, étranger à son temps et à la société, Paul Leuquet a commencé comme artiste figuratif, il se fait ensuite medium des forces obscures et pratique une sorte de dessin automatique au stylo à bille. Il peint à l'aquarelle et à l'huile, travaillant dans des formats de plus en plus grands. Il sculpte aussi depuis quelques années des animaux sur des plaques de métal monumentales. Il s'intéresse à toutes les formes de la vie animale et portraifie volontiers le visage humain. Son œuvre gravé comporte environ 400 burins et 50 eaux-fortes.

Il grave au burin d'un trait très fin, sans contretailles, comme il dessine. Il couvre son cuivre de croquis inégalement poussés, renforçant les détails du monument, qu'il traite de plus loin et d'une main bien plus légère. On croirait voir dessiné sur le cuivre un album de ces voyageurs artistes  d'autrefois. Paul Leuquet n'a pas devant le monument la pensée de l'analyser en historien des écoles et des styles artistiques, il rêve, il rend visibles les morts revenant aux lieux qu'ils ont hantés. C'est un homme qui se promène dans sa culture et qui montre des lieux de mémoire chers à l'histoire locale ou nationale. Il déploie autour du monument ses corollaires.

La gravure de Paul Leuquet, son trait simple et pur, voire académique à ses débuts, se sont modifiés: "Je vais de la forme à l'informe, - apparent informe - contrairement à la conception habituelle de l'art". C'est que l'art est pour lui ésotérique et que l'artiste apporte des nouvelles de l'inconnu, de l'ailleurs, de l'Autre...

 

M.W.

 

 

Michel  DESPORTES 

( Fromental (Quercy) 20 août 1942- Brive-la-Gaillarde 1994 )

Etudes à l'école des Beaux-Arts de Bordeaux, où il est l'élève de Paulette Expert, puis de1966-67 à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, atelier Chapelain-Midy.

Diplôme National des Beaux Arts  en peinture, et en gravure obtenu à l'école des Beaux-Arts de Bordeaux, professeur de dessin à l'école d'architecture de Bordeaux de 1972 à 1994.

Graveur au burin et à l'eau-forte, lithographe. L'artiste tirait lui-même ses gravures sur une presse de taille douce TD.  Michel Desportes se disait, se voulait un graveur méridional  : il a représenté maints sites aquitains. Il a été intéressé par les déformations de la perspective, par la représentation dynamique de l'architecture, par le mouvement de la foule, le fouillis végétal des ronces. Il a publié une série de gravures sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle.

M.W.

 


15. Michel DESPORTES (1942-1994) Terrasses à Terrasson, e-f.

 

 

 

 

 




16. Michel DESPORTES ( 1942-1994) Le port d'Andernos , e-f.

 

 


 



17. Gérard TRIGNAC (1955-...) Le héros, e-f.

 

 

 

 

18. Gérard TRIGNAC (1955- ...) L'étranger, e-f.

 

 

 

 


Gérard Trignac

Né le 19 juin 1955 à Bordeaux. Formé comme technicien collaborateur d'architecte à l'Ecole d'architecture de Bordeaux  de 1975 à 1978, il passe brièvement à l'université et quitte cette voie pour se lancer dans une carrière artistique. Après une exposition à la galerie Condillac (1980), un 1 er prix de dessin de la ville de Bordeaux (1981), une bourse de gravure attribuée par l'académie des Beaux-Arts (1981), un séjour à la Casa Velasquez de Madrid (1982), sa carrière est lancée. Expositions personnelles et de groupe en France et à l'étranger, illustration de livres de bibliophilie : Tristan et Yseut , édité  par le Club du livre (1985), Ode à  Paris de Philippe Soupault, édité par la galerie Bernier (1986), L'Immortel de J. L. Borges, pour les Bibliophiles de l'Automobile-Club de France, Les Villes invisibles d'Italo Calvino, pour les Amis du livre contemporain. Son œuvre de 1979 à 1990 fait l'objet d'une monographie par Gilbert Lascault aux éditions Natiris (1990) et d'un catalogue par Robert Coustet, accompagnant sa rétrospective à la Bibliothèque Municipale de Bordeaux, Les Portes du Silence,  chez William Blake & Co (2004).

Au point de vue de ses thèmes, G. Trignac est , comme le dit R. Coustet, un rêveur d'architecture qui ne pratique aucun autre genre. Il ne fait pas de reconstitution de la Rome antique, ni d'inventaire du patrimoine bâti, il ne fait pas de plans pour la cité future: il dessine ses rêves. Il ne s'écarte de ses constructions imaginaires que dans la mesure où les textes qu'il illustre le réclament. De son propre fonds il tire un monde étrange de pierre ou de béton, où les échelles des objets se contredisent, où les vues en plongée ou en contre-plongée donnent le vertige.  On songe à Piranese pour les architectures et à Bresdin pour le fouillis végétal et les nuages, à des BD contemporaines pour le récit sous-jacent :  ces  villes semblent avoir été désertées par leurs habitants à la suite d'on ne sait quel cataclysme. Mais il n'y a pas chez Trignac de nostalgie de l'Antiquité, ni de méditation morale sur la décadence des civilisations : ses vues empilent  les époques en désordre, les appareils de pierre cyclopéens, les donjons médiévaux, les frontons antiques, les usines de brique du XIXe siècle, les formes colossales de Ledoux et les tuyauteries des pipe-lines. Dans ces ruines modernes et paradoxalement intactes, la racine ronge les monuments abandonnés, la végétation prolifère autour des eaux  croupies. Ou bien le ciel est couvert de nuages gris, ou bien on ne le voit même pas de ciel ni de soleil. Trignac aime les éclairages latéraux provenant d'une source cachée, les ombres nettes projetées par des arches de pierre sur un mur ou une voûte, les lumières qui se dégradent en ténèbres, qu'on sait silencieuses. Dans le traitement des sujets, il se sert parfois de la photo comme document préparatoire. Il compose son dessin à la plume, et le pousse jusqu'à obtenir une œuvre parfaitement finie, susceptible d'être exposée, puis il le grave patiemment et fait mordre la planche au perchlorure. On est loin des traits libres et bouillonnants, des repentirs de Piranese ou des broussailles inextricables de Bresdin. Il  a le trait rectiligne, régulier, un dessin pur, sans à peu près. Telles sont les figures singulièrement nettes d'un triomphe de la mort dont Trignac nous donne la version moderne.

 

M.W.

 

 

Par Aristarque - Publié dans : Histoire de l'art - Communauté : académie internet
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